Un coup de blues plus long que les autres. Un été, et puis un hiver. Et avant qu'on ait réalisé, quoique ces moments aient paru infinis, trois ans. Bientôt quatre. Et en regardant ces quatre années de ma vie, je vois un champ de ruines. Un champ de ruines sans mémoire.
Les souvenirs sont flous, on dirait de la brume. Tout un printemps broyé par les substances chimiques. Quelques repères, ce blouson que j'avais acheté en janvier, guère plus finalement. Les dates se sont perdues. Les faits, les émotions sont restés comme des fantômes.
Le soleil me caresse le visage mais je suis fatiguée. J'ai cent ans.

