Nous sommes arrivés vers 21h30, au milieu du concert d'un groupe de reggae dont je n'ai pas vu le nom et qui m'a fait penser à Sinsemilia. C'était sympathique musicalement, l'ambiance était sympa et les textes (quoiqu'un peu trop mâchouillés) gentiment engagés (devant la mairie UMP, toujours, ça m'a fait rire - mais même si ça pue la démagogie on ne peut pas leur reprocher cette preuve "d'ouverture"...). Non, la seule chose qui m'a dérangé - et c'est le cas de tous les groupes de ce genre - c'est le côté "petit rasta" (de la chanson de Monsieur Roux, je vous la met à la fin de ma playlist si vous ne la connaissez pas).
Dans lequel il passe l’essentiel de ses journées
A écouter du reggae et à fumer, et à disserter sur la société
Je crois qu'ils s'en rendent comptent. Ce n'est pas de leur faute. C'est un peu inhérent au fait de chanter pour l'écologie, la solidarité et la légalisation du cannabis. Je disais ça à Ecureuil hier et il me disait "oui, c'est sûr, on ne peut pas changer le monde". Ce genre de constat (qui n'est pas de lui, d'habitude) me dégoûte tout autant. C'est en disant "on ne peut rien y faire" qu'effectivement on n'y fait rien. C'est trop facile. Même voter, c'est faire quelque chose. Je connais quelques personnes qui se moquent de la politique à partir de ce constat et ça m'énerve. Si à 18 ans on est désabusé à ce point, je nourris de grands espoirs pour la démocratie.
Enfin, laissons-là ces considérations philosophico-politiques sans fin (je critique, je critique, mais je n'ai pas encore créé l'ONG qui sauvera le monde) et parlons du deuxième groupe que nous avons vu. Là j'ai retenu le nom, il était écrit sur la batterie : c'était The Starliners. Musicalement sympathique, disons que ça vaut tous les groupes de la même veine. C'est d'ailleurs bien le problème : leur musique ressemble à tout ce qui se fait actuellement. Nos baby-rockers en tous genres pondent tous les mêmes accords, ont tous la même voix et évidemment la même dégaine. Copiée sur les groupes cultes, beaucoup et mal copiée. Calculée. Plastifiée. Ils voudraient tous faire du punk mais ils en ont oublié l'esprit.
Pour terminer sur les critiques (la soirée était néanmoins bonne, malgré tout ce que j'y ai trouvé à redire), il y a le principe même de la "culture jeune". Le présentateur était assez grotesque, avec un langage "jeune" exagéré, et quand l'adjointe au maire est montée sur la scène le saluer elle avait tellement envie d'avoir l'air proche des jeunes qu'elle était à la limite de dire "yo". A chaque fois qu'on veut s'adresser aux jeunes, on pense rap et langage sms. Sous couvert d'ouverture, il y a toujours du mépris. Une "culture jeune", déjà, c'est louche : ce serait une culture si peu valable qu'on l'abandonnerait en mûrissant. Une sous-culture, quoi. Et pitié, pitié... j'ai 17 ans et je ne parle pas sms. Je n'écoute pas de rap. Et par respect pour ceux qui en écoutent, ne considérons pas que c'est parce à cause de l'écervellement de leur âge.


En ce qui concerne la "culture jeune", j'ai aussi l'impression que beaucoup d'adultes la voie comme enfermée dans un moule alors qu'au contraire elle est libre et ouverte ! Cette tendance à caricaturer disparaît heureusement... et puis (je baratine un peu ) il ne faut pas oublier que dans la littérature jeunesse, les meilleurs livres sont ceux qui n'ennuient personne, même les adultes! alors, nous prendrait-on pour des idiots sous prétexte d'être plus ancien ? ^^