Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mercredi 27 octobre 2010 à 18:33

Topiques personnelles. Il y a au fond de moi un petit animal blessé, tremblant, pleurant, recroquevillé. Les psychanalystes anglais parlent en terme de "noyaux" dans la construction du moi (un noyau autistique, un noyau psychotique et enfin un noyau névrotique) ; parfois, l'autisme ou la psychose font des percées dans les couches supérieures (sans aller jusqu'à la pathologie). D'ailleurs, en faisant une recherche rapide je suis tombée sur un article expliquant le lien entre la boulimie et l'autisme. 

I are. Il y a ce petit animal blessé, élément déséquilibrant, source du trou noir dans ma poitrine (et je ne parle pas d'une absence de seins). Il y a aussi, le plus proche de lui, un petit garçon sauvage. C'est souvent lui que vous rencontrerez quand l'animal blessé hurlera tout en se cachant. Et ensuite plusieurs autres personnes, dont des femmes sans doute, une femme fatale, une jeune fille en fleurs et un adolescent blasé. Cette infinité de personnalités que je ne connais pas bien. Je n'ai accès qu'aux zones les plus profondes, les plus uniques.

Ecole. J'ai supporté la solitude, le rejet et l'ennui. J'ai supporté les moqueries, les insultes et même les coups parfois. J'ai supporté les règlements absurdes, enlève ton chapeau, ne dessine pas en cours. Mais je n'ai pas supporté la chute de mes illusions. (Je pense à quelqu'un en particulier et si elle pouvait mourir dans un attentat - il parait qu'il va y en avoir en France bientôt - je serais presque gaie.) (Il faut que je vous avoue quelque chose : j'ai aimé l'école, autrefois. Cela me semble si loin que ce pourrait être dans une autre vie.)


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Dimanche 24 octobre 2010 à 23:28

Dans le monde des séries de geek (celles qui passent sur Nolife et qu'on regarde en streaming parce qu'on est pas des riches avec des tas de chaînes de télé), amateures mais néanmoins bien foutues, je vous présente la Flander's Company !

Pour mener à bien les luttes incessantes qui leur attirent des hordes de fans, nos amis les héros (Henri Potier, Captain Amerloque...) ont besoin d'ennemis à leur mesure ! Et la Flander's Company, spécialiste en super vilains, est leader sur le marché pour leur en fournir.

La première saison est fortement axée sur les entretiens d'embauche de ces "supers" avec Hippolyte, le DRH cynique (voire sadique, un jour vous comprendrez pourquoi) qui se dit qu'il a "vraiment trop dû être un connard dans ses vies antérieurs pour avoir à subir ça".

Hippolyte reste pour moi le meilleur acteur de la série (avec le père de Cindy, qui apparait bien plus tard), même si ça ne se voit pas trop aux premiers épisodes. Il progresse très vite, et ses expressions sont terribles. Les autres sont plus médiocres (on sent les amateurs, mais ils s'améliorent au fur et à mesure) et le patron n'est vraiment pas crédible (la faute à un personnage trop ambivalent, entre l'autorité et la déconnade ?).


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Caleb, le Dr. Parker, Hippolyte, le patron et Cindy

Dans les saisons deux et trois (on attend encore la quatrième) une intrigue se met en place et la succession de sketches se transforme en histoire suivie qui garde la saveur du début. 

Les effets spéciaux sont, euh... minables ? En fait je trouve qu'ils rajoutent de la saveur, un côté kitschouille, un peu "comics", mais n'attendez rien de réaliste (mais je crois que je préfère le sang mal fait, petite nature que je suis). Par contre, les combats sont bien orchestrés et bien spectaculaires comme il faut.

Malgré les gros défauts, notamment du manque de moyens, la série est assez bien construite pour que j'ai regardé tous les épisodes en deux jours et que j'ai très envie de voir ceux qui sortiront, euh... je ne sais pas quand. C'est l'essentiel, non ? Allez, filez voir, c'est gratuit !

Lundi 18 octobre 2010 à 23:03

Avouons le en préambule : quand j'ai reçu un mail de ma prof de philo de Terminale m'annonçant qu'elle venait de publier son premier livre, j'étais fière. Méga-fière, sans trop de raison, peut-être des souvenirs qui remontaient, un voyage à Paris, un manteau de lutin orange et violet et "vous vous rappellerez juste vaguement de cette prof, mais si, comment elle s'appelait déjà, celle avec un grand nez ?".

Moi je m'en rappelle (bon, d'accord, ça fait moins de deux ans) : elle s'appelait Gabrielle Colace-Scarabino (un drôle de nom qui lui allait bien) et elle publie Pourquoi roue de bicyclette est une oeuvre d'art, un ouvrage de "vulgarisation" de l'oeuvre de Marcel Duchamp.

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Donc ça, c'est la roue de bicyclette.

Donc en gros (je résume mais il faut le lire, hein, j'ai pas fait d'études d'art et le bouquin fait son paquet de pages - qui se lisent très bien sans rien y connaître, je vous rassure, même si une fois la curiosité piquée on fera des recherches pour découvrir les oeuvres évoquées), les ready made de Duchamp ont pour objectif d'abolir ou du moins de questionner le rapport entre l'art et la vie.

Mais il s'agit aussi et surtout d'en finir avec le "rétinien", cet art qui vise uniquement ou en partie au plaisir esthétique, et de placer l'art dans une optique (oui, je fais des jeux de mots, mais l'auteur aussi d'abord) plus mentale, verbale surtout (titres jeux de mots, oeuvres constituant des rébus...).

Même s'il me reste quelques questions en tête (notamment en quoi Botticelli et consorts faisaient de l'art selon les critères évoqués ici), j'ai enfin compris ce que j'avais échoué à ressentir en trois ans d'Histoire des Arts au lycée - comme quoi, il suffisait d'expliquer... Une belle performance pour tous les néophytes curieux.

Vendredi 15 octobre 2010 à 0:04

 Malgré les critiques plutôt négatives que j'avais lu je n'envisageais pas de rater le nouveau Woody Allen, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (rien que le titre...). J'y suis donc allée sans attente, et s'il est loin d'être le meilleur des Woody Allen, le film reste bon comparé à l'ensemble de la production cinématographique (actuelle, ou pas).

Sylvain dit que c'est un film sur la bêtise humaine, mais alors insistons bien sur le "humaine". Les personnages sont un peu caricaturaux, mais c'est le jeu ; et leurs tracas quoiqu'un peu pathétiques et risibles sont après tout bien compréhensibles. Le vieux qui veut rester jeune, l'écrivain raté, la mère accro à sa voyante (euh, non, ça je ne peux pas comprendre)... 

Ces personnages forment deux couples, centré sur la fille-épouse (de l'écrivain ratée) qui a bien du mal à le supporter. Et (sans qu'il se passe grand chose, d'accord) les situations vont évoluer, les vies... muter. De manière à la fois grave et redoutablement légère, comme un déchirement qui fait sourire malgré soi.

Léger spoiler : On a également reproché à ce film de ne pas avoir de fin ; pour ma part, je trouve cela normal. "C'est la vie", l'expression ne s'est jamais aussi bien appliquée ; et quand on tisse un film sur quatre personnes, de deux générations différentes, cette vie n'a pas vraiment de fin. Conclure vraiment le film aurait été artificiel.

Petit bonus : Woody Allen a vraiment bon goût pour les femmes, et Freida Pinto est la créature la plus parfaite que j'ai jamais vue. Bon, les mecs sont pas terribles, comme d'habitude, quoique certaines trouveront Antonio Banderas séduisant. Dans l'ensemble les acteurs sont parfaits, et la mère est juste époustouflante. On a l'impression qu'elle est comme ça en vraie : timbrée.


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Lundi 11 octobre 2010 à 23:48

Après avoir découvert de nouvelles appréhensions de la vie grâce à Tetris / Naturalchimie et Kavern, il ne vous manquait plus que la philosophie de Dolphin Olympics 2. (J'aurais dû travailler dans la publicité, créer des besoins, tout ça.)

Contrairement aux deux autres, c'est un jeu flash qui ne nécessite aucune inscription. Pas besoin d'y consacrer du temps chaque jour, vous pouvez essayer une fois et ne plus jamais revenir ; nous sommes donc clairement dans une idée de carpe diem.

Pourtant, une partie de Dolphin Olympics, c'est comme la construction de toute une vie. Mais peut-être faut-il d'abord expliquer ce qui se cache sous ce drôle de nom : vous êtes un dauphin, et vous devez exécuter des figures qui vous feront gagner des points en sautant au dessus de la surface de la mer.

Mais si vous pouvez vous contenter de faire des figures simplettes (je saute hors de l'eau je fais un demi-tour, un tour à l'horizontale en même temps - vous me suivez ? - voire même je surfe un peu sur l'eau parce que c'est la classe), vous pouvez avoir l'ambition de vous élever au dessus du commun des mortels (les dauphins sont toujours mortels, que je sache ?).

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S'élever
: littéralement. Sauter de plus en plus haut, dans le soleil ou les étoiles (ça change selon l'heure de la journée, magique), voire même jusqu'au feu d'artifice, puis jusqu'à la lune (décrocher la lune ?)... et toutes les autres planètes du système solaire.

Dans cet objectif, comme dans la vie, vous aurez des alliés et des ennemis, en l'occurrence des alliés qui vous entravent. Vous voyez ces cerceaux ? Ils peuvent vous rapporter des points et vous propulser loin, mais si vous les prenez mal ils peuvent aussi ralentir fatalement votre course. Sérieux : on ne dirait pas que je parle de la famille ?

Pour ceux qui sont encore plus open-wave-minded, on a le monde "free swim" (oui, en plus on est anglophones, on a la classe) : pas de point, pas de compétition, jouons les gros hippies et courons tous nus dans les champs.

Bonus : quoique Schopenhauer affirme que "le monde n'est pas un panorama" (qu'est-ce qu'il en sait, d'abord ?), le jeu est quand même très beau.

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