Donc je me suis souvenue qu'on nous en avait parlé au lycée, un élève – une espèce de hipster avant l'heure, ou après l'heure – nous l'avait présenté comme étant son livre favori. Je me suis dit qu'il fallait que je le lise avant de vieillir, alors comme mes parents allaient près de la librairie ils me l'ont ramené. Une drôle d'édition, le "rouleau original".
En fait il s'avère que la première édition qui a été publiée, et qui est restée la seule jusqu'en 2010, était largement modifiée voire expurgée, mais que Kerouac aurait aimé faire publier la première version. Un mythe, cette première version : un rouleau de papier de 36 mètres sur lequel l'auteur a tapé son roman à la machine, en trois semaines, à une vitesse effrénée.
Cette vitesse se sent à la lecture. Des phrases assez longue mais pas trop complexes, qui entraînent vers l'avant ; pas de paragraphe, pas de chapitre, une progression linéaire qui file et qu'on ne peut pas arrêter. On ne peut pas s'arrêter non plus, d'ailleurs, il n'y a aucun endroit pour faire une pause, à part à la fin de chaque voyage (il y en a quatre).
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Le fameux rouleau (enfin, un bout quoi)

Le fameux rouleau (enfin, un bout quoi)
Un petit pitch même si le livre est très connu (manifeste de la Beat Generation, tout ça) et que... en fait, c'est très difficile de faire un pitch : le récit est autobiographique et parle d'une période de la vie de Jack Kerouac où il traînait avec des espèces de fous (surtout Neal – Dean dans la première version éditée) et où il partait en voyage un peu (beaucoup) à l'arrache.
Je suis très bon public pour les livres (pour un peu tout d'ailleurs), mais j'avais un peu l'impression d'être sur la route avec eux, à 160 sur les routes la nuit, ou dans les bars où ils buvaient tout le temps. Il n'y a pas vraiment d'histoire, mais une ambiance : entraînante, incroyablement vivante mais en même temps très mélancolique.
Est-ce que le livre est bon ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il est bien écrit ? Je ne sais pas. Il est fort, et il est intéressant pour les émotions qu'il procure, même si ce ne sont pas forcément des émotions positives. C'est un peu comme les sensations qu'on peut avoir quand on boit. Dans un sens, un livre qui fait cet effet là peut forcément être qualifié de "bon".
Dans tous les cas j'aimerais aller voir le film qui va bientôt sortir, et relire un jour Sur la route dans sa première version publiée, qui mine de rien est la référence de pas mal de personnes (dont tous les jeunes qui en sont tombés amoureux). Ce sera sans doute une expérience de lecture très différente.






