Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Erreur :
  • Mauvais pseudo ou mauvais mot de passe.

Vendredi 18 mai 2012 à 0:45

L'autre jour en écoutant Le Mouv', juste avant que j'arrive à l'école et n'éteigne la radio, ils parlaient de Sur la route de Kerouac (c'était un de ces montages audios bizarres et chouettes que fait Le Mouv', avec des passages du texte lus à haute voix, des critiques...). En fait cette année c'est Kerouac party parce qu'une adaptation cinématographique va sortir le 23 mai.

Donc je me suis souvenue qu'on nous en avait parlé au lycée, un élève – une espèce de hipster avant l'heure, ou après l'heure – nous l'avait présenté comme étant son livre favori. Je me suis dit qu'il fallait que je le lise avant de vieillir, alors comme mes parents allaient près de la librairie ils me l'ont ramené. Une drôle d'édition, le "rouleau original".

En fait il s'avère que la première édition qui a été publiée, et qui est restée la seule jusqu'en 2010, était largement modifiée voire expurgée, mais que Kerouac aurait aimé faire publier la première version. Un mythe, cette première version : un rouleau de papier de 36 mètres sur lequel l'auteur a tapé son roman à la machine, en trois semaines, à une vitesse effrénée.

Cette vitesse se sent à la lecture. Des phrases assez longue mais pas trop complexes, qui entraînent vers l'avant ; pas de paragraphe, pas de chapitre, une progression linéaire qui file et qu'on ne peut pas arrêter. On ne peut pas s'arrêter non plus, d'ailleurs, il n'y a aucun endroit pour faire une pause, à part à la fin de chaque voyage (il y en a quatre).

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Le fameux rouleau (enfin, un bout quoi)

Un petit pitch même si le livre est très connu (manifeste de la Beat Generation, tout ça) et que... en fait, c'est très difficile de faire un pitch : le récit est autobiographique et parle d'une période de la vie de Jack Kerouac où il traînait avec des espèces de fous (surtout Neal – Dean dans la première version éditée) et où il partait en voyage un peu (beaucoup) à l'arrache.

Je suis très bon public pour les livres (pour un peu tout d'ailleurs), mais j'avais un peu l'impression d'être sur la route avec eux, à 160 sur les routes la nuit, ou dans les bars où ils buvaient tout le temps. Il n'y a pas vraiment d'histoire, mais une ambiance : entraînante, incroyablement vivante mais en même temps très mélancolique.

Est-ce que le livre est bon ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il est bien écrit ? Je ne sais pas. Il est fort, et il est intéressant pour les émotions qu'il procure, même si ce ne sont pas forcément des émotions positives. C'est un peu comme les sensations qu'on peut avoir quand on boit. Dans un sens, un livre qui fait cet effet là peut forcément être qualifié de "bon".

Dans tous les cas j'aimerais aller voir le film qui va bientôt sortir, et relire un jour Sur la route dans sa première version publiée, qui mine de rien est la référence de pas mal de personnes (dont tous les jeunes qui en sont tombés amoureux). Ce sera sans doute une expérience de lecture très différente.

Lundi 14 mai 2012 à 23:31

Il y a quelques mois je suis entrée dans la librairie près de mon école, je ne sais plus ce que j'y cherchais mais je me suis arrêtée devant les mooks (ou mag-books), ces pavés format A4 à la croisée entre le livre et le magazine (vous connaissez peut-être XXI). La plupart faisaient dans les 200 pages et coûtaient 15€, et j'hésitais entre plusieurs sans avoir de gros coup de coeur, et là j'ai vu Usbek & Rica.

Sous-titré "Le magazine qui explore le futur", Usbek & Rica est un trimestriel d'à peu près 80 pages, qui ne coûte que 5€. Mais outre sa différence de format, c'est sa couverture qui m'a attirée : une tête de bébé qui ressemblait à une bombe, barrée du slogan "No Future", et en même temps des couleurs qui n'inspiraient pas tellement le désespoir.

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C'était le numéro 5, mais le premier de la nouvelle édition. Oui parce que si elle était vendue en librairie, c'est parce que la revue faisait auparavant 200 pages et coûtaient 15€ – un mook classique. Ils auraient changé de format pour "[se] rapprocher de [leur] ambition initiale : démocratiser les savoirs, [s']adresser au plus grand nombre". Si ça peut permettre la survie d'un super magazine, ça me va.

Oui, parce qu'Usbek & Rica est un super magazine (sinon je ne ferais pas un billet de blog dessus) (à part peut-être s'il était immondément sexiste ou quelque chose comme ça – faudra que je parle de la presse féminine un jour). Parce qu'il est tourné vers le futur et que le futur, c'est l'avenir (je ne sais même pas si ça peut être considéré comme une blague tellement c'est pourri, comme jeu de mot).

Au menu : des disciplines croisées (environnement, géopolitique, nouvelles techno, culture, science, société, philosophie et économie – un petit symbole indique pour chaque article les "ingrédients" présents), de l'uchronie, de l'utopie, des prédictions, des scénarios imaginaires pour l'avenir, de l'histoire (qui va jusqu'à "demain") et de la bande dessinée.

 
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Oui, vous avez bien lu : de la BD. Le prétexte du magazine, en effet, est l'exploration de notre présent par des hommes venus du futur (toujours deux hommes, tiens, humpf) : le sage Usbek et son stagiaire Rica. On retrouve leurs aventures dans des bande-dessinées en rapport avec les sujets traités, sur lesquels ils portent leur regard naïf à la manière des héros éponymes des Lettres persanes.

Autre petite BD (qui ne prend qu'une page par numéro mais qui représente bien, je trouve, l'esprit du magazine) : les Chroniques suédoises, petits récits d'une Suède fantasmée (mais si, vous savez, le fameux "modèle suédois"). Il y a aussi une nouvelle d'anticipation, issue d'un concours. Une autre double-page que j'aime beaucoup : l'histoire immédiate ("ce qui va rester dans 10 ans, ce qu'on aura oublié dans 6 mois").

La rédaction parle du "futur probable" qu'elle ressent et du "futur souhaitable" pour lequel elle s'engage. C'est un équilibre entre ces deux qui donne au magazine cette ligne agréable, optimiste. Contre une certaine tendance présente aujourd'hui à se replier sur un passé idéalisé, Usbek & Rica aime l'avenir ; cela ne signifie pas une confiance aveugle ; comme aimer un enfant, ça implique de l'aider à grandir. C'est utile et c'est beau.


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(Quelques petites infos en plus : U&R se trouve maintenant chez les marchands de journaux [j'ai acheté le dernier au Relay, et maintenant je me suis abonnée] et il est en papier non glacé ce qui renforce l'aspect livre et j'aime beaucoup son design minimaliste mais ludique. Ah et ils ont un site où on peut prévoir le futur nous aussi.)

Vendredi 11 mai 2012 à 16:35

Il y a un mois ou deux, j'ai lu dans Causette une critique sur Beauté Fatale, les nouveaux visages de l'aliénation féminine, de Mona Chollet. Quelques temps plus tard j'en ai à nouveau entendu des échos flatteurs sur un blog. Il y a quelques semaines, c'était une chronique sur madmoiZelle. Je me suis dit que c'était le destin (ou alors c'est juste que je lis beaucoup de médias féministes) et j'ai commandé le livre.

Critiquer la beauté, est-ce être une féministe frustrée (et poilue) ? Le livre évoque la figure terrifiante de la "féministe américaine", radicale et coupée de sa féminité. Mais Mona Chollet ne semble pas refuser en bloc l'esthétique et la séduction. En fait, ce n'est pas le sujet (comme dans l'affaire DSK – une partie y est consacrée – où on a parlé du "puritanisme américain", concept qui n'a rien à faire dans une histoire de viol).

Si la beauté est critiquée c'est parce qu'elle est à la fois une norme restrictive et une industrie qui montre la consommation comme le seul moyen d'être heureux-se. Je connais bien ce problème, pour en ressentir fortement les effets (je suis très schizophrène à ce niveau-là, je suis totalement formatée et en même temps je rejette violemment ce formatage) : la beauté est, pour les femmes, investie d'une importance très exagérée.


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Mona Chollet en profite pour aborder de nombreuses thématiques : la confusion entre art et publicité (une actrice a aujourd'hui plus à gagner en argent en visibilité si elle devient l'égérie d'une marque que si elle fait un film), l'obsession de la minceur, la chirurgie esthétique, le racisme des canons de beauté ("Comment peut-on ne pas être blanche ?" demande le titre d'un des chapitres), l'inhumanité avec laquelle sont traitées les mannequins...

Cet essai m'a notamment plu parce qu'il parle concrètement de notre culture : magazines féminins, séries (Mad Men, l'oeuvre féministe qui a été appréciée de la manière la plus sexiste possible), pubs, blogs mode... En décortiquant tous ces aspects du quotidien, l'auteure montre à quel point nous sommes formaté-e-s par le "complexe mode-beauté", souvent sans nous en rendre compte.

Rajoutons enfin que Beauté Fatale est très facile à lire, le style est fluide (parfois même assez marrant, on sent la personne derrière le texte) et peu technique (bon je fais une pause dans Trouble dans le genre de Judith Butler, à côté tout parait facile). J'ai envie de vous citer plein d'extraits mais je vous conseillerai plutôt d'aller le lire. Le texte est disponible gratuitement sur le site de l'éditeur.

Mardi 8 mai 2012 à 0:32

Waw. Euh, bon, je viens de voir le livre six (le dernier) de Kaamelott et il faut que je vous fasse un article là-dessus. (J'ai l'impression que je décompense sévère le cursus en journalisme où j'écris bien et sérieusement.) (Je ne suis pas sûre de maîtriser le terme "décompenser" mais j'ai passé ma soirée électorale avec des psys qui n'arrêtaient pas d'en parler et ça m'avait l'air sympa.)

Donc je viens de regarder la sixième saison de Kaamelott en quelques jours... Ce qui confirme : 1. que je vénère Alexandre Astier (qui fait un peu toute la cuisine, même si les autres sont bons aussi) 2. que j'ai une nette préférence pour les épisodes longs. Je crois que je préfère le drame, en fait, même si le drame est parfois encore meilleur rehaussé d'humour.

En terme de drame teinté d'humour, la sixième saison de Kaamelott se pose là : toujours autant de bras cassés, encore plus de personnages qui aiment s'écouter parler ("je fais une sortie théâtrale, là, si vous me suivez pas j'ai l'air d'un con"), mais au fond une histoire assez tragique (d'autant plus tragique qu'on en connait à peu près la fin).

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On en est déjà au quatrième paragraphe donc je vais peut-être faire un petit pitch (je décompense "l'info principale en premier", là) : la sixième saison se déroule quinze ans avant Kaamelott, pendant la jeunesse d'Arthur à Rome. Il commence simple soldat à la milice urbaine et il va finir – ce n'est pas un secret – roi de Bretagne. Et nous on va en profiter pour comprendre certains trucs, du genre ses difficultés à concevoir un héritier avec Guenièvre.

Donc sans vous en raconter trop il y a de l'amour, de l'aventure, de la stratégie, des bons sentiments et César en vieil humaniste déluré. Et évidemment de la belle musique qui file des frissons, et des images magnifiques (là il y a eu du gros gros progrès par rapport au début de Kaamelott, notamment pour les paysages).

Clairement à voir, à part si vous n'aimez la série que pour son format court et que l'arrivée d'une grosse intrigue vous a déjà soûlé aux saisons précédentes. Ce n'est pas du tout mon cas donc j'attribuerais à cette saison un joli A+. Et vivement le film ! (Dont on attend toujours la date de sortie, mais apparemment pas en 2012.)

Samedi 5 mai 2012 à 0:07

Un film qui passe comme ça à la télé, le hasard, une actrice que j'aime bien (Cécile de France, vraiment adorable dans A+ Pollux) : hier j'ai regardé Soeur Sourire, l'histoire vraie d'une nonne qui est devenue chanteuse.

On suit Jeanine de son adolescence, où elle se sent oppressée dans une famille sévère, jusqu'à sa mort par suicide pour échapper au fisc qui lui demande un argent qu'elle n'a pas. Entre temps elle sera rentrée au couvent, aura rencontré quelques problèmes avec l'autorité et sera devenue mondialement célèbre avec son morceau "Dominique".

C'est un joli personnage, très rebelle (à vrai dire on ne comprend pas très bien pourquoi elle s'acharne à vouloir être nonne), très indépendant. On s'y attache un peu, avec tous les problèmes qui lui tombent dessus (même si des fois elle les provoque un peu).

Je n'étais pas forcément emballée par le pitch à la base mais le film est plutôt sympa, agréable à regarder et plutôt prenant. Pas extraordinaire non plus et rien de remarquable que ce soit au niveau de la musique, du scénario...

A noter par contre que Cécile de France a une jolie voix chantée, c'est elle qui interprète les morceaux de son personnage.

Note : B

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