Et j'ai remarqué que la retouche consistait, la plupart du temps, à "lisser" l'image. Et effectivement, sur l'écrasante majorité des photos publicitaires, rien n'accroche le regard, pas la moindre aspérité. Alors que de nombreux photographes "d'art" (je mets beaucoup de guillemets car je ne maîtrise pas bien cet univers, je ne voudrais pas fausser mes propos par un vocabulaire inapproprié) travaillent justement sur cette aspérité.

On peut alors déduire que le raisonnement en vertu duquel les photos seraient retouchées parce que nous préférons voir "la beauté" est absurde : si les artistes recherchent cette texture, cette "rugosité" (les minuscules imperfections de la peau par exemple), c'est qu'elle est intéressante et non forcément "laide". Pourquoi alors nous enveloppe-t-on d'images lisses ? Peut-être parce que si rien n'arrête notre oeil, rien ne nécessitera de faire marcher notre cerveau... Une esthétique "sans rien qui dépasse" aide sans doute à produire une société du même acabit.
