Une histoire tordue mais classique pour Nothomb : un homme va détourner un avion, et pour en arriver là il raconte sa rencontre avec un écrivain autiste et une jeune fille sacrifiant sa propre vie (et notamment l'histoire d'amour que le héros aurait voulu vivre avec elle) pour s'en occuper. Je me demande dans quelle mesure l'auteur s'est identifiée à l'écrivain "neuneu" ; la première scène où l'on découvre les deux femmes m'a fait penser au duo qu'elle-même formait avec sa soeur et décrivait dans Biographie de la faim.
Les constantes : le Nothomb se lit vite (est-ce en lien avec sa vitesse d'écriture ?), il est divertissant, bourré de prénoms improbables, de personnages étranges et de mots qui auraient nécessité un dictionnaire si je ne les avais déjà lus dans ses romans précédents. Pourtant, il semble que le Nothomb ne soit plus ce qu'il était... Le journal d'Hirondelle, Ni d'Eve ni d'Adam avaient été agréables mais pas extraordinaires ; la recette s'épuiserait-elle avec le temps ?
On m'avait prévenu qu'Amélie Nothomb, quoiqu'elle en ait le goût et l'odeur, n'était "plus un écrivain". Quoique cette phrase me reste énigmatique, je la comprends un peu mieux. Il est fréquent qu'un auteur écrive "toujours le même livre" ; il est dommage que dans son cas, cela apporte plus d'impression de déjà vu que d'amélioration. Le Voyage d'hiver n'est pas mauvais : il sonne creux. Par rapport à ses premiers livres, c'est vraiment dommage.

