Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Jeudi 31 mars 2011 à 21:28

Elle est un peu fêlée. Un peu branque. Un peu blessée. Tombée sur la tête, comme le dit le titre du livre, le premier roman de Leslie Bedos. Oui, Lena a un problème.

Une vieille histoire de famille, des fantômes, des non-dits. "Maladie, mal-à-dire", pour citer Amélie Nothomb (qui n'est pas sans familiarités avec le ton de ce livre). Des fêlures qui ressurgissent, quelque chose qui a été brisé. Qu'on ne réparera jamais.
 
Du coup Lena est mauvaise, tendance inutile, tendance dangereuse. Et quand elle plante la voiture dans un mur pour la deuxième fois, alors qu'elle sait très bien conduire, elle décide d'aller voir une psy. Raconter un peu son histoire - sans se livrer pour autant.

Le livre n'est pas à proprement parler bien écrit. Il coule, se lit vite (il faut dire qu'il ne fait qu'une centaine de pages), ressemble vraiment à ce pour quoi il se fait passer : un récit "amateur", une sorte de témoignage. 

Un récit malade, parfois presque incohérent. Un voyage dans les pensées de Lena, dans ses douleurs et dans ses failles. Forcément un peu étrange. Agréable, peut-être. Un peu inquiétant. Malheureusement trop superficiel pour être vraiment touchant.


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Jeudi 31 mars 2011 à 0:18

 OK, souvenez-vous de ça : ne jamais juger un film à son affiche. Les affiches françaises de Zack Snyder sont souvent assez pourries. Le seul truc qui m'attirait, c'était ce slogan : "la réalité est une prison, votre esprit est la clef". Une phrase intrigante qui jurait un peu avec l'esthétique hardcore doll. Donc je suis allée voir Sucker Punch.

Il n'y a pas à dire, Snyder est un maître de l'esthétique. Images de synthèse, univers glauque (voire verdâtre), vintage... Très beau traitement de l'image, on est tout de suite dans l'ambiance. Surtout avec l'autre point fort du film : la musique. Beaucoup de chansons pop-rock remixées, j'ai même supporté le rap mélangé à des chansons de Queen parce que ça allait bien avec la scène, qui nécessitait de la grosse musique qui tache (même si en fait, ç'aurait été le même effet sans les passages de Queen).

La plus belle correspond à ce qui est peut-être le meilleur moment du film - c'est un peu con, c'est l'introduction. Une séquence glaçante, pétrifiante, électrisante ou ce que vous voulez, sur une sublime reprise de Sweet Dreams (je la préfère à celle de Marilyn Manson, et pourtant il y avait du niveau). C'est chanté par Emilie Browing, l'actrice principale, et ça rend vraiment bien - surtout avec le volume d'un cinéma.


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Mais au fait, je ne vous ai toujours pas dit de quoi ça parlait (je crois que le ton journalistique de ce blog est définitivement perdu) ! Donc : Babydoll (appelons-là comme ça) vient de voir mourir sa mère d'une maladie (enfin, on suppose). Comme son beau-père est un vrai parâtre (merde, je croyais avoir inventé ce mot mais il existe !), il veut récupérer l'héritage alors il tue sa soeur et l'envoie dans un hôpital psychiatrique pour la faire lobotomiser.

Les cinq jours qu'il lui restent avant qu'on lui ôte son esprit, Babydoll s'invente un monde, une maison close où elle serait enfermée avec d'autres filles (qui n'ont pas vraiment de caractère mais est-ce étonnant puisque ce sont des créations ?). Puis une autre couche de délire où elle combat (avec les autres filles) pour retrouver la liberté.


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Nous avons donc quelques séquences très jeu-vidéo, dans des univers fantastiques (dites bonjour au zombies nazi de ma part), avec de beaux combats, qui défoulent bien (sincèrement, à chaque fois que je suis de mauvaise humeur je rêve de tuer des gens au flingue et au katana), et de l'autre côté des séquences plus réalistes, plus reliées à l'histoire, dans la maison-close.

Ce que je reprocherais au film, c'est de ne pas avoir assez lié ces dimensions. Babydoll accomplit une mission dans sa deuxième couche de délire, ça a une influence sur la première couche de délire et un peu aussi sur la réalité, mais on ne sait pas comment. Je regrette qu'il ne nous l'ait pas plus montré - Snyder a-t'il présumé de l'intelligence de ses spectateurs ou ne s'est-il juste pas foulé ?

Il est également un peu passé à côté du "message" du film, de la réflexion sur, comment dire... la vie en tant qu'histoire romanesque, et le contrôle que nous avons sur notre propre existence. Quelques allusions par-ci, par-là, notamment à la fin, mais rien de transcendant. Dommage. C'était un bordel, mais un bordel magnifique.

Vendredi 25 mars 2011 à 12:40

 C'était un coup de blues. Plus envie de rien, l'ennui en permanence, le vide, les larmes parfois. Les larmes sans raison. L'envie de disparaître sous son oreiller. Plus que l'envie de mourir, celle de ne jamais avoir existé.

Un coup de blues plus long que les autres. Un été, et puis un hiver. Et avant qu'on ait réalisé, quoique ces moments aient paru infinis, trois ans. Bientôt quatre. Et en regardant ces quatre années de ma vie, je vois un champ de ruines. Un champ de ruines sans mémoire.

Les souvenirs sont flous, on dirait de la brume. Tout un printemps broyé par les substances chimiques. Quelques repères, ce blouson que j'avais acheté en janvier, guère plus finalement. Les dates se sont perdues. Les faits, les émotions sont restés comme des fantômes.

Le soleil me caresse le visage mais je suis fatiguée. J'ai cent ans.


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Jeudi 24 mars 2011 à 21:40

 Pierre Bottero est mort en novembre 2009. Pourtant, en décembre 2010, on m'a offert son nouveau livre : A comme Association, Les limites obscures de la magie.

Il s'agit en fait d'une saga qu'il avait imaginé avec Erik L'Homme (mais si, le Livre des Etoiles !) et dont il avait écrit deux tomes avant sa mort. Ils ont donc été publiés, en sa mémoire, pour ne pas gâcher cette histoire entre eux (il y a un édito assez émouvant à ce sujet).

Les premières pages m'ont rappelé, amèrement, que beaucoup de temps s'était écoulé depuis que j'étais tombée amoureuse de La quête d'Ewilan. Le style est très simple, vraiment trop enfantin pour moi. Bon, il est fluide, mais il manque gravement de subtilité.

Cela dit, l'histoire (Ombe, "presque incassable", travaille à l'Association, agence qui gère les "Anormaux" - à peu près toutes les créatures qui existent dans notre imagination) est assez agréable, et presque pas prévisible. On se laisse entraîner, une ou deux heures d'évasion.

J'ai bien envie de lire les trois autres tomes (un autre de Pierre Bottero, deux d'Erik L'Homme - qui avait un style un peu plus adulte si je me souviens bien du Livre des Etoiles). Par... attachement, en fait. Un genre de nostalgie.


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Ah, les dédicaces... Il fut une époque où un poster d'Ewilan dédicacé par Pierre Bottero était l'une des choses qui m'étaient les plus chères...

Dimanche 13 mars 2011 à 23:08

 Il fallait quand même que je vous parle de Doctor Who - parce que ça fait quelques mois maintenant que je le regarde et que j'avais promis d'écrire dessus quand j'aurais fini la saison 5, c'est-à-dire la dernière actuellement disponible. Il le faut bien, puisque je pense pouvoir classer Doctor Who comme ma série préférée du monde - même devant Kaamelott, c'est dire.

Un petit pitch, même si les saisons sont bien différentes les unes des autres : le Docteur est un personnage fantasque (quoique parfois grave), qui change régulièrement d'interprètes (Christopher Eccleston, David Tennant (mon Docteur préféré, grandiose) et Matt Smith dans la nouvelle série) à cause de sa fâcheuse manie de se régénérer quand il meurt (et il meurt relativement souvent, le con).

Le Docteur a une machine à voyager dans le temps et dans l'espace appelée le TARDIS, et ressemblant à une cabine de police (vraisemblablement à cause d'un bug, le Docteur n'est pas très soigneux avec son cher TARDIS). Il y a eu une première série Doctor Who de 1963 à 1989, et celle que je regarde date de 2005 et est encore en production.


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Attention, ce qui suit peut révéler des choses sur la saison 2 : mes saisons préférées sont celles où apparait David Tennant, donc un bon paquet. Toutefois, j'ai été très choquée par la disparition de Rose à la fin de la saison 2. J'ai été inconsolable pendant des semaines, et maintenant encore quand j'entends la version complète de Song for Ten (vous n'aviez jamais remarqué que cette chanson était une prévision de la fin de la saison ? "well I woke up today and you were on the other side...") j'ai un gros pincement au coeur.

Spoilers sur la saison 2009 : David Tennant est absolument bouleversant dans cette saison où il a tout perdu, où tout son monde et ses croyances s'effondrent. La série devient beaucoup plus triste, poignante, et si j'ai été très triste du départ de David Tennant (au profit de Matt Smith, pas mauvais mais beaucoup moins bon), il était... nécessaire, je pense. Ce Docteur là avait trop souffert.

Un conseil (presque un ordre) : regardez la série en VO. Alors je sais, ça implique de le télécharger donc c'est mal parce que ça fait baisser les audiences et donc les chances de diffusion en France (quoique de toutes façons je n'arrive pas à être à heure fixe devant ma télévision, donc je ne le regarderais jamais à la télé) mais la VF est vraiment mauvaise, elle enlève beaucoup de son sel à la série.

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