Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mardi 21 décembre 2010 à 12:22

Aujourd'hui un peu de philosophie politique, avec une notion qui m'aurait vachement plu quand j'avais huit ans. A cet âge-là je m'imaginais chaque globule rouge de mon corps comme une personne (ça c'était la faute à Il était une fois la vie) et je lisais les Thanatonautes de Werber. 

John Rawls est un philosophe américain mort en 2002. Il était libéral (au sens politique et non  économique) et avait inventé le dispositif du voile d'ignorance, qui devait permettre de choisir la meilleure société pour tous.

Imaginez. Vous êtes mort, ou peut-être n'êtes vous pas encore né ; vous devez choisir de vous incarner dans un monde, vous avez un choix quasiment infini qui vous permet de sélectionner vraiment la société que vous voulez.

Par contre, vous ne savez pas en quoi vous vous incarnerez (bon, en humain quand même, à priori) : homme, femme, riche, pauvre, noir, blanc, handicapé, idiot, génie... A vous de choisir la société qui vous paraîtra acceptable dans n'importe lequel de ces rôles.

Cela ne signifie pas qu'il faille forcément une société où tous soient absolument égaux (ce qui nivellerait par le bas et rabaisserait donc le niveau de vie de tout le monde) mais où même les plus défavorisés n'auraient pas de difficultés à vivre.


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Dimanche 19 décembre 2010 à 22:03

 Apocalypse Bébé - sérieusement, Despentes devrait se calmer avec les titres. King Kong Théorie ça passait, c'était girl power, mais là... J'ai ri, quand j'ai vu ce titre (même si ça ne vaut pas Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, de Pancol). Les critiques (j'étais étonnée de voir que Despentes était classée dans les monuments de la rentrée littéraire mais j'en était contente, quand même) n'étaient pas très bonnes, j'hésitais, Sylvain a tranché en me l'offrant pour mon anniversaire.

Le principal reproche qui était fait au livre était son côté un peu manichéen "les hommes ça pue, on est plus heureuse quand on est lesbienne" (le changement d'orientation sexuelle comme résolution de la crise de la quarantaine, en quelque sorte). A la lecture... on ne peut pas le nier. Malgré cela, j'ai bien aimé et j'ai trouvé le livre intéressant - comme s'il avait quelque chose à dire à autre chose que notre esprit, peut-être notre coeur ou nos tripes.

Lucie, détective privée looseuse, a perdu l'adolescente turbulente qu'elle devait surveillée et est sommée de la retrouver ; pour l'aider elle engage La Hyène, créature inquiétante, lesbienne mais sûre d'elle. Ni vraiment cliché ni vraiment innovante, l'histoire poursuit son cours et Valentine l'adolescente, jusqu'à Barcelone.


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Je ne vais pas tout vous raconter mais la fin est assez surprenante, et avant le dénouement on ressent bien l'appréhension et l'impuissance des personnages principaux. Mais ce que j'ai vraiment aimé, ce qui différencie ce livre d'un conte tout simple et un peu moralisateur, c'est le mode sur lequel il est écrit : une bonne partie de la narration est faite à la première personne par Lucie mais de nombreux passages donnent la parole à d'autres personnages.

Cela donne au livre la force de la pluralité, de l'absence de jugement. On rentre dans leurs esprits et dans leurs coeurs ; ce n'est pas un manifeste, ce n'est pas une condamnation. C'est un... cri ? De détresse ou de rage. Avec cette sensation propre à tous les livres de Virginie Despentes, même si son style n'est pas extraordinaire : un déchirement.

Mardi 14 décembre 2010 à 13:13


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Bilan rapide de l'année (parce que j'aime les bilans) : j'ai bossé six mois en centre aéré, j'ai fini mon BAFA, je me suis séparée quelques fois de mon copain, j'ai recommencé la fac, je me suis fiancée.

Finalement, ça tient en quelques lignes.

En plus détaillé : j'ai fait des dessins à la chaîne pour des gamines de sept ans, j'ai fait quelques fêtes sympas, je me suis acheté des corsets, j'ai lu des livres de Platon, j'ai regardé Doctor Who (et des tas de films) avec Sylvain, j'ai fait plein de restos, j'ai fait plein de conventions de jeu de rôle, j'ai pas fait plein de marathons ou de séances de sport (ah si, j'ai fait plein de karaté et je me suis pété deux dents à la première séance de combat médiéval).

Joyeux anniversaire moi-même ! (Oui, j'étais schizophrène mais nous allons mieux.)


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Dimanche 12 décembre 2010 à 20:15

 Je n'y aurai pas pensé. Que Lennon, le pacifiste, l'homme qui a écrit Imagine, ait été un jour un petit con nerveux. Un adolescent bagarreur, un cancre qui ne va nulle part. Oui, peut-être qu'à l'époque on pouvait n'aller nulle part mais que nulle part soit le plus bel endroit du monde.

Un joli film, Nowhere Boy. Une ambiance si 50's, plus influencée par Elvis Presley que par les Beatles (le film s'arrête à peu près au moment de la création du groupe). La musique est en conséquence.

Un fils abandonné. Une mère folle et jolie dans ses robes qui tournent. Des femmes qui portent du rouge à lèvre. Des filles blondes en uniforme. Un gringalet qui s'appelle Paul. Du sang, des larmes, de la haine. De la guitare.

De ce que j'ai vu de la réelle biographie de Lennon le film est assez fidèle, et pourtant dramatique et prenant - préparez vos mouchoirs. Il y a tout à la fois ce chagrin devant une histoire triste, et cette euphorie de voir que ceux qui ne vont nulle part gagnent souvent à la fin.

Tellement heureux, et tellement triste. C'est l'histoire d'une vie, non ? Je ne sais pas trop que dire sur Nowhere Boy, son titre parle pour lui. Et il est cool, allez le voir.


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