Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Vendredi 21 août 2009 à 12:44

Aujourd'hui j'ai revu mon psychiatre, que je ne voulais plus voir depuis qu'il m'a fait hospitaliser l'année dernière - à la place, je voyais une psychologue du même centre. Mais là, j'ai dû prendre rendez-vous avec lui pour me faire prescrire des médicaments.

Ecureuil est un peu inquiet à l'idée que je reprenne des antidépresseurs, mais c'est un traitement assez léger et... j'en ai besoin. J'ai des périodes de léthargie en ce moment, et ce n'est pas seulement la chaleur, c'est "envie de rien" et ça me pèse beaucoup - d'autant que je fais chier tout le monde.

Je les commencerai en revenant de mon BAFA (je pars dimanche, je vous abandonne une semaine ! et ensuite je partirai encore une petite semaine avec mes parents), il ne faudrait pas que j'aie des nausées comme avec le Stablon pendant le stage...  On verra bien ce que ça donne, j'espère que ça marchera ! (J'avais essayé deux AD l'année dernière mais ça n'avait pas très bien marché, trop d'effets secondaires.)

Et à la rentrée, je retrouverai un psy sur Aix. Je suis une grosse droguée dépressive, mais je me soigne :)


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Edit : Ceci est mon 69ème article...

Jeudi 20 août 2009 à 23:42

Mon père vient de découvrir un site qui s'appelle www.mon-nom-de-famille.com (non, n'essayez pas de cliquer, l'adresse que j'ai mise n'existe pas) et qui est spécialement destiné aux gens qui portent le même nom de famille que moi. Le but est de les recenser et de faire de la généalogie. Si ça se trouve, je n'ai aucun lien familial ne serait ce que le plus ténu avec la plupart de ces gens.

Le pire, c'est que ça a l'air de passionner mon père.


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(J'ai une tête de ravi du village, sur cette photo. Non, je ne savais pas comment illustrer cet article si intéressant sur mon nom de famille autrement qu'avec une photo de moi.)

Jeudi 20 août 2009 à 15:51

Je me faisais une réflexion, hier, en repensant à L'élégance du hérisson. Paloma, l'une des deux héroïnes, est une surdouée de douze ans. L'enfant surdoué est un type intéressant pour la littérature : il permet d'avoir à la fois la lucidité de l'adulte et la capacité d'émerveillement de l'enfant. Le point de vue idéal, en somme, pas encore brouillé par le cynisme de l'adulte mais doté de capacités de réflexions dont un enfant "normal" est dépourvu.

C'est un narrateur idéal pour faire passer des idées, mais c'est aussi assez fréquent dans les romans pour adolescents - notamment ceux de fantasy que je lisais il y a quelques années. Ainsi, dans La Quête d'Ewilan de Pierre Bottero (mon livre culte pendant longtemps) l'héroïne est surdouée. En plus de lui accorder une particularité un peu exceptionnelle, cela permet d'avoir un personnage de l'âge du lecteur tout en lui prêtant des réflexions adultes.

La réalité est sans doute bien moins extraordinaire. On parle parfois de jeunes prodiges des échecs ou du calcul, ou des petits précoces qui passent leur bac à treize ans. Mais la grande majorité des surdoués n'est pas "géniale". Ils comprennent vite, certes, et mieux. Mais Paloma n'existe pas : elle n'est que le fantasme d'un adulte dans un corps d'enfant.


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Mercredi 19 août 2009 à 15:59

Je me suis découvert depuis quelques jours une passion pour Polyvore, un site de... collages ? A la base, c'est pour faire des assemblages de vêtements, mais il y a aussi plein de photos et d'images diverses et on peut faire des sets "Art & Expression". Moi, je fais les deux.

Certes, c'est une passion sans doute très passagère - le genre qui marche par périodes. Certes, c'est futile et cela me prend un temps précieux que je pourrais employer à lire ou à écrire. Mais on va dire que je soigne mon incapacité esthétique.

Au début, je faisais des sets pas terribles par rapport aux choses magnifiques que font certaines (ou certains ? je pense qu'il y a une écrasante majorité de filles). Mais je commence à créer des images qui me plaisent. Est-ce que je maîtrise mieux l'outil ou est-ce que je suis plus indulgente avec moi-même ? En tous cas, il y a progrès.

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Mercredi 19 août 2009 à 2:38

Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. Où ? Tout commence par un manque d'amour.
[Mo-Tzu]


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XIV

Retour à la vie normale, j’y crois pas. Le ciel est gris, plus de lumière, tout est laid dans ma ville. Je n’ai pas le courage de pousser à nouveau les portes de ma classe, je n’ai pas la moindre envie de retrouver cette vie, c’était avant. Dans la case avenir, un grand vide : ça va, j’ai l’habitude. Plus envie d’alcool non plus, mon démon fait une trêve, j’ai vomi ma bile trop souvent. Je suis en face d’une page qui s’appelle mon existence : quand tu es parti, je l’ai gribouillée, j’ai fait des taches, j’aurais voulu la déchirer mais je n’ai pas réussi. L’hôpital a gommé tout ça : elle est blanche à présent, et je me sens comme un écrivain que l’inspiration ne vient pas visiter. J’ai réussi l’impossible : j’ai cessé de vouloir ; et je sais enfin ce que ça fait : je suis légère, transparente, calme ; je ne suis pas. Comme gommée, moi aussi.

XV

Reconstruire une vie. Je ne peux même pas ramasser les morceaux, je ne les vois pas. Quelqu’un a dû les jeter. Je suis devant un puzzle sans pièces. Il faut les reconstruire une à une, mais je n’ai même pas la première pour savoir comment les emboîter. Peut-être que cela s’appelle la liberté. Mais tu te rappelle quand on avait sauté du pont tous les deux ? J’ai toujours eu peur du vide. On a toujours revendiqué la liberté, on parlait de ne pas s’étouffer, tout ça. Sans savoir qu’être vraiment libres, c’était ce désert à perte de vue. La partie raisonnable de mon cerveau essayait de reprendre une existence normale, avec le concours d’Alice qui après s’être dévorée d’inquiétude pendant mon séjour à l’hôpital avait repris son occupation de nounou pour désespérée. Elle m’encourageait à m’inscrire en fac, à trouver un boulot pour payer mon loyer, à sortir – en faisant scrupuleusement attention à ne pas m’emmener dans des endroits où je pourrais boire de l’alcool. Mais la partie déraisonnable, sans doute mon hémisphère droit, t’aimait encore à en mourir, et détruisait patiemment tous mes efforts grâce à ce constat qui me brûlait : « il ne sera plus jamais là ». Je jure que si j’avais pu désapprendre ma langue maternelle, j’aurais oublié le sens du mot « jamais ».

XVI

Je te le jure : j’ai essayé. J’ai trouvé un petit job dans un supermarché, c’était nul et mal payé mais je pouvais dire que je faisais quelque chose. J’ai essayé d’être aimable, de sourire tout le temps, de ne pas avoir les yeux rouges ; mais je finissais toujours par m’énerver contre une vieille dame, par faire la gueule ou par me mettre à pleurer : autant dire que je ne fis pas long feu. Ce fut mon seul accès de bonne volonté, et je restais plutôt cloîtrée chez moi, dans mon lit, enroulée dans la couette. L’hiver était venu d’un coup et j’avais froid. Plus de visites d’Alice, en plein bouclage de trimestre. Elle avait dû finir par se lasser de ma maladie et trouver plus intéressant ailleurs : je la comprenais. Ma meilleure amie était désormais la bouillotte que j’avais fabriquée avec un vieux sac isotherme, car jusqu’ici je n’avais jamais eu besoin de bouillotte : je t’avais. Je ne me levais que pour la remplir, et pour me préparer des soupes fumantes et des chocolats chauds. Il n’y avait que les liquides brûlants qui me réchauffaient un peu - car j’étais gelée du dedans, mais le réconfort qu’ils m’apportaient était bref : ils ne passaient pas assez près du cœur. Avec un tel morceau de viande surgelée dans l’intérieur, ce n’était pas étonnant que je souffre du froid.

XVII

Le premier jour de l’hiver, ma ville était recouverte d’une neige grise et laide. De mon lit, je regardais par la fenêtre en écoutant des chansons tristes. Je me suis sentie étouffer, physiquement, et un élan est né en moi : je ne pouvais plus rester là à mourir de jour en jour, je ne pourrai pas vivre sans toi. Je partais. Cette résolution a appelé dans mon cœur un espoir, comme un hymne. Fébrilement, j’ai jeté deux jeans et trois chemises dans mon sac de voyage, j’ai enfilé un deuxième pull, un feutre et mis un grand manteau, et je suis partie vers l’aéroport. La grisaille, comme je la quittais, ne me paraissait plus aussi laide. J’avais la conscience aigüe de faire la plus grosse bêtise de mon existence, et pas la moindre envie de faire marche arrière. J’ai laissé ma vie en bordel dans mon petit studio, j’ai laissé tout le monde sans prévenir, la neige me fouettait le visage et je ruminais cette pensée, inquiétante et magnifique, comme une promesse d’avenir : « après toi, le déluge ».

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