Selon la quatrième de couverture, c'est l'histoire d'une fille qui gagne sa vie avec le chantage et qui, en attendant l'argent que ses victimes doivent déposer dans un parc, fait de la peinture. En fait, c'est seulement un détail du livre, car la vraie histoire est celle du succès qu'elle rencontre bien malgré elle avec ses peintures. Le côté terrible de l'amour que l'on vous porte et que l'on ne peut pas refuser.
C'est un roman impressionniste, Fio (l'héroine) a une conception particulière de la vie qui me fait penser à celle des autistes ; elle compare les bâtiments à des pâtisseries, elle perçoit les gens en touches d'odeur et de couleurs, elle leur attribue des adjectifs fantasques. Cela donne un style poétique. Et elle a son petit caractère, de fille qui n'a rien demandé et préfère regarder passer les jours comme un cours d'eau dans lequel elle ne baignerait pas.
En opposition avec la simplicité de Fio, une critique du monde de l'art absurde (on l'adule avant d'avoir vu ses oeuvres) et vaniteux, faussement partagé entre les réactionnaires et les avant-gardistes qui ne se battent que pour le principe, un monde où la guerre a pour seul but d'être un sujet de discussion dans les soirées mondaines.
J'ai été légèrement déçue par ce livre par rapport à On s'habitue aux fins du monde, mais il est néanmoins appréciable, assez beau, pétillant et acerbe à la fois. Je retenterai peut-être ma chance avec un troisième...


Je ne connais pas du tout cet auteur, cependant. Mais ton article donne envie de le lire, son travail sur son personnage principal a l'air intéressant.