Le titre anglais est clair : "A Widow's story", une histoire de veuve. Une autobiographie, donc. Comment Joyce Carol Smith (sa "vraie identité", son nom d'épouse) a survécu à la mort de son mari Ray Smith.
Le récit, évidemment, est déchirant. Oates a ce talent pour faire ressentir les sentiments et émotions les plus sombres, par un style dépouillé et original (qui m'avait déjà touché dans Blonde, une de ses oeuvres les plus célèbres).
Que dire ? Bouleversant, assez déprimant (mais magnifique) au début, il s'éclaire au fur et à mesure de souvenirs assez anciens, qui nous plongent dans la vie de J.C Oates / Smith.
Pas de suspens, la mort est au début, on arrivera donc sans surprise à cette conclusion en demi-teintes : "j'ai réussi à rester en vie". L'intérêt c'est le cheminement, si tortueux, si douloureux. Illuminé de petites pépites de vie et d'humour noir.
A titre personnel, je me suis un peu reconnue, tant le deuil ressemble parfois à la dépression. Je me demande ce qui nous attire, dans ce type de livres si tristes. Sans doute une sorte de transcendance de notre propre expérience.
J'ai donc adoré ce livre, et je l'ai dévoré (mais c'est le cas avec tous ceux de Oates, son style est si fluide), mais il ne dépasse pas Blonde dans mon coeur. Il mérite tout de même un A.

