Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Lundi 23 mai 2011 à 0:41

 Je dessine. J'essaie de dessiner. Je voudrais être capable de coucher mes émotions sur le papier au crayon 8B (le plus tendre). Je dessine pour mon jeu de rôle, Cabaret. Je n'ai pas le niveau pour faire de vraies illustrations mais je m'entraîne. Je suis l'auteur, je devrais être bien placée pour faire passer une ambiance.

Je voudrais dessiner par impressions. Ma tête est pleine de danseuses en détresse, elles crèvent d'envie de s'enfuir, elles sont abasourdies par le poids qu'on met sur leurs épaules. Une phrase de Mano Solo qui tourne : "au prochain coup j'suis pas sûr de t'nir debout, j'suis pas sûr d'être encore assez vivant". Et des tailles si fines, enserrées, étouffées par des corsets.

J'adore les corsets. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Quand on est féministe, et pas féminine pour deux sous dans sa tête, à quoi ça rime de mettre des talons et des corsets ? C'est pas comme si j'étais à une contradiction près, de toutes façons. Pour moi, les corsets c'est comme des tatouages ou des piercings. De la modification corporelle. Faire ressembler son corps à son esprit (est-ce que mon esprit est étriqué, du coup ?).

Et je dessine ces corps torturés. J'ai commencé à m'intéresser de près au cabaret à cause du néo-burlesque, et aussi pour essayer d'accepter mon propre corps (plus Betty Boop que Betty Davis). Ce qui est drôle, puisqu'aujourd'hui en écrivant Cabaret nous avons imaginé des corps plus que jamais soumis aux diktats de la perfection, des Barbies refaites de partout. 


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Nous parlons donc du corps, de son enfermement. Pas uniquement du corps des femmes, puisque les hommes sont également soumis à ces diktats dans l'univers que nous créons (qui n'est, j'aime à le penser, qu'une projection de celui dans lequel nous vivons). Et peut-être, en fait, pas uniquement du corps. Dans Cabaret, les artistes sont finalement aussi formatés à l'intérieur qu'à l'extérieur, puisqu'ils ne connaissent aucune autre vie que la leur.

J'aime conceptualiser, comme ça, sans m'en rendre compte, au détour d'un dessin. D'une photo d'illustration que j'imaginais, avec un corset si serré qu'il traduirait l'enfermement. Nous gravitons autour de thèmes et les médailles ont toujours deux faces... 

Cabaret sera présenté à Onyria les 11 et 12 juin (partie de démo le samedi soir, stand d'expo le reste du temps). En parlant de réflexion, il faudrait que l'on rédige la lettre d'intention. En attendant, pour en savoir plus sur le jeu vous pouvez lire notre interview sur le blog de Jorune. (Ceci était un paragraphe promotionnel mais le jeu est très bien, je vous jure !).
Par Lilly Darma le Mercredi 15 juin 2011 à 0:51
Hello ! J'savais pas que t'avais un blog... C'est plutôt chouette ce que tu écris...

Féministe à corset, ça me semble pas si contradictoire. Le féminisme c'est aussi s'approprier son propre corps, l'utiliser ou le transformer à sa guise. Et de la même manière jouer avec les différentes accessoires de la féminité ou de la masculinité. J'ai l'impression qu'on peut porter des talons aiguilles ou du rouge à lèvres au premier ou au second degré, comme déguisée en fille quoi...

Pour les corsets je sais pas, jamais essayé. Mais bon, j'trouve déjà que les soutifs c'est trop contraignant...
 

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