Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Lundi 24 septembre 2012 à 14:25

Au premier rang des trucs énervants qu'on te dit quand tu proteste contre les stéréotypes de genre (qui sont aliénants et tout ça, et que tu ne t'y sens pas à ta place) : "oh mais ça va, tu es féminine". Une phrase prononcée innocemment, qui se veut même rassurante. Sauf que ça ne me rassure pas trop, ça pourrait même me faire carrément flipper.

Outre le fait que c'est assez énervant parce que ça casse mon argumentation ("les stéréotypes de genre sont quand même fondés, regarde, tu y corresponds"), j'ai réalisé que je n'aimais pas me considérer comme féminine. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première est une raison assez globale, c'est que dans notre société les traits masculins sont souvent plus valorisants que les féminins, en tous cas dans mon milieu. Une petite fille qui joue au mécano sera bien mieux considérée qu'un petit garçon qui joue à la poupée. Parfois le garçon manqué jouira même d'une certaine prestance, celle d'échapper à la "neuneu-itude" des filles.

Quand j'étais ado, j'ai été une de ces "filles qui n'aiment pas les filles", les trouvant plutôt futiles et ennuyeuses et préférant me définir comme un garçon, ne réalisant pas que je perpétuais moi-même des stéréotypes de genre. Faut dire, apprendre à coder, c'était plus classe que de s'intéresser aux vêtements (toujours dans mon milieu, et en l'occurrence dans la "culture geek" que je fréquente, mais qui est aujourd'hui loin d'être minoritaire). 

J'ai aujourd'hui encore de vieux réflexes, même si je n'ai plus de problèmes avec les filles, de considérer par exemple que mettre l'accent sur mes centres d'intérêt "masculins" sera plus valorisant que de parler de mes centres d'intérêts "féminins". J'essaie de lutter contre, puisque c'est sexiste.

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L'autre problème est plus personnel, même si bien sûr il y est lié (j'imagine que certains aspects "masculins" sont très liés à la force, et je mets en avant ma force pour pallier aux faiblesses dont je vais parler). Si je n'aime pas mes côtés féminins, et même si je ne me reconnais pas dedans, c'est parce qu'ils viennent de mes failles ou en constituent eux-mêmes.

Je suis douce, parait-il. Je suis toujours très étonnée qu'on me dise ça, parce que je ne me perçois pas comme douce ; à l'intérieur de moi je suis une espèce de gros punk qui fout le bordel tout le temps – d'ailleurs, même dans la réalité j'ai une faculté extraordinaire à tout gâcher. Mais c'est vrai que je suis assez douce dans mes relations avec les autres – tout simplement parce que je suis une putain de timide qui n'ose pas s'imposer.

Ma douceur vient de mes complexes, de ma dépression (avant – mais c'était il y a très longtemps – j'étais beaucoup plus vivante et beaucoup moins douce), de mes angoisses, du besoin maladif de me faire aimer qui m'empêche d'être abrupte parce que j'ai peur 1. de ne pas arriver à réagir à la réponse violente qui pourrait s'ensuivre (complexe sur mes capacités intellectuelles), 2. qu'on me déteste.

Physiquement je suis très féminine aussi : outre le fait que j'ai un corps très féminin (même avec des vêtements informes, difficile de s'y tromper), je mets très souvent des robes et des talons. Même si j'aime et assume davantage cet aspect de ma personne (le style, pas le corps), il vient d'une de mes faiblesses : si j'ai commencé à porter des talons, c'est parce que je considérais que mon énorme silhouette éléphantesque devait être affinée par ces artifices. 

D'ailleurs, aujourd'hui, je recommence à porter un peu des pantalons et des chaussures plates, même si ça ne cache pas mes grosses cuisses. Parce que j'ai décidé que je n'avais pas à correspondre à un idéal de beauté, surtout lorsque cela compromet ma mobilité et mes capacités de mouvement, et que j'avais le droit de m'aimer même en "n'améliorant" pas ma silhouette. Et si je n'ai pas ce droit, je le prends.

Bien sûr je continuerai à porter des robes et parfois des talons pour le plaisir, mais je ne veux pas que ce soit "pour le plaisir de me sentir belle", parce que je veux me sentir belle sans ces conditions-là. Et pour la douceur, je vais voir ce que je peux faire.

Dimanche 16 septembre 2012 à 23:00

Vous vous souvenez des Démiurges en Herbe, ce concours de jeu de rôle auquel j'avais participé en 2011 ? Deux semaines, un format court (20 pages pour moi), un thème. Cette année on avait le choix entre le mot "bulle", l'univers visuel de Gustave Doré ou une citation de Shakespeare : "Les poignards qui ne sont pas dans les mains peuvent être dans les paroles".

J'ai choisi le dernier, et je l'ai pris au pied de la lettre pour faire un jeu tendance narrativiste où les paroles peuvent influer sur la réalité (et donc tuer, entre autres). Cette année on peut mettre le jeu à disposition dès le rendu, donc si ça vous tente de jeter un oeil c'est ici.

Le pitch : Et si le monde pouvait changer en quelques mots ? S'il avait déjà changé et que vous ne le saviez pas ? Sur Euphie les bateaux volent, les sabres deviennent sable... et les paroles peuvent tuer. Qu'avez-vous oublié ?


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Sinon je vous avais un peu parlé du magazine web qu'on lance avec des gens de mon école... Le projet avance, j'ai trouvé un thème Wordpress nickel, il n'y a plus qu'à balancer tout ça en ligne (ah et à écrire des articles aussi). Sortie le 8 octobre (parce qu'avant je vais aller visiter le Parlement Européen et ensuite à Octogônes, en passant par la slutwalk de Lyon vu que je serais sur place – quelqu'un sait où je pourrais trouver de la cocaïne ?), j'espère que vous attendez tous ça avec impatience (bien que la probabilité que vous n'en ayez rien à foutre est de l'ordre de 80% – mais vous lisez mon blog, alors qui sait ?). 

Jeudi 6 septembre 2012 à 12:11

L'autre jour je traînais à Virgin pour attendre un ami, sans aucune intention d'acheter, quand mon regard a été attiré par un gros livre. Un petit millier de pages, grand format, avec deux cimeterres croisés et surtout un nom "Raymond E. Feist" et un titre "Les Fils de Krondor". Ah et une étiquette "10€" qui a probablement beaucoup joué. Vu mon engouement pour La Guerre de la Faille et mon besoin de lire un truc passionnant, cette édition spéciale "10 ans de Bragelonne" était un peu comme un miracle – limite si je n'ai pas vu la lumière illuminer le livre qui se serait mis à flotter doucement dans les airs.

Les Fils de Krondor est en fait composé de deux tomes : Prince de sang et Le boucanier du roi. Ils sont aussi connus sous le nom de "Nouvelles Chroniques de Krondor", ou encore "L'entre-deux-guerres" (ça laisse de l'espoir pour la suite). Au niveau chronologique, je crois que j'ai raté des trucs, par exemple Le Legs de la Faille qui se passe entre Ténèbres sur Sethanon et Prince de Sang, mais ce n'est pas trop un problème puisqu'ils ont été écrit après et qu'il ne sont donc pas nécessaires à la compréhension des Fils de Krondor.

Chaque tome raconte l'aventure d'un des fils d'Arutha (enfin, une paire de fils pour le premier). Dans Prince de sang, les aînés (jumeaux) sont envoyés à Kesh (l'empire voisin) pour une visite diplomatique – mais comme on est dans un roman (de fantasy) ils vont bien sûr se retrouver au coeur d'un mic-mac pas croyable. Dans Le boucanier du roi on s'attarde sur le plus jeune fils, plus timide, considéré comme faible à cause de son pied né déformé, qui est envoyé chez son oncle à Crydee pour s'endurcir un peu. Et évidemment, rebelote, de la catastrophe dans l'air.


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Le miracle

Comme dans La Guerre de la Faille on a un beau parcours initiatique, avec des jeunes qui grandissent grâce à leur aventure et de parfaits roturiers qui deviennent des héros et gagnent une place à la table du roi. Peut-être qu'on s'attache tout de même moins aux personnages, puisqu'ils ne sont développés sur sur un tome chacun alors que Pug, Arutha et compagnie ont eu droit à toute une trilogie (et même plus par la suite, comme Le Legs de la Faille). On retrouve tout de même ces vieux héros (surtout dans Le boucanier du roi), dans des rôles plus ou moins annexes.

Bien qu'ils donnent parfois l'impression d'appliquer une bonne vieille recette, j'ai trouvé ces livres tout aussi exaltants que les précédents. Le mélange des genres (notamment histoire personnelle / histoire politique) donne de l'ampleur à des moments tous bêtes comme celui où les personnages savourent un petit moment de calme. Je crois que c'est surtout parce que j'ai vraiment été prise dans l'histoire, comme toujours avec Feist, cette impression de suivre le héros, trembler pour lui, sourire pour lui. Trop peu de romans me donnent encore ces émotions.

C'était donc un vrai petit miracle qui s'est produit à Virgin le mois dernier. Mais je crois que je ne vais pas attendre le miracle suivant pour acheter d'autres livres de la saga Krondor.
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