Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mardi 30 juin 2009 à 23:46

Aujourd'hui, j'ai fait les soldes et, pour la première fois de ma vie, j'ai payé en carte bleue. Je me suis sentie incroyablement adulte.


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Mardi 30 juin 2009 à 23:18

En ce moment, c'est-à-dire du 27 juin au 3 juillet, c'est la Fête du Cinéma. Il parait qu'on peut avoir des places à 3€ après avoir acheté une première place (je compte bien m'en servir, demain soir je vais voir Les étreintes brisées avec Ecureuil) mais le mieux c'est que ces premières places, Héloïse les avait obtenues gratuitement par je ne sais quel moyen et qu'elle m'en a fait profiter vu qu'elles se périmaient aujourd'hui.

Nous ne savions pas quoi aller voir et après avoir raté l'avant-première du Hérisson (de toutes façons je vais bientôt me faire enlever les amygdales et passer 3 jours à l'hôpital où je compte lire L'élégance du hérisson, donc ce n'est pas plus mal que je ne voie pas encore le film) nous nous sommes décidées sans grand entrain pour Tellement proches. (Sans grand entrain car nous craignions la comédie facile et déjà vue.)

A la base, c'est l'histoire d'une famille, plus précisément d'un frère et deux soeurs qui sont exagérément proches (ça m'a fait penser à ma famille paternelle, qui mangent ensemble tous les vendredis soirs, passent leurs vacances ensembles, font tout ensemble...). Encore une fois, la saveur de ce film hystérique tient à ses personnages : un couple de bobos parfaits dont la fille parle 3 langues et joue de 10 instruments, un beau-frère bordélique et looser au possible, un médecin noir que tout le monde prend pour un aide-soignant...

Le tout va dégénérer dans des situations hallucinantes : la mère parfaite, ayant inscrit sa fille dans une école juive, va verser dans l'intégrisme (alors qu'elle n'est pas juive au départ) ; le médecin se fait larguer par la plus jeune soeur sur l'autoroute après une dispute ; le père parfait, avocat, va se mettre lui-même au recel...

Ce n'est pas un grand film, mais c'est vraiment drôle et pas si bête... Il y a quelques belles musiques (j'ai re-découvert Say It Ain't So, Joe, je la met dans la playlist) et on verserait presque une larme (non en fait - même moi qui pleure facilement je n'ai pas versé de larme) dans les moments "émotion". C'est très caricatural, bien sûr, mais en fait... pas tant que ça. Parce que les familles, c'est toujours plein d'histoires bizarres.

La fin - je n'en parle pas, mais ceux qui auront vu le film comprendront - est un peu gentillette mais sauvée par le générique qui est vraiment... juste. Ce qui manque souvent, dans les comédies.


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Lundi 29 juin 2009 à 11:38

A 14h j'irai au lycée rendre mes livres. Leur excellent état, poussière hormise, témoigne de leur non-utilisation (sauf ceux d'histoire-géo parce que c'était toujours moi qui les amenait). J'ai eu un petit pincement au coeur en prenant l'énorme pavé d'Histoire des Arts, sans doute très intéressant, que je n'avais pas ouvert de l'année. Peut-être que maintenant que tout est fini, je vais pouvoir m'intéresser à l'Histoire des Arts. De manière plus générale, maintenant que tout est fini et que tout va changer, je vais pouvoir recommencer à vivre.

Une année de passée, ça y est. Bon sang, ça va quand même vite. J'ai l'impression d'être l'été dernier encore, quand je ne réalisais pas que je rentrais en Terminale. Sûrement parce que ma Première a été si mouvementée et que j'ai raté tant de cours. Je me disais "je rentre en Première. Mais. Ecureuil rentre en prépa. Il n'a qu'un an de plus que moi. Aurais-je redoublé ? Non. Mais alors... je rentre en Terminale ?" et j'avais un peu du mal à l'intégrer. Cette année a été moins pénible que la précédente, on devait être habitués.

Il y a quand même eu l'ennui et les envies de grand air. Un peu moins qu'avant. Les journées qui me semblaient insurmontables et où je m'évadais avant même d'arriver au lycée. Les crises avec mes parents. Mon père qui appelle la prof de chant pour la prévenir que si je continue à sécher le lycée je ne viendrai plus au cours de chant - ça lui a fait un sacré effet, à la prof de chant, d'apprendre que sa petite fille modèle séchait le lycée, et maintenant encore elle me fait des sermons sur l'importance du travail et "je serai plus rassurée quand tu auras les résultats de ton bac, au lieu de prétendre que c'est sûr !".

Le programme d'Histoire des Arts m'a mortellement ennuyé cette année. Je déteste l'art contemporain, le béton et la musique de Pierre Boulez, je dois être vieille dans l'âme. De toutes façons, les manifs tombaient toujours pendant les cours d'HidA, ce n'est pas de ma faute... L'histoire-géo c'était ennuyeux à mourir, aussi, et ça c'est dommage, c'est la prof, avec une autre ç'aurait pu être intéressant. Pauvre prof ! Je crois qu'elle était persuadée que j'avais quelque-chose contre elle et que je séchais tous les contrôles, mais ç'a été une succession de circonstances défavorables (dont la mort de ma grand-mère, à laquelle elle n'a pas cru je crois) qui m'a empêché d'avoir une note au deuxième trimestre.

En littérature, ce n'était pas si mal. J'avais la même prof qu'en français en Seconde, elle est chouette. Elle me tenait pour sa meilleure élève "de loin", je n'ai pas très bien compris pourquoi étant donné qu'il y avait quand même quelques filles brillantes et cultivées dans ma classe. C'est quelque chose qui arrive assez souvent, des adultes qui m'adorent, et je ne comprends jamais vraiment. Cette prof, donc, avait confié à ma mère qu'elle voyait que je m'ennuyais en cours et qu'elle en était désolée. C'est vrai, mais son cours n'était pas le pire.

Ce qui était intéressant, c'était la philo. Depuis le temps que j'attendais ça, ç'aurait été un crève-coeur que ça ne me plaise pas. Heureusement on avait une bonne prof, complètement désorganisée mais ce n'était pas grave, qui nous considérait comme des adultes à qui on pouvait parler, ça faisait du bien. D'ailleurs il faudra que je lui envoie mon adresse mail par sms parce qu'elle m'avait dit qu'elle me donnerait la sienne pour la fac mais nous étions toutes les deux absentes à la fin de l'année...

Mais finalement, ce qui ressort le plus de cette année c'est que c'est la dernière. On sort de ce trajet tout tracé depuis la maternelle (parce que quand j'étais petite, je croyais que tout le monde passait son bac, sauf des cas exceptionnels comme ma maman mais c'était parce qu'elle avait été malade, et Ecureuil croyait qu'il était commun de faire un doctorat - c'est ça, d'avoir un père chercheur). Et de ce cycle de dépression, je l'espère. Enfin.

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Bon sang, j'aurais quand même vu ce lycée sous la neige : ça, j'en rêvais.

Lundi 29 juin 2009 à 9:03

L'autre jour au supermarché je me demandais quelle était la différence entre un savon et une savonnette. C'est un peu un truc de vieille dame, la savonnette. Ma grand-mère en avait, elles étaient colorées et parfumées aux fleurs, évidemment. Elle avait aussi des boules de cotons dans une boite en verre, avec des couleurs de dragées : des bleus, des blancs, des roses. Elle me faisait prendre mon bain dans une bassine, je devais être sacrément petite à l'époque.

De ma grand-mère, je préfère garder les souvenirs anciens, maintenant qu'elle est morte et que j'ai grandi. Les dernières années elle était de plus en plus gâteuse et puis elle était un peu niaise, comme beaucoup de vieilles dames. Quand elle a vu Ecureuil pour la première fois, c'était encore très louche entre nous, on était dans un entre-deux amoureux qu'on osait pas mettre au clair, elle a fait plein de commentaires à voix haute, elle ne se rendait pas bien compte, heureusement que ça a fait rire Ecureuil d'entendre "il n'est pas muet, ce garçon !". Ensuite, elle m'a bien répété que j'avais le temps. Elle nous voyait déjà mariés, c'est une époque.

Quand j'étais petite, je détestais les gens qui me parlaient bébé, et je ne suis pas très patiente avec les vieux, en fait. Je n'aime pas qu'on me pose sans cesse les mêmes questions (surtout "et les amours ?" quand lesdites amours étaient désespérément absentes), qu'on ne me voit pas grandir (une des dernières fois que j'ai vu ma grand-mère, elle croyait que je rentrais au CP, mais là ce n'était même plus de sa faute...), je n'aime pas devoir répéter plus fort parce qu'ils deviennent sourds. Je suis un peu sans-coeur. Quand ma grand-mère est morte, je n'ai même pas pleuré. Il faut dire que pour moi elle était morte depuis longtemps, dans son hôpital. Mais il parait que quand j'étais petite, je l'aimais beaucoup.

A part ça, je ne suis pas très famille. Je me serais bien entendue avec mon grand-père, il paraît, c'était un zazou et un intellectuel. Mais il est mort quand j'avais 5 ans et il aimait bien me taquiner en me disant que j'étais un garçon, alors je m'énervais et je lui disais "mais non enfin ! je suis une fille ! tu vois bien que j'ai une barette !". Du coup je n'ai que des souvenirs où il m'embêtait, c'est dommage.

Niveau famille paternelle, ils ne m'ont jamais trop aimé, parce qu'ils sont juifs et ma mère non, parce que mon père est parti de Nice alors qu'ils habitent tous là-bas et qu'ils passent tout leur temps ensemble et parce que je passais beaucoup trop de temps à lire, quand j'étais môme, ça faisait de moi une asociale. Ensuite, quand j'ai commencé à être au collège et à avoir de meilleures notes que tous mes cousins du même âge, ils ont reconsidéré la question, ma grand-mère a dit que je tenais d'elle. Trop tard.

Des fois quand j'entends mes amis parler de leurs réunions de famille, je suis un peu mélancolique, ça me manque d'avoir une famille que j'aime. Je n'ai jamais trop cru aux liens du sang, je n'aime pas les gens simplement parce qu'ils sont de ma famille, mais des fois ça me manque. L'année dernière, comme ma grand-mère venait de mourir et que ma mère ne voulait plus aller chez mes grands-parents paternels, nous n'avons pas fait de grand repas à Noël. Nous en parlions hier avec Florent et Héloïse, et j'avais l'impression de ne pas avoir fêté Noël depuis des lustres. Je ne sais pas ce que nous ferons cette année, mais j'espère que quand j'aurai des enfants ils auront vraiment une famille.


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Dimanche 28 juin 2009 à 17:50

Hier c'était la Fête Bleue. J'avais beau être habillée en noir (je n'étais pas au courant qu'il fallait s'habiller en bleu pour montrer son immense fierté d'être marseillais, dans de tels moments je me sens très misanthrope et je me souviens être née en Avignon, ça m'arrange) je suis allée écouter Ecureuil jouer du violon devant la mairie et le soir nous sommes allés (en retard) au concert organisé par Planète Jeunes.

Nous sommes arrivés vers 21h30, au milieu du concert d'un groupe de reggae  dont je n'ai pas vu le nom et qui m'a fait penser à Sinsemilia. C'était sympathique musicalement, l'ambiance était sympa et les textes (quoiqu'un peu trop mâchouillés) gentiment engagés (devant la mairie UMP, toujours, ça m'a fait rire - mais même si ça pue la démagogie on ne peut pas leur reprocher cette preuve "d'ouverture"...). Non, la seule chose qui m'a dérangé - et c'est le cas de tous les groupes de ce genre - c'est le côté "petit rasta" (de la chanson de Monsieur Roux, je vous la met à la fin de ma playlist si vous ne la connaissez pas).


Petit rasta est un rebelle de canapé
Dans lequel il passe l’essentiel de ses journées

A écouter du reggae et à fumer, et à disserter sur la société

Je crois qu'ils s'en rendent comptent. Ce n'est pas de leur faute. C'est un peu inhérent au fait de chanter pour l'écologie, la solidarité et la légalisation du cannabis. Je disais ça à Ecureuil hier et il me disait "oui, c'est sûr, on ne peut pas changer le monde". Ce genre de constat (qui n'est pas de lui, d'habitude) me dégoûte tout autant. C'est en disant "on ne peut rien y faire" qu'effectivement on n'y fait rien. C'est trop facile. Même voter, c'est faire quelque chose. Je connais quelques personnes qui se moquent de la politique à partir de ce constat et ça m'énerve. Si à 18 ans on est désabusé à ce point, je nourris de grands espoirs pour la démocratie.

Enfin, laissons-là ces considérations philosophico-politiques sans fin (je critique, je critique, mais je n'ai pas encore créé l'ONG qui sauvera le monde) et parlons du deuxième groupe que nous avons vu. Là j'ai retenu le nom, il était écrit sur la batterie : c'était The Starliners. Musicalement sympathique, disons que ça vaut tous les groupes de la même veine. C'est d'ailleurs bien le problème : leur musique ressemble à tout ce qui se fait actuellement. Nos baby-rockers en tous genres pondent tous les mêmes accords, ont tous la même voix et évidemment la même dégaine. Copiée sur les groupes cultes, beaucoup et mal copiée. Calculée. Plastifiée. Ils voudraient tous faire du punk mais ils en ont oublié l'esprit.

Pour terminer sur les critiques (la soirée était néanmoins bonne, malgré tout ce que j'y ai trouvé à redire), il y a le principe même de la "culture jeune". Le présentateur était assez grotesque, avec un langage "jeune" exagéré, et quand l'adjointe au maire est montée sur la scène le saluer elle avait tellement envie d'avoir l'air proche des jeunes qu'elle était à la limite de dire "yo". A chaque fois qu'on veut s'adresser aux jeunes, on pense rap et langage sms. Sous couvert d'ouverture, il y a toujours du mépris. Une "culture jeune", déjà, c'est louche : ce serait une culture si peu valable qu'on l'abandonnerait en mûrissant. Une sous-culture, quoi. Et pitié, pitié... j'ai 17 ans et je ne parle pas sms. Je n'écoute pas de rap. Et par respect pour ceux qui en écoutent, ne considérons pas que c'est parce à cause de l'écervellement de leur âge.

 
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