Le principal reproche qui était fait au livre était son côté un peu manichéen "les hommes ça pue, on est plus heureuse quand on est lesbienne" (le changement d'orientation sexuelle comme résolution de la crise de la quarantaine, en quelque sorte). A la lecture... on ne peut pas le nier. Malgré cela, j'ai bien aimé et j'ai trouvé le livre intéressant - comme s'il avait quelque chose à dire à autre chose que notre esprit, peut-être notre coeur ou nos tripes.
Lucie, détective privée looseuse, a perdu l'adolescente turbulente qu'elle devait surveillée et est sommée de la retrouver ; pour l'aider elle engage La Hyène, créature inquiétante, lesbienne mais sûre d'elle. Ni vraiment cliché ni vraiment innovante, l'histoire poursuit son cours et Valentine l'adolescente, jusqu'à Barcelone.

Je ne vais pas tout vous raconter mais la fin est assez surprenante, et avant le dénouement on ressent bien l'appréhension et l'impuissance des personnages principaux. Mais ce que j'ai vraiment aimé, ce qui différencie ce livre d'un conte tout simple et un peu moralisateur, c'est le mode sur lequel il est écrit : une bonne partie de la narration est faite à la première personne par Lucie mais de nombreux passages donnent la parole à d'autres personnages.
Cela donne au livre la force de la pluralité, de l'absence de jugement. On rentre dans leurs esprits et dans leurs coeurs ; ce n'est pas un manifeste, ce n'est pas une condamnation. C'est un... cri ? De détresse ou de rage. Avec cette sensation propre à tous les livres de Virginie Despentes, même si son style n'est pas extraordinaire : un déchirement.
