Au final, j'y suis allée sans trop d'attentes, et j'ai bien fait. Si on ne s'attend pas à un chef-d'oeuvre, le film est sympathique. C'est de l'étrange gentillet. Un peu psychédélique. Pas dérangeant. Du Tim Burton grand public. On aurait faire quelque chose de bien plus intéressant avec l'univers de Lewis Carroll mais je me doutais que ce ne serait pas le cas. Pas pour un gros film en 3D comme celui-ci.
La 3D, puisqu'on en parle. Mal maîtrisée, parfois. Mais le film est assez intéressant esthétiquement, je dirais même "picturalement". Certains effets de colorisation donnent l'impression qu'on a filmé avec moins de lumière qu'il n'en aurait fallu, ce qui donne des "couches" de couleurs à certains endroits (au lieu de couleurs uniformes, bien dégradées). Petit aspect impressionniste. Etonnant.
En ce qui concerne le scénario, on appréciera que ce ne soit pas un simple remâchage de l'histoire originale. Alice a 19 ans, elle est de retour au Pays des Merveilles mais elle a oublié son précédent passage. Plutôt chouette, mais un peu trop axé sur "la gentillesse triomphe de l'oppression" (pour ceux qui ont vu le film, rappelez-vous de la scène avec l'espèce de monstre qui garde l'épée).
Reine rouge contre reine blanche, je l'ai un instant trouvé manichéen. Mais la reine blanche, pacifique, qui refuse de faire du mal à un être vivant, n'hésite pas à déléguer cette tâche à quelqu'un d'autre. Et fait des potions à base de doigts maladroits et de crottes de nez - le seul moment où le personnage cesse d'être très agaçant.
Un film pas mal, en somme, si on ne craint pas de voir le grand Burton s'abaisser à faire du grand public. Mais enfuyez-vous avant le générique, la voix d'Avril Lavigne est vraiment perçante.




