Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Samedi 31 octobre 2009 à 3:32

Une pensée qui me traversait l'esprit - ayant de quoi cogiter avec l'éternelle polémique sur les photos retouchées dans les magazines. On trouve sur internet une grande quantité "d'avant / après" retouche, que ce soit pour la dénoncer ou pour en faire la promotion (les retoucheurs exposent leur "book", en quelques sorte).

Et j'ai remarqué que la retouche consistait, la plupart du temps, à "lisser" l'image. Et effectivement, sur l'écrasante majorité des photos publicitaires, rien n'accroche le regard, pas la moindre aspérité. Alors que de nombreux photographes "d'art" (je mets beaucoup de guillemets car je ne maîtrise pas bien cet univers, je ne voudrais pas fausser mes propos par un vocabulaire inapproprié) travaillent justement sur cette aspérité.


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On peut alors déduire que le raisonnement en vertu duquel les photos seraient retouchées parce que nous préférons voir "la beauté" est absurde : si les artistes recherchent cette texture, cette "rugosité" (les minuscules imperfections de la peau par exemple), c'est qu'elle est intéressante et non forcément "laide". Pourquoi alors nous enveloppe-t-on d'images lisses ? Peut-être parce que si rien n'arrête notre oeil, rien ne nécessitera de faire marcher notre cerveau... Une esthétique "sans rien qui dépasse" aide sans doute à produire une société du même acabit.

Samedi 31 octobre 2009 à 0:42

Me voilà à 10% du temps qui m'était imparti pour réaliser 101 choses à faire. Quoique je l'actualise en temps réel, voyons de manière plus détaillée ce que j'ai fait (et n'ai pas fait) durant ces 100 premiers jours.

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19. Aller au hammam. Je suis en fait allée, à la fin de mes vacances d'été avec mes parents, dans un centre de "ludothermalisme" comprenant à peu près tout ce qui se fait en matière d'eau. Dont / donc le hammam (et aussi les joies des bains à 45° - "tiens, la température de ma douche !" - et à 9°).

25. Connaître 10 poèmes par coeur. Celui-là est en cours, puisque je connais déjà L'Albatros de Beaudelaire, La nuit de Claude Roy et If de Kipling (en français, et dans le désordre - donc ça compte à moitié).

26. Tenir un journal. J'avais commencé, mais je n'y ai plus touché depuis un bout de temps. Peut-être quelque chose que je ferai plus tard...

27. Parler aux gens sans me laisser impressionner. A la fac, le peu de temps que j'y suis allée, c'était en bonne voie. A parfaire.

29. J'ai trouvé sur ebay un chapeau melon pas trop cher, il y a un moment déjà. J'aime les chapeaux melons, c'est original mais plus facilement portable qu'un haut de forme et ma fascination n'a été que renforcée par la lecture de L'insoutenable légèreté de l'être. (Sabina... ceux qui l'ont lu comprendront.)

32. Prendre une photo par jour pendant un an. J'avais commencé, mais en fait non. Je crois que je vais plutôt commencer au 1er janvier, m'acheter des jetables et coller les photos sur de grands panneaux-calendriers. L'idée me plait.

34. J'ai mis quelques photos de mes vêtements sur mon dressing-room du site Madmoizelle, mais il faudra que j'en poste de meilleure qualité.

36. J'ai montré à Loïc au moins trois films cultes cet été. On pourrait citer La cité de la peur, La fureur de vivre et Lost in translation.

42. Ecrire au moins 100 pages d'un roman. J'en suis à... 18 de mon projet de longue date, Pay per live. Mais je n'écris pas en ce moment.

46. Noter mes rêves : j'en ai noté un pour l'instant, un cauchemar. D'ailleurs, je l'avais recopié sur mon blog.

49. Je m'étais inscrite sur Troczone et j'avais fait au moins une vingtaine de critiques, qu'ils viennent de me valider alors qu'elle datent de plusieurs mois (mon père y est aussi et d'habitude ça prend quelques jours). Il faudra donc que je m'y remette.

54. Faire une sculpture en argile : vive le stage théorique du BAFA ! J'avais fait un punk, avec la crête et tout. Mais on les a tous détruit à la fin.

69.
Avoir un correspondant : j'ai mon papynet ! (A qui il faut que je réponde, d'ailleurs) Et en terme de correspondance postale, j'ai aussi échangé une carte avec mademoiselle Plume. (Ne cherche pas, je t'appellerai toujours "mademoiselle".) (Au fait, si d'autres gens veulent des cartes postales ou correspondre avec moi, c'est toujours un plaisir !)

72. Convaincre Florent de faire un blog d'analyse politique. Bon, je l'avais convaincu, on l'avait créé mais il a oublié les identifiants. Il est donc convaincu, après on ne peut pas être plus royaliste que le roi...

82. Visiter trois expositions : j'en suis à une, Cézanne/Picasso à Aix. Pas du tout aimé, il faut dire que je n'aime pas particulièrement l'un ni l'autre et qu'il y avait un monde fou, avec la chaleur j'ai failli m'évanouir.

84. J'ai fait du cheval en Camargue, avec ma soeur, une balade. C'était sympa mais j'en referai bien, histoire de pouvoir trotter un peu.

85.
Garder contact avec ma prof de philo de terminale : on a échangé quelques mails, elle ne me répond plus, il faudra que je la relance.

92. Je me suis inscrite sur Myspace. Je n'y ait pas fait grand chose pour l'instant...

97. Noter chaque jour un petit bonheur. Vous êtes témoin de cette assiduité.

99.
J'ai pris de belles photos de Loïc, mais finalement je ne vais pas les imprimer et les afficher... (Il faut déjà que je décroche un dessin qu'il m'avait fait, je n'y pense jamais.)

Vendredi 30 octobre 2009 à 13:06

Et c'est déjà la fin...

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XXVI

New York à Noël est une dimension parallèle faite de lumières et de décorations étonnantes, de ravissement fabriqué. Des pères Noël grimpaient sur les immeubles, les vitrines regorgeaient de cadeaux rutilants. J’avais faim. J’avais espéré te retrouver tout de suite et mon maigre budget venait d’atteindre le zéro. J’aurai voulu demander le couvert au curé de l’église où je m’abritais, mais je craignais d’avouer que je la squattais. Je fis la manche dans Central Park et pus m’acheter un sandwich au bout d’une heure. Ce soir-là, avec la messe de Noël, l’église était remplie, je n’osai pas rentrer. Je cherchai une place où me réfugier dans Central Park, mais je n’étais pas la seule à ne pas savoir où dormir. Je finis par trouver et, morte de fatigue car le décalage horaire faisait toujours effet, je m’endormis presque immédiatement. Je fus réveillée je ne sais combien de temps plus tard par des cris. Près de moi, des gens se battaient. Non, c’était une agression. Une fille poussait des cris aigus, j’entendais un chien ; j’avais toujours eu peur des chiens. Je ne tentais même pas d’interposer mes quarante kilos et pris la fuite à toutes jambes.

XXVII

Je me retrouvais à errer dans Manhattan en pleine nuit. Par habitude, je pris le chemin de Wall Street. Personne, pas de petites fourmis. Plus de guirlandes électriques que de fenêtres allumées. C’était la fête pour tout le monde. Tous les gens qui avaient une famille. Une vie calme et non une dérive programmée. Les gens dont l’histoire, si elle avait été un livre, aurait été un joli roman et non un poème échevelé écrit sous l’effet de l’absinthe. Je tournais autour des gratte-ciels. Il neigeait. Grisée par la fatigue, je m’allongeai par terre. Je n’avais même plus froid : j’étais ailleurs. Je m’amusai à faire l’ange, je me recouvris de flocons fraîchement tombée, ravie que la neige fût si blanche et si pure pour moi toute seule. Je regardai les étoiles, mais on ne les voyait que peu à cause des illuminations ; alors je regardai les illuminations en me figurant que c’étaient des étoiles. J’avais l’impression que mon corps était une statue de glace : je ne sentais plus rien. Je me dis que ce n’était pas très naturel, mais que c’était très bien. Qu’aurais-je pu faire ? Continuer mon petit manège sans jamais te retrouver ? Rentrer en France à la date convenue et oublier tout cela ? C’étaient des perspectives trop laides, je ne l’aurais pas supporté. Mieux valait mourir là, dans la neige et la lumière. C’était beau. C’était l’essentiel. J’étais tout près de toi et j’avais une belle mort. Beaucoup ne pouvaient pas en dire autant. Après avoir longtemps regardé les flocons qui tombaient, les yeux fixement ouverts, je m’endormis par terre avec dans l’idée cette fin légendaire.

XXVIII

Je me réveillai et je n’étais pas morte. Etonnant. Je ne sentais plus aucun de mes membres et dus déployer une énergie considérable pour arriver à bouger les doigts. Je me levai doucement et me frottai vigoureusement le visage. Tiens, j’avais encore un nez. Il faisait toujours nuit, je n’aurai su dire l’heure qu’il était. J’avais envie d’un chocolat chaud ; à la place, je mangeai un peu de neige. Ça brûlait, mais ça ne réchauffait pas. Je marchais un peu pour me dégourdir les jambes, je manquais tomber. Une terrible tristesse m’envahit : je n’étais pas morte, et je ne savais toujours pas où aller. Moi qui n’avais jamais cru au destin je me pris à penser que c’était un de ses signes : je devais rentrer chez moi. Abdiquer. Tout en moi criait « jamais », mais je n’étais pas morte. Si j’avais dû être une légende, mon histoire n’aurait-elle pas pris fin cette nuit ?

XXIX

J’hésitais entre prendre le chemin de l’aéroport et celui d’un pont duquel je me serais jetée. J’avais de toute façon perdu tout sens de l’orientation, et ma sieste dans la neige était loin de m’avoir reposée. J’aperçu une silhouette qui sortait d’un building ; je me pelotonnais dans mon écharpe et m’approchai d’elle. Je sentais en moi un ogre avide d’humanité, qui avait un profond besoin de parler à quelqu’un ; je demandai à l’homme le chemin de l’aéroport, dans un très mauvais anglais.

« Oh, vous êtes française ? » me demanda-t-il en français

« Oui » répondis-je un peu honteuse d’être démasquée si vite « vous aussi ?

- Oui. »

En entendant cette voix je redressai la tête ; j’étais prête à croire que tu étais devant moi et à te sauter dans les bras. Mais en regardant le visage de l’homme, ses yeux pétillants malgré la fatigue n’étaient pas les tiens. Je lui fis un pauvre sourire tandis que la déception me terrassait et qu’il m’indiquait le plus gentiment du monde comment aller à l’aéroport. Je le remerciai et m’éloignais dans la neige en pleurant doucement.

XXX

Après avoir longtemps marché, pris le bus sans ticket et regardé une dernière fois le paysage, je suis rentrée dans l’aéroport pour ne plus en sortir. Mon avion partait le 27, je ne sais pas pourquoi j’avais choisi ce jour-là alors que je ne comptais pas le prendre, sans doute parce que ce chiffre m’avait toujours paru un peu mystique. Je demandais de l’argent à un peu tout le monde avec un air de chien battu des plus convaincants ; de toute façon, mon corps s’était accoutumé au manque et je n’avais plus très faim. La résignation m’apparaissant comme un ersatz de mort, je me considérais comme à moitié vivante. Chaque voix masculine, chaque mot de français que j’entendais était un espoir immédiatement déçu, forcément douloureux ; quand je pris enfin mon avion, je m’éloignai de New York avec la gorge si serrée que je croyais mourir.

XXXI

Je me traîne. Je rentre chez moi. Un pied devant l’autre, à tout petits pas. Avec tout le désintérêt du monde. Après cette petite aventure new-yorkaise, je me vois mal reprendre une vie normale. Je marche le plus lentement possible pour retarder le moment où je devrai retrouver la réalité. Je finis quand même par arriver, je n’habite pas si loin de l’aéroport ; le code n’a pas changé même si j’ai l’impression d’être partie il y a environ un millénaire. Je monte les escaliers avec ma grosse valise ; dernier étage enfin, mon petit palier sous les toits. J’ouvre, rien n’a changé. Une petite odeur de renfermé, peut-être. Une normalité presque irréelle, le calme revenu après la tempête me bouleverse. Du courrier glissé sous la porte, sûrement seulement des factures. Mais il y en a une qui ne ressemble pas à une lettre administrative ; je la prends et je l’ouvre. Je réprime l’espoir qui gonfle dans mon cœur et qui sera toujours déçu. Je l’ouvre.

« Ingrid, mon ange.

Je n’en peux plus d’être sans toi. Il y a trop de tours ici. Trop de chiffres. Trop de grandes personnes. Je m’en vais, et je te reviens. Si tu veux encore de moi. Je l’espère et je t’attends. Tu n’as jamais quitté mon cœur. »

Et puis il y avait son adresse. J’ai posé la lettre. Dans mon paysage intérieur désolé, désespéré, où me semblait-il l’herbe ne repousserait jamais, la joie a éclaté. Ça faisait longtemps…

Jeudi 29 octobre 2009 à 23:29

Féminisme. Le mot qui fait peur, parce que certains le prennent pour un synonyme de "lesbienne haÏssant les hommes" (allez, un petit cliché pour la route !). Il me fait un peu peur aussi, parce qu'il y a tant à en dire et qu'on en a déjà tant dit.

Je viens de découvrir Les Entrailles de Mademoiselle, site éminemment intéressent. Mais les féministes radicales m'intriguent parfois : je me considère comme féministe (et je ne me cache pas derrière l'étiquette "d'anti-sexiste", car ce serait ingrat envers tous les combats féministes) mais j'envisage de me marier un jour, par exemple, alors que certaines demoiselles féministes semblent considérer le mariage comme la pire institution patriarcale qui soit. Mais pourquoi serait-ce forcément le cas ? Je suis peut-être trop naïve, car j'ai un entourage masculin parfait, mais pourquoi un mariage avec un homme qui - Ecureuil était particulièrement queer sur ce point, quoiqu'il ne l'ait jamais su - considère vraiment sa compagne comme son égale - et qui par conséquent en fait autant qu'elle dans la maison, pour donner un exemple trivial - serait-il oppressant ?

Après, j'avoue être assez peu claire avec moi-même - j'aimerais pourtant l'être - sur certaines questions féministes, partagée entre la théorie et la pratique. Ainsi, j'aimerais pouvoir m'indigner sur toutes les normes qui façonnent mentalement le corps des femmes, sur leur obligation d'être belle et mince (vous savez, ces deux mots inséparables), sans cette arrière-pensée qui m'accuse de mauvaise foi, puisque je suis moi-même touchée par ces normes - je vous rassure, je n'en suis pas encore à me coiffer ni à mettre du fond de teint...


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Non, à la base si je voulais parler de féminisme c'est à cause d'un délicieux article (c'est bien ami lecteur, tu as compris qu'il fallait cliquer sur les mots en gras) du Monde diplomatique (non, ça ne marche pas tout le temps) à propos d'un dossier sur Simone de Beauvoir paru dans Le Nouvel Observateur qui appuyait avec insistance sur son charme, ses relations amoureuse, son talent d'épistolière (avec ses amants successifs), pour mieux effacer ses idées. Excusez-moi, mais d'habitude on retient les oeuvres des écrivains, moins leur vie personnelle. Mais le "people" est partout... Je ne peux toutefois pas m'empêcher de penser que le fait que ce soit une femme y soit pour quelque chose. Il y a quelques années, il était présenté sur un site un débat filmé et certains ne trouvaient rien de mieux à dire en commentaire que "la présentatrice est charmante". Ce qu'on ne dirait pas pour un homme - et non, le progrès ne consistera pas à étendre la pression de l'apparence physique sur les hommes, mais à en libérer les femmes.

Enfin, vous aurez compris qu'à mon sens le féminisme est loin d'être un "combat dépassé", et il devrait réapparaître prochainement dans ces pages... Sujet à suivre, à bientôt amis lecteurs ! (Oui, je me prends pour un journal des années 50.)

Mercredi 28 octobre 2009 à 19:12

Personne n'a fait attention à mon teasing, mais ce n'est pas grave... Voici les photos de moi prises avec Héloïse aujourd'hui ! Enfin, quelques unes sur presque 300, et il y en a quelques autres sur mon DeviantArt. Pour une fois que c'est moi le modèle... mais j'ai bien aimé, et ayant l'habitude de tournicoter autour des gens pour prendre des plans bizarres, je n'ai pas été trop étonnée de voir ma photographe faire pareil.


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(Oui, mes cheveux ont plus l'air roux que rouges, là, mais c'est la lumière. En tous cas, ça me plait.)

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