Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Vendredi 30 décembre 2011 à 19:37

 Bon, un article en bref pour remplacer celui que je viens de perdre (ça marche, chez vous, le truc de brouillons de Cowblog ? parce que chez moi jamais) à propos de Signé Furax.

C'est un film français absurde de Marc Simenon, sorti en 1981, adapté de la deuxième saison de la série radiophonique éponyme. Le feuilleton était signé Pierre Dac et Francis Blanche, autant dire des sommités de l'humour de l'époque (c'est le moment de faire nos petits vieux – ou nos Francis Cabrel – et de dire "c'était mieux avant").

Le pitch (sobre et réaliste) : des monuments disparaissent et sont remplacés par des copies en plâtre sucré / guimauve / ballon de baudruche. Ces méfaits sont signés Furax, un célèbre criminel que tout le monde croyait mort. Serait-il revenu ?

Ingrédients : des personnages plus incapables les uns que les autres, des membres d'une secte qui se déguisent en Père Noël pour  chanter une espèce de reggae (qui vous restera dans la tête, je vous le dis), des guest stars éclair (Coluche et Pierre Desproges).

J'ai trouvé le film assez lent, ou peut-être m'a-t'il lassé par son manque de surprise. Je ne demandais pas de grand suspens mais certains gags m'ont paru vus et revus – peut-être l'effet de l'âge de l'oeuvre et son influence sur la postérité.

Néanmoins Signé Furax reste incontournable car c'est un puits à références et à "répliques cultes", un peu comme La Cité de la Peur (je n'ai pas fait d'article dessus ? vous pouvez me lapider). Note : B.


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Fouvreaux, le seul personnage sensé, et sa secrétaire amoureuse de lui

Lundi 26 décembre 2011 à 19:19

 Comme tout le monde, un petit bilan de Noël. Très calme cette année, j'ai fait le réveillon avec les parents de mon fiancé – on était 4 – et le jour de Noël avec mes parents – on était 4. Bonus grand-mère de mon fiancé aujourd'hui – on était 5, record battu.

Pas de sapin chez moi, juste quelques décorations sur une plante verte (pardon, une orchidée actuellement sans fleur). Chez Sylvain j'ai exploité tous les espaces décorables puisqu'il n'y avait pas de sapin non plus (merci le chat). J'adore les décorations de Noël.

On a mangé beaucoup de foie gras et beaucoup de chapon, j'ai eu beaucoup de bijoux (surtout si on cumule avec mon anniversaire), un plateau pour petit-déjeuner au lit, une tirelire, un parfum (Now d'Azzaro) et surtout une robe Dig for Victory (une créatrice anglaise) commandée sur Etsy avec mes parents. J'en suis totalement amoureuse (ma robe de Betty Draper !) donc je voulais vous la montrer :

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Voilà, c'est déjà ma photo de profil Facebook mais j'ai tellement peu de photos de moi (et encore moins que je trouve potables) que je profite ! Vous avez ma coupe de cheveux (qui commence à dater) en bonus...

Dimanche 25 décembre 2011 à 16:08

 Après avoir essayé d'y jouer (deux campagnes avortées par manque de disponibilité de toute la table), j'ai fini par lire (et donc potentiellement maîtriser) Sens Hexalogie, un jeu de rôle philosophique indépendant.

Les tomes (deux sortis pour l'instant) prennent la forme d'un texte écrit par un auteur mystérieux (Sens) et commenté par Romaric Briand. C'est une sorte d'hybride entre roman, essai, jeu de rôle, pièce de théâtre pour Sens Mort (le deuxième tome)... Une structure assez inclassable, et qui nécessite probablement beaucoup d'improvisation pour le maîtriser - quoi de plus normal pour un jeu qui traite de la liberté ?

Les thématiques, donc : l'opposition entre liberté et déterminisme est très présente puisque dans l'univers de Sens, un tyran a prouvé le déterminisme en découvrant des machines qui calculent tout ce qui se passe partout dans le monde grâce à l'équation cause -> conséquence (j'espère ne pas trop déformer le propos). Les PJs, eux, sont justement les seuls qui échappent à la connaissance de ces machines.

Chaque partie est également l'occasion de s'interroger sur une foule de sujets : vaut-il mieux une tyrannie paisible ou une résistance qui maintient un état de guerre ? qu'est-ce que vivre ? un homme qui tue pour nourrir sa famille est-il mauvais, et d'ailleurs qu'est-ce que le mal ? est-il bon de tout savoir (qu'est-ce que le "bon" ?) ?

Les livres sont truffés de référence philosophiques, et tournent en grande partie autour de la pensée de Wittgenstein (un supplément est paru pour l'expliquer, j'ai hâte de le lire), mais il n'est pas du tout besoin d'être philosophe pour lire Sens ou y jouer. Par contre, aimer se poser des questions est un gros plus.

Le système est sympa, quoique ses détails m'aient fait mal à la tête (de toutes façons il est très rare que je comprenne les règles de combat dans un jeu de rôle). La base : écrire vingt faits à propos de son personnage (et vingt faits à propos de soi, joueur). J'aime beaucoup cette idée, qui fait la part belle à la psychologie et à l'interprétation, et elle nous a d'ailleurs beaucoup inspiré pour Cabaret.

Pour terminer, je ne peux que vous renvoyer vers le blog de la Cellule (qui contient des podcasts intéressants sur le jeu de rôle en général), le site de Sens et la partie consacrée qui lui est consacrée sur le forum Silentdrift.


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Jeudi 22 décembre 2011 à 10:00

 Dimanche j'ai vu pour la première fois le Château de la Buzine (celui de la mère de Marcel Pagnol), mais surtout j'ai assisté au Cinémonstre d'Enki Bilal et Goran Vejvoda. C'est un montage d'un peu plus d'une heure, composé des trois films de Bilal, avec 1. une musique jouée en direct (et improvisée) par le compositeur et 2. des modifications sur l'image réalisées également en direct (et improvisées) par le réalisateur.

Bien évidemment, trois films mélangés, ça ne veut plus dire grand chose – d'autant que les langues sont mélangées, parfois un personnage parle en français et l'autre lui répond en japonais. On essaie d'identifier chaque film (surtout quand comme moi on n'en a vu qu'un et qu'on l'a passablement oublié), mais ce n'est probablement pas le but (y a-t'il un but ?).

Ils nous ont prévenu au début : l'oeuvre laisse décontenancé et... je ne sais plus quels mots il a utilisé, mais en clair totalement perdu. Je n'ai jamais vraiment réussi à mettre des mots sur toutes ces créations modernes qui parlent à autre chose que notre intellect – en fait, je réalise que je dois être un peu psychorigide – mais j'ai réussi à apprécier ce film. Il faut accepter qu'il parle directement à nos émotions.

A la fin il y a eu un petit dialogue entre le public et les auteurs du film. Un spectateur a suggéré que ce type de manifestations, qui parle davantage à nos émotions et qui implique la présence du concepteur, allait devenir un nouveau type d'art – voire révolutionner le cinéma. J'en suis assez peu convaincue.

D'abord, cela pose un problème de moyens, et puis j'aime trop les histoires pour me satisfaire pleinement de ces happenings (un est très enrichissant, de multiples le seraient moins). Non, si un type d'art plus interactif doit naître ce sera probablement le jeu (comme je le lisais tout à l'heure dans un article sur la théorie du jeu).

Ce montage m'aura en tous cas donné envie de voir les trois films : Bunker Palace Hôtel, Tykho Moon et Immortel, ad vitam. Le dernier est celui qui m'attire le plus (univers tendance cyberpunk, esthétique incroyable), je l'ai déjà vu mais je m'en souviens si peu que je vais probablement le revoir. Dommage que maintenant, on connaisse la fin des trois...


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Mardi 20 décembre 2011 à 17:57

Il est rare que j'aille voir les "films de Noël", ces produits hyper lumineux, à gros budgets et grosses doses de bons sentiments. C'est pour cela que je n'avais porté aucune attention à Hugo Cabret (adapté du livre pour enfants L'invention de Hugo Cabret) quand j'avais vu les affiches. Je me suis ravisée quand j'ai su que le film parlait de Georges Méliès (les films sur le cinéma, un grand classique), et je suis allée le voir.

L'histoire est assez tragique : la moitié des personnages sont orphelins (j'exagère à peine), au début du film le pauvre petit Hugo a déjà perdu sa mère, puis son père, puis son oncle qui s'occupait (plus ou moins) de lui, Georges Méliès (dont on ne connait pas l'identité tout de suite, même si l'on pouvait s'en douter) est déprimé et ne veut plus faire entendre parler de cinéma...

Le pitch, donc : un gamin (Hugo Cabret) vit seul dans une gare à remonter les horloges en se cachant du policier qui veut coffrer tous les orphelins ; il pique des pièces à un marchand de jouets pour réparer un automate ; le marchand de jouets l'attrape, confisque le carnet dans lequel il avait les plans de l'automate (il semble étrangement bouleversé en les voyant), qu'Hugo va tout faire pour le récupérer.

Je l'ai vu en 3D et elle n'est pas très bien faite. Il y a une recherche esthétique, qui aurait pu être largement enrichie par la 3D, mais c'est encore trop filmé comme de la 2D (notamment la mise au point sur un élément d'arrière-plan – avoir un énorme truc flou juste devant les yeux, c'est assez pénible). De plus, tout est encore trop sur deux plans.

C'est un vrai film de Noël parce qu'il est magique (quoique sans magie) et tout gentil, mais il n'est pas sans intérêt pour des adultes. J'ai pleuré à plusieurs moments (bon, je suis une petite nature), c'est émouvant et plutôt bien fait même si c'est clairement du grand spectacle et pas un truc hyper profond qui pousse à la réflexion. Bilan : B, qui aurait pu être un B+ si la 3D avait été meilleure.


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