Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Dimanche 15 janvier 2012 à 22:34

Après avoir failli le rater (j'avais le mauvais horaire, heureusement que l'hôtesse d'accueil a reporté les billets), j'ai réussi à voir le Cabaret New Burlesque qui passait à Marseille, au Théâtre du Gymnase ! Le nom ne vous dit peut-être rien, mais vous en avez sans doute entendu parler... c'est la troupe que suit Mathieu Amalric dans son film Tournée ! Pardonnez mon enthousiasme... je suis heureuse et étonnée d'avoir pu assister à ce spectacle, je ne pensais pas qu'il passerait à Marseille (ni à des tarifs aussi abordables).

Cette troupe (et du coup le film) ont beaucoup fait parler d'eux parce que la plupart des performeuses sont grosses. En réalité ce qu'il faudrait surtout retenir c'est l'humour de leurs shows, leurs costumes extraordinaire, leur punch, leur aisance à se balader à poil et à caricaturer la féminité. Mine de rien il faut être sacrément sûr de soi pour faire du strip-tease, surtout burlesque, et c'est un beau modèle d'acceptation de soi et d'éclate. 

Elles (et il – il y a un seul homme) viennent des Etats-Unis. La maîtresse de cérémonie, Kitten on the Keys, baragouine un peu de français mais pas trop (je crois que je comprenais mieux quand elle parlait en anglais). Elle a placé quelques blagues sur Marseille (les cache-tétons pastis sont un exemple du goût douteux de l'humour burlesque) et sur la France qui a perdu son triple A ("donc vous êtes maintenant AA... c'est la taille de mes seins !").

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Kitten on the Keys

Kitten on the Keys chante (toujours des chansons assez salaces) et mine de rien, quand elle s'y met elle a une sacrée belle voix. Elle joue du piano, elle se déshabille un peu et elle demande au public de "faire beaucoup de brouit". La salle a vraiment joué le jeu sur ce coup-là, j'avais peur que l'ambiance sérieuse du théâtre incite au calme et au silence mais tout le monde a crié, sifflé, applaudi en rythme... Mine de rien, les réactions du public sont très importantes dans un spectacle burlesque.

Les numéros sont assez variés, bien que ce soit toujours du strip-tease (on dit "effeuillage"). L'une m'a particulièrement marquée : Julie Atlas Muz.. Elle a un numéro très drôle où une main (un accessoire d'Halloween qui ressemble à La Chose de la famille Addams) la déshabille, et un autre très poétique où elle rentre en entier dans un grand ballon de baudruche. Les autres ont des numéros sexys et punchys, avec pas mal de mise en scène mais un peu plus traditionnels.

Au final : voilà, c'est malin, j'ai à nouveau envie de faire de l'effeuillage burlesque. Sauf que ça ne se trouve pas trop à Marseille, que quand il y a des stages c'est cher et que... je ne me sens pas trop de faire l'hélicoptère avec mes seins. Hum, je pense que cette phrase était parfaite pour conclure un article aussi sobre et délicat, vous ne croyez pas ?

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Mimi Le Meaux
(un nom assez rigolo avec un accent américain)

(La phrase du titre est de Mae West, parait-il que ça représente bien l'esprit burlesque... effectivement, c'est exactement ce type d'humour.)

(Absolument rien à voir mais S., si tu passe par là : j'ai eu ta lettre et je cherche le temps pour y répondre.)

Samedi 24 juillet 2010 à 22:52

Je classe cet article dans la section théâtre, puisque je vais vous parler d'un spectacle que j'ai vu au Festival d'Avignon, mais je pourrais aussi le ranger dans "musique" : il s'agit de reprises (d'imitations ? la voix ressemble en tous cas) de chansons chantées par Barbara à ses débuts (des chansons écrites pour elle, par elle, mais aussi des chansons de Brassens et de Brel).

J'ai découvert des nouvelles chansons, il y en avait assez peu que je connaissais, on a eu droit à la Petite cantate pour le rappel (j'avoue, j'ai pleuré) et derrière moi il y avait une femme qui connaissait toutes les paroles et qui chantonnait en écho, c'était joli. Je soupçonne aussi les théâtres de régler leur climatisation trop frais pour nous faire croire à des frissons d'émotion, c'est pas possible autrement.

Si vous en avez l'occasion, je vous conseille donc "De l'écluse à la scène", l'un des deux spectacles d'Agnès Ravaux et Guillaume Giraud (au piano et au chant, et qui a aussi une très belle voix). L'autre est "Intimement Barbara", que je n'aurais malheureusement pas le temps de voir.

Et en plus on a pris un verre de vin blanc avec eux après le spectacle, la grande classe. J'ai pu groupiser un peu mais je n'ai pas réussi à décrocher un seul mot. Peut-être parce que j'étais la seule personne de moins de cinquante ans de la salle.


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Samedi 25 juillet 2009 à 2:34

Seconde et dernière journée à Avignon pour profiter du Festival - dommage que ce soit déjà la fin pour moi. J'ai vu deux spectacles et passé une journée meilleure encore que mardi.

La première pièce, choisie par mon oncle fou de musique classique, c'était La Disgrâce de Jean-Sébastien Bach (adaptée d'un roman de Jean-François Robin). Il s'agit d'un passage de la vie de Bach où il s'opposa au pouvoir en refusant de composer une œuvre pour le Prince, qui le fit emprisonner. Il est donc question de la liberté de l'artiste, de l'inspiration, de la destination de l'art (Dieu ? le Prince ? le public ?).

Les acteurs sont bons, les décors juste comme il faut (des caisses, un fauteuil et une table emballés dans du tissus). Le texte est assez ingénieux, intense. Ma mère a regretté qu'on entende pas plus de musique, moi je n'ai pas regretté grand chose vu que je ne m'attendais à rien ; la musique que l'on entendait, à des moments il est vrai assez rares et choisis, était évidemment très belle - quoique j'ai été un peu déçue par les parties de chant féminin, qui ne m'ont pas ému autant que d'habitude.

La seconde pièce a sans doute été ma préférée des quatre que j'ai pu voir pendant ce festival. C'était Mes nuits avec Woody Allen par Oscar Lalo. L'histoire d'un homme qui a perdu le sommeil depuis des années car ses nuits sont hantées par... Woody Allen, vous l'aurez deviné. Le rythme est trépidant, on se demande comment l'acteur fait ne serait-ce que physiquement, il passe d'un personnage à l'autre avec une schizophrénie virtuose. J'ai eu quelques doutes au début : "mais est-ce bien Woody Allen qu'il nous joue ?", puis plus de scepticisme possible, on y croit vraiment.

Il nous entraîne dans une comédie musicale où tout se mélange, rêve, réalité, insomnie, fiction et... musique. Du jazz, évidemment. Le jazz, ce n'est d'habitude pas ma tasse de thé, mais avec Woody Allen c'est différent. En plus, il ne chante pas mal. Si vous avez l'occasion de le voir un jour, je vous le recommande !

Un mot pour terminer sur l'ambiance : je l'ai trouvée sympathique encore, quoique très agitée (j'ai bien failli tuer un musicien de rue chinois qui psalmodiait des choses louches en faisant du bruit avec un instrument bizarre alors que je n'aspirais qu'au calme), mais selon mes parents et ma soeur qui viennent depuis de nombreuses années, elle se dégrade un peu à cause du nombre toujours grandissant de spectacles (980 cette année). Que va devenir le Festival d'Avignon ?


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Mercredi 22 juillet 2009 à 13:53

Hier, je suis allée au Festival d'Avignon. Je suis née là-bas, quoique je n'en ai pas beaucoup de souvenirs ; mes parents y ont vécu et connaissent bien la ville ; les rues sont petites et l'ambiance sympa. Mais le Festival, c'est quand même spécial.

J'ai vu deux pièces. La première, c'était Roméo et Juliette, mais attention : la version interdite, avec des personnages... revisités. Juliette a des tendances violentes et mégalo, Roméo serait plutôt une mauviette et la noblesse d'âme s'est perdue quelque part, très loin... C'est très drôle, complètement déplacé, et les acteurs sont doués, notamment les seconds rôles. Le seul reproche que l'on pourrait formuler est le manque de suspens, évidemment, puisque même si le texte n'est pas celui de Shakespeare l'histoire est archi-connue. On ne s'ennuie pas, car on s'amuse, mais il n'y a pas de tension dramatique...

La deuxième pièce, que j'ai vu presque au hasard puisqu'on nous a attiré au dernier moment avec Mahé en nous disant "venez, ça va commencer ! on vous fait moitié prix !", c'est Une lumineuse inconnue, avec Elisa Prévand. C'était dans une toute petite salle, d'où un côté un peu amateur, même si elle ne l'est pas puisqu'elle raconte justement tout son "parcours de star", depuis les castings pour la pub Mousseline jusqu'aux exercices bizarres du Cours Florent ("faites-moi un chef d'orchestre mauve !") en passant par les séries bidon des années 90 et la sortie d'un disque répertorié sur Bide et Musique. En tous cas le Cours Florent ne lui aura pas servi à rien, elle est très expressive et elle se glisse dans tous les rôles, c'est vraiment marrant.

Voilà voilà, je retourne sûrement à Avignon vendredi, j'ai hâte... En plus on a mangé une bonne glace pour le goûter et chinois le soir : que demande le peuple ?

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