Si j’en avais pas mal entendu parler, c’est notamment pour son actrice principale, Kate Winslet. Je lisais récemment dans un article de Muze qu’elle avait « une subtile étrangeté » et que le réalisateur qui la choisissait « préparait un film de barjo » ou « avait un rôle d’exaltée à distribuer ». The Reader n’est pas un film de barjo et je ne sais pas si elle y tient exactement un rôle « d’exaltée », mais elle a une présence et un jeu subjuguants dans l’incarnation de ce personnage rude et secret, dans ses pleurs et ses accès de colère.
Si l’on en croit le petit dépliant du cinéma, ce film raconte l’histoire « d’un jeune étudiant en droit allemand découvrant que son amour de jeunesse aurait été impliqué dans des crimes nazis », ce qui ne rend pas compte (mais en rendre vraiment compte eût été impossible) de toute la portée du film et de ses multiples facettes.
Nous avons d’abord la rencontre, puis l’histoire d’amour entre un très jeune homme et une femme adulte. Très vite, leur relation va être colorée par les livres que le garçon lit à haute voix à son amante, à la demande de celle-ci (d’où : le liseur, comme a été traduit de l’allemand le titre du livre dont ce film est tiré, ou « the reader »). Je ne vous en dirait pas plus sur ces livres et sur cette relation, car je ne saurais trop vous conseiller d’aller voir ce film et des révélations vous le gâcheraient un peu.
Voyage dans le temps, ensuite – plusieurs fois, à plusieurs moments différents – lorsque notre jeune héros devenu étudiant en droit assiste au procès de criminels nazis et y reconnait avec stupeur sa Kate Winslet d’ancienne amante. Je ne vous en dirai pas plus, pour les mêmes raisons que ci-dessus, mais vous imaginez bien les problèmes de conscience que cela peut lui poser…
Peut-être parce que je l’ai vu au cinéma et que les émotions sont plus intenses dans le noir et sur grand écran, mais je ne pense pas que ce soit la seule raison, j’ai trouvé ce film magnifique. Il y a à la fois une dimension romantique dans l’amour adolescent du héros, une dimension historique et surtout un grand problème « moral » : peut-on, doit-on pardonner les crimes de guerre ? A quel point ceux qui les commettent sont-ils coupables, et peuvent-ils rester impunis ? Peut-on simplement leur permettre de vivre après ? Fort heureusement (c’eût été trop simple !), le film n’apporte pas de réponse définitive à ces question. Mais des pistes. Et un long enchantement.













Il faudra que tu me donnes ton avis sur Ravage quand tu l'auras lu ! Sans doute pas celui que je préfère de Barjavel, mais très bon quand même. C'est dur, mais très intense.
Meli