Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Samedi 27 mars 2010 à 23:57

Une production Disney. Un CD promotionnel comprenant Tokio Hotel. Un thème dangereux car riche, intéressant et un peu trop à la mode chez les ados rebelles. Bref, j'avais peur d'aller voir Alice au Pays des Merveilles par l'excellentissime - et donc potentiellement décevant - Tim Burton.

Au final, j'y suis allée sans trop d'attentes, et j'ai bien fait. Si on ne s'attend pas à un chef-d'oeuvre, le film est sympathique. C'est de l'étrange gentillet. Un peu psychédélique. Pas dérangeant. Du Tim Burton grand public. On aurait faire quelque chose de bien plus intéressant avec l'univers de Lewis Carroll mais je me doutais que ce ne serait pas le cas. Pas pour un gros film en 3D comme celui-ci.

La 3D, puisqu'on en parle. Mal maîtrisée, parfois. Mais le film est assez intéressant esthétiquement, je dirais même "picturalement". Certains effets de colorisation donnent l'impression qu'on a filmé avec moins de lumière qu'il n'en aurait fallu, ce qui donne des "couches" de couleurs à certains endroits (au lieu de couleurs uniformes, bien dégradées). Petit aspect impressionniste. Etonnant.

En ce qui concerne le scénario, on appréciera que ce ne soit pas un simple remâchage de l'histoire originale. Alice a 19 ans, elle est de retour au Pays des Merveilles mais elle a oublié son précédent passage. Plutôt chouette, mais un peu trop axé sur "la gentillesse triomphe de l'oppression" (pour ceux qui ont vu le film, rappelez-vous de la scène avec l'espèce de monstre qui garde l'épée).

Reine rouge contre reine blanche, je l'ai un instant trouvé manichéen. Mais la reine blanche, pacifique, qui refuse de faire du mal à un être vivant, n'hésite pas à déléguer cette tâche à quelqu'un d'autre. Et fait des potions à base de doigts maladroits et de crottes de nez - le seul moment où le personnage cesse d'être très agaçant.

Un film pas mal, en somme, si on ne craint pas de voir le grand Burton s'abaisser à faire du grand public. Mais enfuyez-vous avant le générique, la voix d'Avril Lavigne est vraiment perçante.

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Mercredi 10 mars 2010 à 22:54

Je me devais de dire quelques mots sur le FIJC (Festival International du Jeu de Cannes) auquel j'étais ce week-end, spécialement bien sûr pour le tournoi de jeu de rôle.

C'était ma première convention, et c'est sans doute pour ça que j'ai été moins déçue que les autres (C'fait longtemps qu'je me fais pu d'fausses joies
J'sais qu'ça r'vire en vraies déceptions
, comme diraient les Cowboys Fringants) par l'organisation un peu bidon et les scénarios "pourris" (là-dessus, ma grande mansuétude me ferait dire que ça dépend des goûts, il y en a bien qui l'ont aimé, ce putain de scénar' de Warhammer, et pourtant c'est vrai que c'était de la merde). J'ai été un peu attristée par la déception des autres, c'est tout.

A part ça, j'ai quand même passé deux bonnes parties (Praetoria Prima et Khaos 1795, pour les connaisseurs) et une pas trop mal (Qin, mais j'ai beaucoup de regrets de ne pas avoir été à l'autre table qui faisait ce jeu car la MJ était bien meilleure et le scénario aussi). J'ai pu rencontrer d'autres joueurs, même si beaucoup appartenaient à Onyria, l'association dont je squattais stand et tee-shirt et dont font partie la plupart des rôlistes du vendredi soir.

A part ça une fille de l'asso m'a offert un collier de dés doré, j'ai joué à plein de jeux de société pendant que Sylvain faisait ses cachotteries de maître du jeu, j'ai appris le véritable sens de "ronflement" et j'ai pu admirer les magnifiques marches arrières du conducteur qui nous a amené jusqu'à Cannes (grillage de feu rouge, puis marche arrière pour attendre les autres = percutage de la voiture qui avait avancé jusqu'au feu).

Même si c'était bien crevant et que je n'ai pas eu de lots de la mort qui tue comme certains (en même temps je m'en doutais un peu), je ne regrette pas. Il fallait bien une première fois, de toutes façons.


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(Spéciale dédicace aux gens qui pensent à prendre des photos, eux.)

Lundi 1er mars 2010 à 2:37

J'ai vu Le concert. Je dis "vu" parce que c'est un film (d'ailleurs je n'espérais plus le trouver au cinéma, car il est sorti en novembre, mais si), mais je l'ai tout autant écouté. Aujourd'hui je me suis rappelée pourquoi on disait la musique "classique". Le classique est celui qui traverse le temps, et qui le transcende. Même si Tchaikovsky (l'âme du film) ne fait pas partie de mes préférés, c'est sublime.

Dramatique et burlesque. Cette histoire d'un chef d'orchestre qu'on a démis brusquement de ses fonctions sous Brejnev et qui monte le projet fou de se faire passer pour le Bolchoï à Paris réussit à être à la fois grave et légère. C'est ce que sont les musiciens, personnages souvent loufoques mais profondément touchants, car ils sont ceux que l'on a brisé.

Là dessus, une histoire personnelle avec Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent), violoniste virtuose que le chef d'orchestre veut absolument pour la place du soliste (mais pourquoi elle ?). Ni réussie ni ratée, cette histoire se déroule avec le film et je ne saurais dire qu'elle en fait la force.

J'ai cru au début à une uchronie, car quoique l'histoire se passe en 2009 (et on s'en rend bien compte avec les portables, internet...), on a l'impression d'être toujours en URSS. Mais non, c'est la Russie. Toujours pauvre, avec ses monstrueux écarts de richesse. Ce film éclaire un "détail" souvent oublié dans l'histoire : il n'y a pas que les nazis qui déportaient les juifs, l'URSS avait sa part, et même au début des années 80.

Pour moi, ce film parle avant tout de la magie de la musique, et d'ailleurs de n'importe quelle passion. Ces musiciens, ce manager, parfois ennemis politiques, ou qui tout simplement pourraient refuser de prendre le risque de ce pari fou, acceptent pour leur passion, et s'ils réussissent c'est grâce à cette foi profonde, profane, la foi en l'Art.


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