Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mercredi 25 mai 2011 à 22:08

Donc non, Cloverfield n'est pas un film amateur, et oui c'est normal qu'il soit filmé comme nos vidéos de vacances (ça a dû leur permettre d'économiser sur le cameraman, et ça fait en grande partie l'originalité du film - même si des fois ça file un peu mal au coeur).

Le pitch : les amis de Rob lui ont organisé une fête pour célébrer son prochain départ au Japon (il a un super poste qui l'attend là-bas). Il y a son frère et la copine de celui-ci qui organisent la soirée, le meilleur pote (à qui on a refilé une caméra pour immortaliser - rôle qu'il va prendre très à coeur), la fille sur laquelle lorgne le meilleur pote et... la fille que Rob s'est tapée il y a un mois et dont il est amoureux, mais comme un con il ne veut pas sortir avec elle parce qu'il va partir.

C'est au milieu de ces intrigues qui se dessinent sous l'oeil de la caméra (MP - meilleur pote - demande à chaque invité de dire un mot pour Rob, et a aussi quelques tendances... fouinesques) que surgit le tremblement de terre. Mais rapidement, ils vont se rendre compte que ce n'est pas un simple tremblement de terre, et que des créatures venues d'ont ne sais où sont en train de ravager New York.


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Le réalisateur (Matt Reeves) a avoué que le film venait d'une partie de jeu de rôle qu'il avait fait avec ses potes. Le sachant, on se marre en identifiant les PJs, le joueur qui a perdu son perso et qui en a refait un... Du coup j'ai trouvé certains aspects du film assez clichés (tiens c'est marrant ils restent toujours soudés... il faut vraiment être un groupe de jeu de rôle pour ne pas vouloir se séparer dans certaines situations), mais peut-être que ce n'est pas le cas quand on a seulement un regard de cinéphile.

Le film catastrophe n'est pas un genre qui m'attire de manière générale, mais celui-ci est sympathique et... pas très "film catastrophe" finalement. Oui, New York est en train d'être détruite et cela met les personnages en bien mauvaise posture, mais finalement le film se centre plus sur les relations entre eux, leur psychologie... Un petit OVNI sympathique.

Mardi 24 mai 2011 à 15:40

 Une nouvelle qui valait quand même la peine d'être partagée : je suis acceptée en école de journalisme ! Je rentrerai donc en première année en septembre, après un examen où je me suis lamentablement ramassée en anglais (mais sérieusement, ils s'attendaient vraiment à ce qu'on sache traduire "déontologie" ? alors que l'examen est censé être niveau bac ?).

L'école est privée et non reconnue par la profession (mais je n'ai pas trouvé d'école reconnue qui prenne sans licence, et la fac ce n'est vraiment pas pour moi), mais le niveau a quand même l'air d'être bon et elle donne un diplôme bac +3. Après... l'essentiel sera de convaincre les rédacteurs en chef avec mon écriture... (Et d'avoir un réseau. La blague.)

J'aimerais bien écrire pour madmoiZelle, tiens. Je ferais des articles sur, euh... c'est une bonne question, mais je suis sûre que je trouverai un truc drôle à raconter ! (Oui, et après tu déménages à Lille à la rédac de madmoiZelle. Bien sûr Elise.)


Lundi 23 mai 2011 à 0:41

 Je dessine. J'essaie de dessiner. Je voudrais être capable de coucher mes émotions sur le papier au crayon 8B (le plus tendre). Je dessine pour mon jeu de rôle, Cabaret. Je n'ai pas le niveau pour faire de vraies illustrations mais je m'entraîne. Je suis l'auteur, je devrais être bien placée pour faire passer une ambiance.

Je voudrais dessiner par impressions. Ma tête est pleine de danseuses en détresse, elles crèvent d'envie de s'enfuir, elles sont abasourdies par le poids qu'on met sur leurs épaules. Une phrase de Mano Solo qui tourne : "au prochain coup j'suis pas sûr de t'nir debout, j'suis pas sûr d'être encore assez vivant". Et des tailles si fines, enserrées, étouffées par des corsets.

J'adore les corsets. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Quand on est féministe, et pas féminine pour deux sous dans sa tête, à quoi ça rime de mettre des talons et des corsets ? C'est pas comme si j'étais à une contradiction près, de toutes façons. Pour moi, les corsets c'est comme des tatouages ou des piercings. De la modification corporelle. Faire ressembler son corps à son esprit (est-ce que mon esprit est étriqué, du coup ?).

Et je dessine ces corps torturés. J'ai commencé à m'intéresser de près au cabaret à cause du néo-burlesque, et aussi pour essayer d'accepter mon propre corps (plus Betty Boop que Betty Davis). Ce qui est drôle, puisqu'aujourd'hui en écrivant Cabaret nous avons imaginé des corps plus que jamais soumis aux diktats de la perfection, des Barbies refaites de partout. 


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Nous parlons donc du corps, de son enfermement. Pas uniquement du corps des femmes, puisque les hommes sont également soumis à ces diktats dans l'univers que nous créons (qui n'est, j'aime à le penser, qu'une projection de celui dans lequel nous vivons). Et peut-être, en fait, pas uniquement du corps. Dans Cabaret, les artistes sont finalement aussi formatés à l'intérieur qu'à l'extérieur, puisqu'ils ne connaissent aucune autre vie que la leur.

J'aime conceptualiser, comme ça, sans m'en rendre compte, au détour d'un dessin. D'une photo d'illustration que j'imaginais, avec un corset si serré qu'il traduirait l'enfermement. Nous gravitons autour de thèmes et les médailles ont toujours deux faces... 

Cabaret sera présenté à Onyria les 11 et 12 juin (partie de démo le samedi soir, stand d'expo le reste du temps). En parlant de réflexion, il faudrait que l'on rédige la lettre d'intention. En attendant, pour en savoir plus sur le jeu vous pouvez lire notre interview sur le blog de Jorune. (Ceci était un paragraphe promotionnel mais le jeu est très bien, je vous jure !).

Mercredi 18 mai 2011 à 20:20

 Le problème avec Woody Allen, c'est qu'il ne change pas les recettes qui marchent. Il a fini par laisser tomber sa figure de l'intellectuel juif looser (quoique... il y revient parfois) mais ses films se ressemblent tout de même. Et quand il fait quelque chose de différent (Vicky Cristina Barcelona) tout le monde râle parce que ce n'est pas du Woody Allen. L'affaire est complexe, je ne dis pas.

L'élément original de Minuit à Paris (tiens, ils ont appris à traduire les titres ?), c'est le voyage dans le temps. Un homme rêveur, auteur pour le cinéma mais qui rêve de publier un roman (qu'il ne montre à personne) et qui est passionné par Paris dans les Années Folles, prend un soir une vieille voiture qui passait et se retrouve en 1920 avec Dali et Hemingway (qu'est-ce qu'il est classe celui-là).

Par contre le reste du film est assez classique pour un Woody Allen : milieu riche (voire BoBo à fond), femmes dont les seules préoccupations sont de recevoir et de décorer leur maison (la fiancée du héros m'a tué), problèmes de couple (ceux-là on se demande même comment ils ont atterri ensemble), révélations existentielles à la fin. Le pitch : deux futurs mariés font un voyage à Paris mais ils sont très différents. Rien de surprenant.

La réflexion sur les époques et sur l'idéalisation du passé ("l'Âge d'or...) pourrait être intéressante mais elle est assez convenue, peu innovante. Dans l'ensemble on passe un bon moment (c'est assez drôle et c'est très beau visuellement) mais ce n'est pas un film mémorable. Venant d'un tel cinéaste, c'est regrettable - d'autant que je n'ai lu que des critiques qui criaient au génie.


http://www.journaldunedilettante.fr/images/Vrac/MinuitaParis.jpg

Jeudi 12 mai 2011 à 0:02

 Je voulais vous faire part d'une réflexion qui m'est venue à la lecture d'un débat sur le forum madmoiZelle. Il concernait le changement (réclamé par une pétition) de la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte toujours sur le féminin" pour l'accord des adjectifs au pluriel.

La pétition propose de rétablir une vieille règle qui accordait l'adjectif au nom le plus proche (cette chaise et ce bureau sont beaux - ce bureau et cette chaise sont belles) : la règle de proximité. Pourquoi pas.

Les réactions négatives portent surtout sur l'inutilité d'un tel changement. Pourtant, le langage nous influence inconsciemment, et même si la modification de cette règle de grammaire engendrerait du désordre pendant un certain temps, je pense qu'à terme elle serait utile pour une modification des mentalités.

Mais surtout, ce qui m'a interpellé c'est qu'une des filles (oui, c'est un forum de filles) disait que c'était assez normal qu'on accorde par défaut au masculin puisque c'était le genre le plus neutre. Et c'est révélateur de beaucoup de choses...

Pourquoi le livre de Simone de Beauvoir s'appelle-t'il Le deuxième sexe ? Parce que la femme est toujours "l'autre" (à ce propos, lisez au moins l'introduction du premier tome, elle y donne des exemples frappants type "vous pensez ça parce que vous êtes une femme"), le deuxième*, le différent. Et le masculin est donc le neutre.

J'en déduis que tant que nous n'aurons pas de genre neutre dans le langage, nous ne pourrons pas concevoir une société totalement égalitaire.

http://www.journaldunedilettante.fr/images/Vrac/StrongBabyGirl.jpg
* En écrivant cela, je réalise qu'en français correct nous devrions dire "second". Sinon, cela implique qu'il y a (ou peut avoir) un troisième. Le titre du livre suggérerait-t'il donc l'existence d'un troisième sexe ?

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