Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Samedi 16 février 2013 à 23:52

Quand j'ai vu les affiches de Lincoln (par Spielberg) j'ai pensé que ce serait l'un de ces nombreux films que j'aurais bien envie d'aller voir mais finalement non. Puis j'ai entendu que c'était à propos de l'abolition de l'esclavage et ça m'a intéressé davantage, puis enfin on m'a proposé une sortie cinéma (en ce moment je suis plus dans les livres, vous l'aurez remarqué, donc je n'aurais sans doute pas pris l'initiative). J'ai finalement découvert que c'était beaucoup un film politique, un genre que j'apprécie.

Lincoln est donc un film à propos du célèbre président des Etats-Unis, et précisément de son combat pour faire passer le 13ème amendement qui abolit l'esclavage dans tout le pays. Le dilemme : tout cela se passe pendant la guerre de Sécession et, si elle s'arrête et que le pays est réunifié, l'amendement sera jeté aux oubliettes car les députés anti-abolitionnistes reviendront en majorité à la chambre des représentants (et puis si on a plus l'excuse "abolir l'esclavage permettra d'arrêter la guerre", les gens ne seront plus très chauds).

Le personnage de Lincoln est extrêmement mis en valeur. Les Inrocks parlent de cabotinage ascétique, moi je pense au Docteur (mais je pense tout le temps au Docteur) à cause de cet air à la fois grave et malicieux, légèrement autiste. Il raconte des histoires tout le temps, des métaphores. Il a une espèce de délire de toute puissance aussi, mais ça passe bien. On nous montre légèrement ses faiblesses mais j'ai trouvé que c'était typiquement le héros à qui on pardonne tout parce qu'il est complètement héroïque (et très bon, très sincère) (quelque part je suis d'accord pour tout pardonner aux gens sincères...) (mais on me dit que je suis un Bisounours).
 

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Encore ai-je oublié de vous parler de la dégaine du personnage, qui ajoute beaucoup à son aura.

J'ai bien accroché (adoré le personnage) et en même temps ce culte de la personne me laisse une sensation bizarre - et je n'ai pas été la seule dans mon groupe d'amis. Elle participe de cette sorte de morale "la fin justifie les moyens" parce qu'on est totalement du côté du héros (il faut dire aussi que sa cause est très juste à nos yeux modernes), donc on a (ou juste "j'ai" ?) envie qu'il réussisse toutes les actions malhonnêtes qu'il entreprend. Même le fait qu'il veuille faire passer ce 13ème amendement, ça nous parait très juste mais il me semble que c'est un peu un empiétement de l'exécutif sur le législatif (en France on est habitués cela dit...).

Pas énormément à dire sur la réalisation, c'est assez grandiose mais on commence à être habitué sur tous ces grands films en costumes, belle musique, tout ça, rien à signaler d'extraordinaire. Précisons tout de même que pour un film de deux heures et demi, on n'a pas vu le temps passer. C'est du bon divertissement, plaisant à voir, qui donne plein d'émotions et qui pose quand même quelques questions (les gens plus cyniques que moi disent "oscarisable"). On a plusieurs niveaux d'intrigue qui se mêlent (avec notamment la vie familiale de Lincoln), ce qui donne du relief au film.

Actualité oblige, avec un pote qui a suivi le débat sur le mariage pour tous on n'a pas arrêté de faire des analogies (bien sûr Lincoln, c'est Taubira). Par contre au début on a été déstabilisés car Lincoln est républicain et ce sont les démocrates qui sont racistes, on était genre "mais, depuis quand c'est les républicains les gentils ?". Il y a aussi les radicaux que j'ai beaucoup aimé, c'est un peu l'extrême gauche (sauf que c'est pas la gauche, du coup, à l'époque), un peu idéalistes, qui sont pour la vraie égalité entre noirs et blancs mais qui ne peuvent pas vraiment l'avouer parce que ça dessert leur cause (le vieux dilemme réformiste/révolutionnaire). Thaddeus Stevens, leur leader, est un personnage génial.

En tous cas ça nous a tous donné envie de se renseigner davantage sur l'histoire politique américaine (notamment : quand est-ce que ce sont les démocrates qui sont devenus anti-racistes ?). Je vous conseille tout de même cette analyse du film que je ne cautionne pas forcément mais qui est intéressante (en fait je pense qu'ils ont raison de critiquer la place des noirs, par contre pour les radicaux je pense que c'est juste une vision réaliste). Sur ce je retourne à mon roman, je n'ai pas pu finir le challenge 1000 mots vu que je suis sortie hier soir mais je compte bien le terminer maintenant !

Jeudi 13 décembre 2012 à 2:28

Le Hobbit c'est typiquement le film que tu sens pas forcément très bien, tu sais que c'est une bonne grosse production américaine à budget éléphantesque, ce qui peut donner des trucs super mais avec toujours le risque de verser dans la suite dégueulasse juste pour faire de l'argent... bref, le film que tu sens moyen mais que quand tu vois la bande-annonce tu es déjà en train d'envoyer un message à ton meilleur ami pour lui proposer d'aller le voir. (Vous l'aurez compris, j'aime bien parler de moi à la deuxième personne.)

Alors effectivement le budget permet des choses assez fantastiques : la photographie est magnifique, des jeux de lumières bien gérés, des décors incroyables, à la hauteur du Seigneur des Anneaux et peut-être même encore mieux. Des super effets spéciaux même si, des fois, ça se voit quand même que certains trucs sont numériques. Je ne pourrai pas donner d'avis sur la 3D vu que j'ai préféré le voir sans, vu que je passe mon temps au ciné en ce moment ça fait des économies et j'avais peur d'être déçue comme d'habitude. Pour l'instant j'ai lu des retours positifs et d'autres négatifs à ce sujet.

On retrouve énormément de l'ambiance du Seigneur des Anneaux ce qui fait toujours plaisir, par contre je ne sais pas ce qui leur a pris... cher Peter Jackson, on dirait que certains de tes nains ont fait des trucs pas catholiques avec des gens d'autres races. J'en veux pour preuve : Kili.

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Le joli monsieur ci-dessus est un nain. Je ne sais pas vous mais moi quand je l'ai vu entrer j'ai cru que c'était un genre d'elfe (il tire à l'arc en plus). Y a aussi Thorin dans le même genre, déjà un peu plus nanique (on dit "nanique" ? Trichelieu dirait "nanique"...). C'était sans doute pour diversifier et donner un peu de sexyness à l'ensemble mais bon, le nain sexy (et quasiment sans barbe) (et qui boit de la camomille ?!) (il y a sans doute une très bonne explication à la camomille) c'est plus vraiment un nain. (Les autres nains sont de vrais nains, mais du coup Kili fait encore plus étrange.)

On ne s'attache pas énormément aux personnages, peut-être parce qu'il y en a beaucoup et qu'on les connaît donc moins que ce qu'on connaissait Frodon, Aragorn et Legolas. Par contre comme je l'attendais, Martin Freeman est assez énorme en Bilbo (c'est tellement son type de rôle... c'est tellement Arthur Dent ! John Watson !). Gandalf est cool aussi. Il fait plus usage de ses pouvoirs, on se demande ce qu'il foutait dans Le Seigneur des Anneaux (mais ça souligne la difficulté de faire une histoire avec un perso Gros Bill...).

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Autre problème : trop de grandiloquence tue la grandiloquence. Il y a des scènes ou des personnages qui sont censés être tellement solennels, émouvants ou whatever que je les ai vu venir à dix kilomètres et que ça m'a fait marrer. La musique, notamment, est parfois trop conforme à ce qu'on attend, et ça rend le truc cliché. Il y a des manques totaux de crédibilité, aussi, sur certaines actions et cascades, on pourra dire "oh mais c'est un film !" mais moi ça a tendance à me sortir de l'ambiance.

En résumé j'ai rigolé, parfois c'était à de l'humour volontaire et parfois c'était à de... l'humour involontaire, on va dire. Mais on ne va pas cracher dans la soupe parce que le film est quand même très sympa, il dure presque trois heures et je ne me suis pas du tout ennuyée, et à la fin j'étais "mais euh ! et la suite !" (parce que comme une courge j'avais oublié que c'était une trilogie) (d'ailleurs mon meilleur ami me dit qu'on en est déjà à plus de la moitié du bouquin donc il se demande comment ça va être une trilogie). Donc c'est sûr, j'irai voir la suite... ah, je suis vraiment trop bon public.

Lundi 10 décembre 2012 à 1:12

Adapter un roman au cinéma est très difficile, car il y a plus à perdre qu'à gagner (en terme d'appréciation du spectateur, pas de finances bien sûr). Le nouvel Anna Karenine de Joe Wright s'en sort admirablement bien à mon goût car il réussit à apporter quelque chose de spécial par rapport à la forme écrite, et se différencie aussi (j'en suis à peu près sûre bien que je ne les ai pas vues) des adaptations précédentes.

Le trait marquant de ce film est sa réalisation, avec tout un jeu sur le théâtre. Certaines séquences se déroulent sur une scène, à un autre moment un personnage quitte un bal, monte un escalier et se retrouve dans une taverne qui ressemble à moitié à des coulisses, dans d'autres enfin les figurants s'immobilisent au milieu d'une danse tandis que les acteurs principaux évoluent au milieu d'eux.

J'ai trouvé le tout assez enchanteur, et sans faire trop d'analyse (vu que je n'ai pas (encore) lu le bouquin) ça peut être une bonne métaphore de la société d'apparences dans laquelle est coincée Anna (qui des fois a bien envie de tout envoyer valser) (à propos de valse ils font des danses un peu bizarres, c'était marrant, je ne sais pas si ça existe en vrai ou s'ils les ont inventées). J'ai aussi trouvé à l'histoire des airs de tragédie grecque, j'ai vu se mettre en place l'engrenage dont parlait Anouilh dans Antigone.


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Parlons un peu de l'histoire pour les incultes (comme moi avant aujourd'hui) : Anna Karenine (Keira Knightley) est mariée à un membre éminent du ministère, tombe amoureuse du comte Vronsky (Aaron Johnson). Son mari très attaché aux convenances lui refuse le divorce, qui du reste la priverait de leur fils. En parallèle, on a l'histoire de Levine, amoureux de Kitty, mais beaucoup moins développée que dans le livre où leur couple est apparemment censé former un contrepoint à celui d'Anna et Vronsky.

Evidemment l'intrigue est plus concentrée et il manque certainement des éléments par rapport au livre (qui fait tout de même 760 pages), mais les ellipses ne m'ont pas empêché de comprendre et je trouve que le film s'en sort bien. Il m'a donné envie de lire le roman pour mieux apprécier la complexité de l'histoire.

Rien à redire sur le jeu des acteurs qui, sans être exceptionnels (mention tout de même pour la rigidité de Jude Law en Karenine, imposante) arrivent à transmettre la douleur et les tiraillements de leurs personnages. Avec les excellentes réalisation et musique, j'étais clouée à mon fauteuil pendant certains passages. Pour vous expliquer à quel point je l'ai aimé : malgré sa longueur (2h11) et sa - il est vrai - lenteur, je le reverrais bien immédiatement.

(Par contre je ne comprends pas pourquoi tout le monde trouve Keira Knightley / Anna Karenine sublime, déjà je ne trouve pas forcément l'actrice très belle d'habitude et encore moins dans ce film... Quant à la femme du frère d'Anna, qu'il dit "fanée", je la trouve plus belle que la jeune Kitty dont on vante la beauté.)

Vendredi 7 décembre 2012 à 22:14

Quand j'ai dit à un pote que j'allais voir Populaire, il m'a répondu "je me doutais bien que tu irais voir ce film", ce qui m'a d'autant plus étonné que la seule raison pour laquelle j'y allais, c'est parce que mes parents y allaient (et que je devais voir un film pour le cours de web) (film que finalement je n'ai pas pu exploiter parce que je n'avais pas pensé à prendre des notes) (sachez que quand on est journaliste culture on doit prendre des notes pendant les spectacles, ce qui entraîne immanquablement des jets de pierres de la part du public).

Je crois qu'il y a deux raisons pour lesquelles il se doutait bien que j'irais voir ce film. La première c'est le style, que la presse a comparé à celui de Mad Men. Je nuancerais : oui bien sûr ça se passe à peu près à la même période - fin 50's début 60's - et l'esthétique est assez travaillée avec des jolies robes, mais on est encore assez loin de l'image ultra-léchée de Mad Men (mais oui, j'ai aimé les robes). La seconde c'est la thématique assez féministe, celle de l'émancipation des femmes par le travail (ici, la dactylographie).

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Le pitch :
Rose Pamphyle (Deborah François) est une jeune femme maladroite, dont le seul talent est de taper très vite à la machine. Elle parvient à se faire embaucher comme secrétaire, mais se révèle si catastrophique que son patron accepte de la garder à une seule condition : qu'elle participe à des concours de vitesse dactylographique. Elle va donc s'installer chez lui et... oh, allez, je vous laisse deviner, vous avez vu assez de comédies romantiques ?

Ayant lu dans le Version Femina qui traînait dans la voiture (c'est la voisine qui nous les refile) (j'assume totalement mon besoin de me dédouaner) que le film était plutôt féministe, j'ai essayé de l'envisager sous cet angle. La partie sur le travail l'est plutôt, en effet, mais la partie histoire d'amour (avec son patron, Romain Duris) beaucoup moins.

Sans être vraiment sexiste disons plutôt qu'elle tombe bien profondément dans les clichés : les deux personnes qui au début croient n'avoir aucune attraction l'un envers l'autre, puis qui chacun de leur côté sont de plus en plus attirés... Je ne me souviens pas de tout (bon, d'accord M. le prof de web, je commence à comprendre l'intérêt des notes) mais l'ensemble est très prévisible.

Un film mignon, plutôt agréable à regarder même si les clichés m'ont agacée. La photographie est jolie (sans atteindre, comme je le disais, le niveau de Mad Men), les musiques sympathiques. Les acteurs sont moyens, Deborah François est pétillante mais ils n'arrivent pas à rattraper la platitude du scénario en y ajoutant de l'émotion. Un bon moment, mais il ne faut pas trop en attendre.

Vendredi 10 août 2012 à 1:02

Encore une revue rapide parce que je manque d'inspiration pour écrire autre chose sur Rebelle que "ouais, sympa mais pas transcendant". Bon, je vais au moins expliquer ce qui est sympa et ce qui n'est pas transcendant.

Le film est beau (normal, c'est un Pixar), les musiques sont belles (hormis les chansons que j'ai trouvée assez décevantes), on a un personnage féminin fort, une fille indépendante et rebelle (haha) avec des cheveux bouclés qui ont séduit tout le monde (et ont englouti la moitié du budget animation). Un beau modèle qui change des princesses habituelles.

Il est aussi plutôt drôle, même si la voix du corbeau était plus drôle quand c'était Laetitia qui l'imitait (elle rajoutait un sacré accent du Sud). Au passage je l'ai vu en VF, ce que j'aurais préféré éviter parce que je n'aime pas Bérénice "Les-femmes-sont-douces" Béjo. Dommage, les accents écossais avaient l'air drôles en VO.

Après au niveau du scénario c'est beaucoup plus faiblard. Merida (l'héroïne) est A MOITIE DEBILE (bon sang elle met à chaque fois un temps incroyable pour réaliser des choses que le spectateur a remarqué depuis le début). Et j'ai trouvé toute l'histoire avec sa mère, quoiqu'émouvante, assez peu intéressante. 

En outre, Merida accepte tout de même d'abdiquer sa personnalité pour sauver sa relation avec sa mère, c'est bien gentil mais ça pue un peu comme morale. Même si ça implique que la mère a suffisamment progressé pour ne pas l'obliger à le faire (j'essaie de parler en cryptique pour ne pas trop vous spoiler). Est-ce qu'il faut tout accepter par amour, même filial ?

Rappelons qu'on la fait passer pour une adolescente difficile... parce qu'elle refuse un mariage arrangé. Mais, que voulez-vous, il faut savoir faire des compromis. (En fait ce qui empêche d'analyser clairement ce sujet c'est la confusion entre un système de valeur "d'époque" et un système de valeur actuel).

Sinon c'était bien, hein.

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