Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mercredi 20 février 2013 à 1:31

Vous n'êtes pas sans savoir que ma liste à lire est longue comme un jour sans pain et que l'on me conseille en permanence de nouveaux livres. Pourtant lorsqu'on m'a conseillé Introduction aux études sur le genre, je me suis empressée de le commander... et j'ai eu raison. C'est un très bon moyen d'aborder ce domaine, clair et accessible sans être simpliste.

Pour ceux qui ne savent vraiment pas de quoi on parle : dès qu'on parle de genre on va parler de comment sont construits les sexes (homme/femme pas pénis/vagin hein) (enfin, pas principalement) et on postule (mais c'est un peu plus qu'une hypothèse en l'air) que c'est en grande partie du social. Les questions posées en quatrième de couverture sont très simples : "pourquoi offre-t-on des poupées aux filles et des voitures aux garçons ?" ; "pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?". Pour y répondre le manuel mobilise un peu toutes les disciplines, de la sociologie à l'histoire en passant par la science politique.

A propos de "genre" je vais vous donner la définition du livre puisqu'on rencontre souvent des problèmes terminologiques dans les discussions sur internet. On utilise souvent "genre" pour signifier une sorte de sexe social, mais selon le manuel ce sens est aujourd'hui dépassé, car ce que ce que l'on appelle "sexe" (et qu'on a tendance à opposer à "genre") serait déjà une construction sociale. Donc "sexe" suffirait (afin d'éviter les oppositions "sexe"/"genre" façon "nature"/"culture") et le "genre" serait plutôt le système qui construit deux sexes différents (et, par ailleurs, forcément inégaux). (Et évitez l'expression théorie du genre parce que ça.)


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Elise contente vient de recevoir son livre (en moins de 48h, chapeau la maison d'édition)

Ce manuel balaie plusieurs thématiques (toutes ? je n'ai pas l'expertise pour le dire) : après avoir présenté les concepts de sexe et de genre il parle de genre, sexualité et vie conjugale, puis de genre et socialisation (chez les enfants notamment), puis de genre et travail et de genre et politique avant de consacrer un chapitre aux intersections avec d'autres oppressions comme les rapports de classe et de race.

Au niveau de la forme évidemment tout est en parties et sous-parties comme la plupart des livres techniques, avec en plus des encadrés, des tableaux (le manuel est plutôt bien fourni en statistiques) et des définitions au fur et à mesure que les mots sont utilisés. Ouais, un manuel quoi. Mais si le mot "manuel" peut évoquer quelque chose d'ennuyeux, celui-ci est passionnant (bon, si on s'intéresse au sujet évidemment).

Ce livre est une merveilleuse réponse à beaucoup de questions, critiques etc. que l'on peut faire au mouvement féministe ou au concept de genre ; j'ai envie de le faire lire à tous les gens qui en parlent visiblement sans connaître. Il ne sera pas étonnant que j'essaie de le prêter à un peu tout mon entourage. Quant à moi... vous le devinez bien, avec la bibliographie de 20 pages j'ai toujours plus à faire !

Dimanche 3 février 2013 à 21:46

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Je ne sais pas si vous êtes aussi drogués que moi aux sujets de société et le cas échéant au débat sur le mariage pour tous, mais personnellement ma nouvelle émission préférée s'appelle "Direct Assemblée Nationale". Je ne suis pas forcément très objective sur le sujet mais je ne suis pas la seule à trouver que l'argumentaire des opposants est faible : ils passent la moitié de leur temps à parler de la PMA (qui sera dans un texte... on ne sait même plus quand, mais en tous cas pas dans celui-là) et de la GPA (qui n'est souhaitée par personne). 

Leur raisonnement est que le mariage et l'adoption vont entraîner la PMA et la GPA, comme le PACS a entraîné le mariage alors que la gauche prétendait qu'ils n'ouvriraient jamais le mariage aux couples homosexuels. C'est ce qu'exprime clairement Christine Boutin dans cette tribune, dont le titre peut certes prêter à rire (mais pas autant que le contenu donne envie de se taper la tête contre les murs).

Je vois ici une différence fondamentale : vouloir le mariage est une évolution normale du PACS pour un partisan de l'égalité. Peut-être même que beaucoup auraient souhaité ouvrir le mariage dès le départ, mais bien sûr c'était impossible car les conservateurs auraient poussé les hauts-cris. En somme il s'agissait juste de les ménager (comme il s'agit de les ménager en ne votant pas immédiatement la PMA) et ils se débrouillent pour nous le reprocher, tout en criant au passage en force ! (Il y aurait à dire aussi sur le "passage en force" à l'Assemblée...)

Mais pourquoi la GPA ne suivrait pas le même chemin ? Tout simplement parce que, chose qu'ont mal compris les députés de l'opposition, tout le monde est contre. Et pour cause : elle n'est pas une évolution normale de la PMA, elle induit une rupture, la question de la marchandisation du corps de la femme (c'est un peu le même débat que la prostitution et je n'ai pas plus d'avis définitif sur l'un que sur l'autre). On change d'enjeux. C'est un peu comme dire que si on autorise le don d'organe après la mort, on autorise le commerce d'organes.

Quant à l'argument "on sera obligé de faire passer la GPA si on autorise la PMA parce que les gays n'accepteront pas l'inégalité", je voudrais rappeler que la PMA est déjà autorisée pour les couples hétérosexuels. En autorisant la PMA pour les couples de femme on va réduire l'inégalité autant que possible en restant sur le même principe. Là le raisonnement est donc : "mieux vaut une grande inégalité qu'une petite inégalité, parce qu'avec une petite inégalité les gens seront encore plus jaloux".

(Et l'histoire du traitement médical je trouve ça bidon : si on considère que pour des hétérosexuels ne pas pouvoir faire d'enfants est terrible, on doit appliquer ce même raisonnement aux lesbiennes puisqu'on peut résoudre le problème aussi facilement et par le même moyen.)

Je ne veux pas dire que la GPA ne sera jamais autorisée, que la question ne reviendra pas sur le tapis, je veux seulement dire que ce n'est pas l'ouverture du mariage / de l'adoption / de la PMA pour les homosexuel-le-s qui en sera la cause. De toutes façons dans 50 ans on aura des utérus artificiels et il n'y aura plus de problème.

Mercredi 16 janvier 2013 à 0:09

Je m'intéresse à beaucoup de sujets hétéroclites pour des durées plus ou moins longues (ce blog ne s'appelle pas Journal d'une dilettante par hasard) mais s'il y en a bien un qui me passionne depuis des années (j'ai même déniché un master là-dessus, dans lequel je brûle d'être admise) c'est bien le genre. Kezako ? Comment, vous n'avez pas encore entendu parler de la fameuse théorie du genre (qui n'a rien d'une théorie) qui menace d'envahir nos frontières ?

En réalité (mais lisez l'article que je viens de vous mettre en lien) on devrait parler d'études de genre ; c'est le domaine qui interroge la construction de la masculinité, de la féminité, des rapports sociaux entre les genres... Comme cela m'intéresse, j'ai décidé de lire quelques livres sur le sujet. Après avoir essayé Trouble dans le genre de Judith Butler (trop compliqué, je ne l'ai pas terminé, mais j'y reviendrai quand j'aurai pris un peu d'XP) je me suis rabattue sur un autre livre qui semblait très intéressant : Queer Zones (tome 1 pour l'instant, il y en a trois) de Marie-Hélène Bourcier (j'avais déjà lu son petit bouquin Comprendre le féminisme).

Que signifie le mot "queer" ? J'ai envie de vous dire : on a pas le cul sorti des ronces*. Parce que même l'auteure qui est activiste queer (mais néanmoins sociologue) n'a pas l'air d'avoir une définition simple. En gros (très gros) (j'ai vraiment peur de faire des contresens, pardonnez-moi) c'est une théorie qui critique le lien entre sexe et genre, et c'est aussi un mot qui désigne toutes les personnes qui ne correspondent pas à la norme hétérosexuelle (tendance hétérosexiste, le système qui fait de l'hétérosexualité l'unique référence).


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Comme souvent, le découpage en chapitres est un indice assez exact de ce dont parle le livre (pardonnez d'avance les oublis et les approximations, pour une raison que je vous expliquerai en conclusion) :

"Post-porn" parle (entre autres) de la manière de détourner les codes hétérosexistes du porno (et évoque Baise-moi de Virginie Despentes, j'étais contente, d'ailleurs j'ai un peu compris l'intérêt du film).

"S & M" contient un article sur le SM lesbien (dans un cadre particulier, sur une île grecque) qui parle de la désexualisation des lesbiennes (ce qui se fait entre femmes est forcément sensuel et non sexuel, et surtout pas violent) et de leur resexualisation grâce au SM. Ensuite ça parle de l'interprétation de Michel Foucault à propos du SM, comment le SM dégénitalise le sexe (et, par là, rend caduque la distinction sacrée hommes / femmes) et des interprétations qui en ont été faites.

"Butch" parle des lesbiennes masculines de la culture populaire (les "lesbiennes de bar") qui ont été totalement occultées dans la plupart des histoires de l'homosexualité. Bien sûr comme on est dans Queer Zones, elle explique comment les butchs remettent en question le genre.

"Trans" parle des... trans (quelle surprise) mais aussi beaucoup des travesti-e-s, avec la question : quelle est la différence entre travesti-e et trans, est-ce que certain-e-s travesti-e-s ne sont pas tout simplement des trans ?

Les derniers, "Politiques Queer", "Queer savoir" et "Spéculum des autres trous" (plus "Dur(e) à queer" qui est un genre de conclusion) sont plus complexes à résumer. Ils parlent beaucoup de la manière dont sont étudiés les queers (réduits à l'état d'objets d'étude, dont le point de vue n'est pas valable), ils discutent l'idée de performance du genre, le constructivisme... c'est très intéressant, mais je n'ai pas

Je sais, en lisant les paragraphes précédents on peut se dire que je n'ai pas compris le bouquin. Ce qui est à peu près vrai. J'ai même hésité à faire un article dessus, mais je pense que ça pourra quand même m'aider pour plus tard. Cette lecture m'a aidé à comprendre, paradoxalement, d'autres choses que j'avais lues ailleurs, comme dans Trouble dans le genre, et même à éclairer de vagues souvenirs que j'avais de mon cours sur le sujet en première année de philo (un cours que je n'ai pas suivi jusqu'au bout parce que j'ai abandonné la fac) (je me flagelle souvent à cette pensée) (c'est pas moi, c'est la dépression).

Me restent donc à lire, pour mieux comprendre Queer Zones, certains des livres qui y sont évoqués. Foucault, notamment, semble être une figure centrale (les américains appellent ça la French Theory et le livre de Judith Butler en parlait déjà). Sinon il faut aussi que je lise Marx parce qu'on me l'a conseillé. Oh, et Le Prisme de la prostitution qui attend sur mon étagère. Et L'Histoire du féminisme de Nancy Fraser. Et les romans qui patientent depuis un moment. Je peux m'évanouir, maintenant ?


*L'autre jour quelqu'un a tweeté, à propos de l'émission On N'est Pas Couchés qui parlait du mariage pour tous, qu'elle devrait se rebaptiser On N'a Pas Le Cul Sorti Des Ronces. Depuis je cherche à replacer cette expression.

Dimanche 13 janvier 2013 à 13:29

Hier en me brossant les dents je réfléchissais aux propos d'une twitteuse qui se désolait de voir ses proches aller à la manifestation d'aujourd'hui. Le plus drôle était qu'apparemment ils ignoraient qu'ils se retrouveraient mélangés à Civitas, au FN, à l’œuvre française... Je me disais qu'elle aurait dû leur dire quels déchets humains ils allaient côtoyer. Soudain mon surmoi s'alerte : "mais enfin, les traiter de déchets humains, c'est intolérant ! tu ne peux pas faire ça !".

J'ai un peu réfléchi à ce sujet. J'en suis venue à l'idée qu'il n'y a pas d'équivalence possible. J'ai réfléchi encore, me demandant si j'étais en train de me trouver des excuses (à moi et surtout à des gens que j'aime bien et qui sont rarement modérés lorsqu'il s'agit d'homophobie). Je me suis même demandée si j'allais écrire cet article, et puis je suis tombée sur ce tweet :

 


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Soudain, je me suis dit que "déchets humains" était une expression appropriée. Il n'y a pas d'équivalence possible parce que d'un côté il y a des gens dont le seul tort est de vouloir vivre leur vie et de l'autre côté des gens qui essaient de les en empêcher - que ce soit en voulant les mettre en prison, en les invisibilisant, en leur interdisant le mariage ou l'adoption (à ce propos, lisez ce très bon billet).

Les personnes sages et pondérées, souvent non-concernées, aiment à dire que les deux camps ont tort parce que les deux camps sont violents. Quoiqu'assez souvent sage, pondérée et même Bisounours, je ne suis pas d'accord avec ça. Il y a une violence qui a plus de raison d'être qu'une autre, il y en a une qui est une réponse à une agression.

Insulter une personne simplement parce qu'elle est contre le mariage pour tous est abusif, et je ne le cautionne pas - mais je peux le comprendre, surtout de la part des LGBT qui s'en prennent plein la gueule depuis des mois. Les LGBT n'ont pas attaqué en premier ; ils ont demandé à avoir les mêmes droits que tous, et ont leur en a mis plein la gueule, on leur a fait sentir qu'ils n'étaient pas nos égaux. Arrêtons les fausses équivalences.

Quant à tous les néo-fascistes qui citent des versets de la Bible condamnant l'homosexualité, ceux qui disent qu'elle est le premier pas de la folie, ceux qui la comparent à la zoophilie... Puisqu'ils ne considèrent pas les autres comme des êtres humains, je ne me tracasserai plus lorsque, en me brossant les dents, je les traiterai mentalement de déchets humains.

(Mon père, plus sage que moi, dit qu'ils ne sont simplement pas assez avancés. Je pense que cela vaut pour les premiers et pas pour les seconds. Je pense aussi qu'ils prendraient très mal qu'on leur dise que leur opinion sont des passades.)

(Une réflexion issue d'un tweet dont je ne me rappelle pas l'auteur [qu'il ou elle se signale] : le problème c'est que nous nous avons des gens à protéger, des gens qui sont blessés, et le prolongement de ce débat fait de vraies victimes ; les anti-égalité peuvent se situer sur le plan du débat d'idées, ça ne leur fait pas plus de mal que ça ne peut m'en faire à moi, hétéro révoltée par une inégalité ; là encore, il y a une fausse équivalence.)

Mercredi 2 janvier 2013 à 18:15

Il y a environ cinq minutes, par une pulsion masochiste (un vieux reste de l'époque où je faisais des régimes et où j'aimais bien lire des magazines féminins en ligne pour réaliser à quel point j'étais grosse avec mon IMC de 21), je me suis retrouvée sur un article intitulé "Je suis gourmande... mais je me soigne !". Passons le titre pouvant déjà porter à controverse - admettons qu'il faille "soigner sa gourmandise" pour ne pas se retrouver en surpoids et aller au devant de graves ennuis de santé - car c'est le contenu qui m'a suffisamment choqué pour que je veuille en faire une critique détaillée. Ouvrez l'article dans un autre onglet (je me moque de leur apporter des visites, ce n'est pas avec la popularité de mon blog...) : c'est parti.

http://www.journaldunedilettante.fr/images/Vrac/NoDiet.png
Première page : "je n'aime que le sucré". On nous explique pourquoi c'est mal (rien à redire là-dessus : se gaver de brioches ce n'est pas super équilibré) puis on nous donne le bon conseil (c'est pas moi qui le dit, c'est eux) : "Craquer pour un goûter, oui. Mais un goûter équilibré... Et donc un fruit (de préférence une pomme et non une banane), accompagné d’un yaourt nature". On nous parle bien de craquer pour un yaourt nature et une pomme - moins de 150 calories, un goûter qui personnellement ne me cale même pas pendant une heure. Rappelons qu'on s'adresse à quelqu'un qui est "incapable de résister à une tablette de chocolat" et tout ce qu'on trouve à lui dire c'est "mange un yaourt nature à la place". "Pour ne plus être gourmande, arrêtez d'être gourmande" : ça s'appelle une tautologie.

Page 4 : "je grignote entre les repas". La boisson chaude parait un bon conseil (encore qu'une copine me dise que le thé lui ouvre l'appétit) mais le fait de regonfler l'estomac pour arriver à une sensation de satiété me pose problème : si vous avez faim alors il faut manger. Si c'est du vrai grignotage ne répondant pas à une sensation de faim alors c'est effectivement une question de gourmandise ou d'ennui et il serait plus honnête de dire que boire occupe la bouche plutôt que d'insinuer qu'il faut résister à sa faim, ce qui encourage les femmes à se priver. (Si vous vous dites "on ne peut quand même pas manger n'importe quand juste parce qu'on a faim", je vous invite à lire cet article, c'est une méthode qui me tient à cœur.)

Page 6 : "raisonnable le jour... gourmande by night". On part ici du postulat un peu étrange qu'il est impossible de ne pas succomber. Soit c'est vraiment du grignotage compulsif / de la boulimie et il faudrait peut-être voir un psy ou faire une rééducation alimentaire (ce dont parle l'article que je vous enjoignais à lire il y a quelques lignes) ; soit c'est de l'ennui et ma foi, il faut s'occuper ; soit c'est de la faim (puisqu'on parle apparemment de se "rassasier") et on retrouve le problème précédent. Les fringales irrépressibles viennent d'ailleurs souvent de privations antérieures.

Le dernier problème que j'ai avec cet article concerne toutes les pages : "le produit à shopper" et sa photo en grand à gauche du texte. Quel que soit le problème on trouve quelque chose à vous refourguer, quitte à ce que ça n'ait rien à voir (expliquez moi le rapport entre les fringales nocturnes et la crème anti-cellulite qui agit la nuit, à part euh... oui, bien sûr, le moment !). Je suis actuellement en école de journalisme, il existe des masters "médias féminins", les personnes qui écrivent ce type d'articles ont potentiellement des formations de journaliste alors... Ciel pourquoi est-ce que sous une présentation d'articles elles nous présentent de la publicité ?!

Voilà, c'était pour le petit coup de gueule du jour, j'espère que je ne suis pas la seule à être choquée !

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