Sans le téléchargement illégal, je ne regarderais pas de séries : ça c'est sans doute le plus sûr, étant donné que 1. je ne supporte pas de devoir me planter à heures fixes devant ma télévision et 2. les séries que j'aime passent en France avec énormément de retard, dans le désordre (paraît-il, je n'ai jamais essayé de les regarder à la télé) et en VF – rédhibitoire (oui, je suis une grosse snob, je regarde tout en VO).
Sans le téléchargement illégal, j'écouterais beaucoup moins de musique : enfin là c'est plutôt "sans les sites de streaming". J'écoute pas mal la radio, mais ils passent toujours la même chose, donc le seul moyen de découvrir des choses c'est de les écouter en ligne. Non, je ne vais pas acheter un CD d'un artiste que je ne connais pas. Et dans les périodes où je n'écoutais pas de musique en ligne (genre quand Radioblog a fermé) je n'achetais pas de CDs non plus – je ne suis pas suffisamment passionnée de musique, je préfère acheter des livres. Ajoutons que ceux qui téléchargent beaucoup de musique (pas moi, donc) sont aussi ceux qui achètent le plus de CDs.
Sans le téléchargement illégal, ma culture cinématographique serait limitée : acheter en DVD tous les films que l'on veut voir, est-ce vraiment une option ? Pour avoir une culture assez vaste, non. Je vais beaucoup au cinéma, mais je n'ai pas le temps de tout y voir, donc je télécharge. Sans compter les films qui ne passent pas à Marseille et ne sortent probablement pas en DVD en France (sans téléchargement, je n'aurais probablement jamais pu voir Je suis un cyborg).
Pour autant, est-ce que je nie le droit des artistes à être rémunéré ? Non. Mais nous connaissons tous la part ridiculement faible reversée par les maisons de disques aux artistes. Et je trouve ridicule de nier un phénomène de masse comme le téléchargement. Des solutions peuvent être trouvées, j'en lance une au hasard dont il a déjà été question : la licence globale.
Il parait que l'équipe de Megaupload allait lancer une plateforme de téléchargement légal qui rémunèrerait les artistes. Si on enlève cette part énorme que prennent les maisons de disque, qui sont de plus en plus inutiles avec internet, on aurait peut-être non seulement un système légal qui marche mais aussi une meilleure qualité de la production musicale. On peut rêver, non ?

Les membres du Parlement polonais portant le masque de Guy Fawkes, symbole des Anonymous






