Dramatique et burlesque. Cette histoire d'un chef d'orchestre qu'on a démis brusquement de ses fonctions sous Brejnev et qui monte le projet fou de se faire passer pour le Bolchoï à Paris réussit à être à la fois grave et légère. C'est ce que sont les musiciens, personnages souvent loufoques mais profondément touchants, car ils sont ceux que l'on a brisé.
Là dessus, une histoire personnelle avec Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent), violoniste virtuose que le chef d'orchestre veut absolument pour la place du soliste (mais pourquoi elle ?). Ni réussie ni ratée, cette histoire se déroule avec le film et je ne saurais dire qu'elle en fait la force.
J'ai cru au début à une uchronie, car quoique l'histoire se passe en 2009 (et on s'en rend bien compte avec les portables, internet...), on a l'impression d'être toujours en URSS. Mais non, c'est la Russie. Toujours pauvre, avec ses monstrueux écarts de richesse. Ce film éclaire un "détail" souvent oublié dans l'histoire : il n'y a pas que les nazis qui déportaient les juifs, l'URSS avait sa part, et même au début des années 80.
Pour moi, ce film parle avant tout de la magie de la musique, et d'ailleurs de n'importe quelle passion. Ces musiciens, ce manager, parfois ennemis politiques, ou qui tout simplement pourraient refuser de prendre le risque de ce pari fou, acceptent pour leur passion, et s'ils réussissent c'est grâce à cette foi profonde, profane, la foi en l'Art.

