Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Jeudi 29 octobre 2009 à 23:29

Féminisme. Le mot qui fait peur, parce que certains le prennent pour un synonyme de "lesbienne haÏssant les hommes" (allez, un petit cliché pour la route !). Il me fait un peu peur aussi, parce qu'il y a tant à en dire et qu'on en a déjà tant dit.

Je viens de découvrir Les Entrailles de Mademoiselle, site éminemment intéressent. Mais les féministes radicales m'intriguent parfois : je me considère comme féministe (et je ne me cache pas derrière l'étiquette "d'anti-sexiste", car ce serait ingrat envers tous les combats féministes) mais j'envisage de me marier un jour, par exemple, alors que certaines demoiselles féministes semblent considérer le mariage comme la pire institution patriarcale qui soit. Mais pourquoi serait-ce forcément le cas ? Je suis peut-être trop naïve, car j'ai un entourage masculin parfait, mais pourquoi un mariage avec un homme qui - Ecureuil était particulièrement queer sur ce point, quoiqu'il ne l'ait jamais su - considère vraiment sa compagne comme son égale - et qui par conséquent en fait autant qu'elle dans la maison, pour donner un exemple trivial - serait-il oppressant ?

Après, j'avoue être assez peu claire avec moi-même - j'aimerais pourtant l'être - sur certaines questions féministes, partagée entre la théorie et la pratique. Ainsi, j'aimerais pouvoir m'indigner sur toutes les normes qui façonnent mentalement le corps des femmes, sur leur obligation d'être belle et mince (vous savez, ces deux mots inséparables), sans cette arrière-pensée qui m'accuse de mauvaise foi, puisque je suis moi-même touchée par ces normes - je vous rassure, je n'en suis pas encore à me coiffer ni à mettre du fond de teint...


http://lady.dylan.cowblog.fr/images/SimonedeBeauvoir.jpg

Non, à la base si je voulais parler de féminisme c'est à cause d'un délicieux article (c'est bien ami lecteur, tu as compris qu'il fallait cliquer sur les mots en gras) du Monde diplomatique (non, ça ne marche pas tout le temps) à propos d'un dossier sur Simone de Beauvoir paru dans Le Nouvel Observateur qui appuyait avec insistance sur son charme, ses relations amoureuse, son talent d'épistolière (avec ses amants successifs), pour mieux effacer ses idées. Excusez-moi, mais d'habitude on retient les oeuvres des écrivains, moins leur vie personnelle. Mais le "people" est partout... Je ne peux toutefois pas m'empêcher de penser que le fait que ce soit une femme y soit pour quelque chose. Il y a quelques années, il était présenté sur un site un débat filmé et certains ne trouvaient rien de mieux à dire en commentaire que "la présentatrice est charmante". Ce qu'on ne dirait pas pour un homme - et non, le progrès ne consistera pas à étendre la pression de l'apparence physique sur les hommes, mais à en libérer les femmes.

Enfin, vous aurez compris qu'à mon sens le féminisme est loin d'être un "combat dépassé", et il devrait réapparaître prochainement dans ces pages... Sujet à suivre, à bientôt amis lecteurs ! (Oui, je me prends pour un journal des années 50.)
Par Beth le Vendredi 30 octobre 2009 à 10:37
On verra bien :)
Je l'ai invité, y'a plus qu'à espérer qu'il voit mon message avant samedi soir..
Par Z_ le Vendredi 30 octobre 2009 à 10:47
Je ne suis pas sûr de bien comprendre l'essence du féminisme, ca consiste à refuser les normes imposées aux femmes par la société ?

Enfin toi, j'ai l'impression que tu parles uniquement de "diktat" physique, et de mariage.

Parce que si ce n'est que ça c'est un peu utopique, genre faudrait vivre tout seul pour détruire toutes les pressions, être une bête ou un dieu...
Ou comme dirait Nietzsche, les deux à la fois, philosophe :D
Et puis ca vaut pour tout le monde pas uniquement les femmes.

Bon, p'tre que j'ai rien compris, et que je me suis un peu embrouillé aussi.
Par Beth le Vendredi 30 octobre 2009 à 12:24
Ce que je retiens c'est le ras-le-bol d'être prises pour des gourdes. C'est par ce que nous avons un vagin que nous sommes moins compétentes que monsieur " j'ai les boules qui se baladent". J'aime ma vulgarité parfois.

Je n'ai jamais compris le principe de femmes inférieures, vaisselle, gosses c'est tout.
C'est ça mon féminisme, passer outre ces jugements dépassés et incompréhensibles.

Après.. Faut pas finir aigrie non plus.
Par Lady.Dylan le Vendredi 30 octobre 2009 à 12:47
Beth a assez bien résumé.

A part ça, je pense que la plupart des féministes plus âgées que moi voient une aliénation dans le mariage car pendant très longtemps, c'était un genre de contrat sexe, vaisselle, ménage, descendance contre entretien matériel.

Mais pour moi, le féminisme moderne renvoie plus à la cause queer, à la destruction des normes effectivement, mais c'est un combat qui concerne aussi les hommes. Il s'agit de casser tous les préjugés "les hommes sont cela, les femmes sont ceci", parce que les hommes peuvent aussi avoir une grande sensibilité (ce n'est évidemment qu'un exemple) et les femmes être maladroites et pas douces du tout (ahem, c'est mon cas).

Après, il y a aussi le diktat physique, qui impose toujours aux femmes d'être agréables à regarder - aux hommes, moins, mais c'est en train de venir, ce qui n'est pas un progrès car cela revient à écraser tout le monde au nom de l'égalité. Mais moi je parlais de ces deux points car ce sont les deux qui me "posent problème" (plus au sens "problématique" de ma prof de philo) dans le féminisme traditionnel. Le queer, j'en reparlerai plus tard, mais c'est quelque chose qui coule de source pour moi.
Par Z_ le Samedi 31 octobre 2009 à 9:55
Han, ok je comprends.
Sincèrement, ça m'étais jamais venu à l'idée de sous estimer une fille, juste...ba...parce qu'elle en est une.

Évidemment, les gourdes et les abrutis ça existe quand même, et c'est peut être ceux la qu'on entend le plus d'ailleurs.

Jamais entendu parler du queer, je lirai ce que t'en diras avec intérêt !
Par Lady.Dylan le Samedi 31 octobre 2009 à 13:01
Comme toi, j'ai au début eu du mal à comprendre le féminisme parce que je vivais entourée de gens "évolués", intelligents, qui ne reléguaient pas les femmes au rang de potiche (quoique malheureusement parfois le discours soit très politiquement correct mais que la femme se tape quand même toutes les tâches ménagères...). Et puis j'ai pris conscience de toutes les pressions pour "être une fille" (mais ce n'est pas spécifiquement féminin, il y a aussi des pressions pour "être un homme, un vrai", quoique les femmes soient plus normées car elles sont "le particulier", "l'autre", comme le disait Simone de Beauvoir).
 

Un mot à me dire ?









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