Comme je l'espérais, Sfar n'a pas versé dans le biopic basique (genre risqué). Les affiches et le générique nous précisent que c'est un conte, et cette dénomination n'est pas abusive. Le film prend en effet quelques largesses avec la réalité (quoique je ne connaisse pas suffisamment Gainsbourg pour en juger) et notamment tout un côté fantastique, onirique plutôt, comme la représentation de la "gueule" de Gainsbourg (son génie, son double, une marionnette de lui-même caricaturé qui le suit, le conseille et le tourmente).
On se demande quelle est la part de Sfar dans ce Gainsbourg qui, rappelons-le, voulait être peintre avant de devenir musicien. Les dessins et les tableaux sont du réalisateur et, de manière générale, on reconnait sa patte dans l'univers du film. Même la lumière me fait parfois penser à un album du Chat du rabin, toute en bleu et orange.
Niveau acteurs, Eric Elmosnino est parfait. J'ai été assez intriguée par un Boris Vian qui ne ressemblait pas du tout à Boris Vian, avant de reconnaître Philippe Katerine - qui est excellent dans le rôle de par son personnage. La route de notre héros croise une ribambelle de femmes, très belles, Laetitia Casta ressemble étonnamment à Bardot (et elle nous la ferait presque aimer) et par contre Lucy Gordon (la femme parfaite dans Les poupées russes) ne ressemble en rien à Birkin.
La B.O. est belle, appropriée. Le film est léger, sans que cela enlève quoi que ce soit à sa profondeur. Il est parfois très triste mais il en émane une joie désinvolte, peut-être à cause du regard d'Elmosnino-Gainsbourg, de son petit sourire en coin et de sa cigarette. Le premier mot qui m'est venu, parce que je vis toujours dans les années 50 et que je parle comme Le petit Nicolas : ce film, il est "terrible".


moi la scène avec France Gall m'as presque mis mal a l'aise, jetait dans un état de "What the fuck?!" complet mais avec un étrange sentiment d'hilarité ( et aussi de saignage d'oreilles ).
Si je peu me permettre tu écris très bien, et je vais suivre tes conseils et me lancer dans la lecture de l'oeuvre de Joann Sfar