Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Jeudi 2 février 2012 à 22:38

 Après ce billet pro-pirate, je pouvais bien faire un billet anti-Hadopi, non ? Oui... mais à propos d'un amendement méconnu. Celui sur le droit d'auteur des journalistes (j'en ai entendu parler en cours de droit des médias, je n'en avais jamais entendu parler jusqu'alors).

Les articles L. 132-35 à L.132-45 (vous pouvez les lire ici) prévoient des modes spéciaux de cession du droit d'auteur des journalistes. Désormais (enfin, dès que la loi s'appliquera, ils sont en train de réfléchir à son application), un groupe de presse pourra utiliser un article sur tous ses supports, sans rémunérer davantage son auteur.

Quand je dis "tous ses supports", je veux dire que des accords d'entreprise permettront aux grands groupes de presse d'utiliser les mêmes articles dans tous leurs titres ("appartenant à une même famille", une expression bien vague). C'est le retour du groupage de rédactions (une rédaction pour plusieurs journaux), qui avait été interdit (sur ce point je dois faire confiance à mon prof de droit, je ne trouve pas de documentation).

Ce nouveau mode de cession du droit d'auteur est évidemment une mauvaise chose pour les journalistes, qui gagneront la même chose pour une diffusion plus large de leurs textes ; si les rédactions sont groupées, il y aura également moins de travail. Là, je parle pour ma profession.

Mais cette loi touche également le public, puisque c'est une atteinte à la pluralité de la presse. Cela peut paraître anodin, mais avoir moins de points de vue est toujours préjudiciable. Le journalisme est déjà parasité par des contraintes économiques, cela ne pourra aller qu'en empirant. De plus, tout ce qui précarise les journalistes les encourage à écrire des articles populistes, plus vendeurs que réellement importants.

Cette partie de la loi est encore une preuve qu'Hadopi ne protège pas les artistes, ni les créateurs de toutes sortes. Elle est du côté des entreprises, des grands groupes. D'une minorité de gens qui détiennent la majorité de l'argent. Que l'on cesse de tenter de nous faire croire le contraire.


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Lundi 30 janvier 2012 à 14:18

 Je lisais l'autre jour un article de madmoiZelle intitulé "Ce que je serais devenue sans internet". Avec le retour du débat sur le téléchargement illégal (RIP Megaupload), je me suis posée cette question, ne serait-ce que sur le plan culturel – en imaginant que le téléchargement illégal n'existe pas.

Sans le téléchargement illégal, je ne regarderais pas de séries : ça c'est sans doute le plus sûr, étant donné que 1. je ne supporte pas de devoir me planter à heures fixes devant ma télévision et 2. les séries que j'aime passent en France avec énormément de retard, dans le désordre (paraît-il, je n'ai jamais essayé de les regarder à la télé) et en VF – rédhibitoire (oui, je suis une grosse snob, je regarde tout en VO).

Sans le téléchargement illégal, j'écouterais beaucoup moins de musique : enfin là c'est plutôt "sans les sites de streaming". J'écoute pas mal la radio, mais ils passent toujours la même chose, donc le seul moyen de découvrir des choses c'est de les écouter en ligne. Non, je ne vais pas acheter un CD d'un artiste que je ne connais pas. Et dans les périodes où je n'écoutais pas de musique en ligne (genre quand Radioblog a fermé) je n'achetais pas de CDs non plus – je ne suis pas suffisamment passionnée de musique, je préfère acheter des livres. Ajoutons que ceux qui téléchargent beaucoup de musique (pas moi, donc) sont aussi ceux qui achètent le plus de CDs.

Sans le téléchargement illégal, ma culture cinématographique serait limitée : acheter en DVD tous les films que l'on veut voir, est-ce vraiment une option ? Pour avoir une culture assez vaste, non. Je vais beaucoup au cinéma, mais je n'ai pas le temps de tout y voir, donc je télécharge. Sans compter les films qui ne passent pas à Marseille et ne sortent probablement pas en DVD en France (sans téléchargement, je n'aurais probablement jamais pu voir Je suis un cyborg).

Pour autant, est-ce que je nie le droit des artistes à être rémunéré ? Non. Mais nous connaissons tous la part ridiculement faible reversée par les maisons de disques aux artistes. Et je trouve ridicule de nier un phénomène de masse comme le téléchargement. Des solutions peuvent être trouvées, j'en lance une au hasard dont il a déjà été question : la licence globale.

Il parait que l'équipe de Megaupload allait lancer une plateforme de téléchargement légal qui rémunèrerait les artistes. Si on enlève cette part énorme que prennent les maisons de disque, qui sont de plus en plus inutiles avec internet, on aurait peut-être non seulement un système légal qui marche mais aussi une meilleure qualité de la production musicale. On peut rêver, non ?

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Les membres du Parlement polonais portant le masque de Guy Fawkes, symbole des Anonymous

Mardi 13 décembre 2011 à 21:10

 Encore du boulot scolaire, mais je le trouvais assez intéressant (même si le niveau de mon devoir n'est pas satisfaisant pour le prof). Thème : la démocratie. A part ça, je suis bientôt en vacances ! Après mes partiels, demain et jeudi.


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La démocratie est l'un des fondements des sociétés occidentales ; pour l'Europe – et en particulier la France avec son fameux héritage des Lumières – elle est l'un des critères importants pour juger du degré de civilisation d'un pays. Il peut toutefois être bon de prendre un peu de recul, et de se demander si nous sommes réellement en démocratie. En France, que mettons-nous dans le concept de démocratie et pourquoi est-ce sacré pour nous ? Comment ces représentations modèlent-elles un système politique en termes d'égalité, de liberté d'expression et de séparation des pouvoirs ? Cette organisation est-elle encore une démocratie ? Voilà les questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Pour de nombreux français, la démocratie est une chose sacrée. Elle se traduit par des rites (les élections, dont le point central est le vote) ; on observe qu'outre le problème des fraudes, le vote électronique est rejeté car il ferait perdre à l'acte son caractère sacré. Les outrages à la démocratie font scandale, lorsqu'ils sont identifiés. Pour un jeune adulte, la première utilisation de son droit de vote est souvent vécue comme un baptême. De manière générale, la démocratie transcende l'homme en lui donnant un pouvoir sur l'ensemble de la société. Plusieurs objets se mêlent dans cette sacralisation : la Démocratie se voit entourée de la Citoyenneté, de la Patrie, de la Liberté, de l'Egalité... Ces principes ne sont pas sacrés pour tous, mais chacun a les siens qui fabriquent une vision de la France telle qu'il voudrait qu'elle soit. La variété de ces conceptions a des conséquences concrètes : lorsque François Fillon s'oppose au droit de vote des étrangers aux élections locales, il argue qu'une telle mesure « risque de vider la nationalité et la citoyenneté française de leur substance » ; il va même jusqu'à parler d'un « travail de sape des fondements de notre République » (semblant oublier que les résidents de l'Union Européenne ont déjà le droit de vote à ces élections).

Comme le souligne M. Fillon, la citoyenneté est une question importante dans la démocratie. Étymologiquement, cette dernière donne le pouvoir au peuple, mais qui est le peuple ? Dans l'antique cité athénienne souvent donnée en modèle, seuls 10% des habitants étaient des citoyens. En France, le suffrage censitaire a été la norme jusqu'en 1848 ; et même au delà, les femmes n'avaient pas le droit de vote. Nous voyons bien que la notion de citoyenneté n'est pas aussi simple qu'elle y paraît. De plus, ses évolutions ont souvent été liées à des volontés politiques : le vote a longtemps été refusé aux femmes de crainte d'un retour en force de l'Eglise (les femmes étant plus dévotes que les hommes) et aujourd'hui la droite s'oppose au vote des étrangers de peur qu'il ne favorise la gauche. Ce qui nous paraît normal aujourd'hui, comme ne pas octroyer le droit de vote aux étrangers résidant en France, paraîtra peut-être une inégalité flagrante aux générations futures. L'égalité qui est censée être l'essence de la démocratie est donc un leurre ; on pense à cette citation de George Orwell : « tous sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres ».

Pour être égaux, encore faut-il en plus de l'égalité de droit une égalité d'information. L'éducation, l'école sont des passages clefs, mais il faut ensuite assurer des médias libres et diversifiés pour laisser les citoyens se faire une idée politique ; c'est pourquoi la liberté d'expression est l'un des piliers de la démocratie. Il y a aujourd'hui peu de censure en France ; mais il faut se méfier des moyens de contrôle indirect, comme les pressions économiques. Dans le classement de Reporters Sans Frontière sur la liberté de la presse notre pays a perdu 30 places, passant de 14ème à 44ème en 10 ans ; en cause : des mises en examens de journalistes, des violations du secret des sources, des violences physiques... Dans le même temps, faire de l'humour est devenu de plus en plus délicat puisque Le Point a récemment été attaqué par Eva Joly pour avoir parodié son accent norvégien dans un article. En réponse à cela, certains se réclament de Voltaire qui aurait dit (mais cette citation est apocryphe) : « je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ». Cet état d'esprit, bien que représentatif de l'esprit des Lumières et de la démocratie, pose de sérieux problèmes dans son application : condamner les propos racistes est-il anti-démocratique ? Si la liberté d'expression ne souffre pas de limites, la France n'est qu'un succédané de démocratie.

Notre système politique est donc moins démocratique qu'il n'y paraît, puisqu'il écorne (sans les violer franchement) les principes d'égalité et de liberté d'expression. Si le pouvoir influe sur les médias, on peut s'interroger sur les autres confusions qui peuvent se produire – avec la Justice, par exemple. Malgré une indépendance théorique du pouvoir judiciaire, il est en pratique entravé par le pouvoir exécutif : mises sous écoutes de juges, pressions politiques, sanctions disciplinaires envers les magistrats qui dérangent les dirigeants... La constitution de la Cinquième République est assez vague en ce qui concerne la séparation des pouvoirs : le législatif et l'exécutif se confondent en période « normale », c'est-à-dire quand le Président de la République et le Parlement sont de la même majorité. L'article 37 de la Constitution autorise l'exécutif à édicter des décrets, et l'article 49-3 lui permet exceptionnellement de créer des lois sans l'accord du législatif – tandis que ce dernier peut faire obstacle au Président via une motion de censure. La France possède donc un régime relativement équilibré, qui ne confine pas au despotisme mais qui ne correspond pas exactement aux standards de la démocratie.

Ce que nous appelons démocratie en France ne correspond pas à l'idéal que nous en avons ; les idéaux de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ont souffert lors de leur mise en pratique. En outre la démocratie que nous connaissons aujourd'hui est représentative, ce qui était inacceptable pour certains fondateurs de cette idée. Le principal détracteur de la représentation est Rousseau : il a pensé le Contrat Social dans le but que chaque être humain garde sa liberté, or, pour lui, abandonner sa volonté à un autre revient à perdre sa liberté car si on peut être en accord avec quelqu'un pour un moment, rien ne garantit que ce sera toujours le cas. Les courants anarchistes sont du même avis, allant même plus loin, en témoigne ce vieux slogan : « s'il y a vote, il n'y a pas de démocratie ». Mais dans notre société, prendre en compte scrupuleusement l'avis de chacun semble tenir de l'utopie ; Montesquieu et Voltaire s'accordaient d'ailleurs sur le fait que la démocratie conviendrait mieux à un petit pays.

Cet examen nous a montré que la France n'était pas exactement une démocratie car elle n'est pas un modèle d'égalité, de liberté d'expression ni de séparation des pouvoirs ; enfin, elle ne peut pas être pleinement démocratique puisqu'elle utilise un système représentatif. Mais il faut noter que la démocratie « pure » n'existe pas, ne peut pas exister en réalité à l'échelle d'un pays pour des raisons pratiques. Dans cette optique, elle est un idéal vers lequel la France ne peut que tendre ; on considèrera donc qu'un pays est démocratique relativement aux autres ; à ces conditions, et puisque de nombreuses régions du monde sont encore sous des régimes despotiques : oui, nous sommes en démocratie.

Lundi 14 novembre 2011 à 22:11

 Une fois n'est pas coutume (d'aucuns diront que c'est parce que je n'ai rien d'autre à écrire), j'avais envie de vous poster une dissertation que j'ai faite, sur un sujet plus ou moins libre - on devait s'inspirer d'un article, je suis partie de celui-ci et je me suis intéressée au sexisme de notre langue. Voici le résultat (je la rends demain, elle va se faire détruire par le prof mais moi je l'aime bien) :


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En avril dernier, un collectif lançait la pétition « Que les hommes et les femmes soient belles », qui demandait le retour à la règle de proximité pour l'accord du genre ; selon cette règle, un adjectif serait accordé en genre au nom le plus proche (à l'exemple du titre de la pétition). Une proposition qui a provoqué nombre de réactions négatives, dont une affirmation naïve : « changer le langage ne changera pas les mentalités ». Un argument qui ne date pas d'hier, et qui se retrouve dans tous les combats féministes autour du langage (féminisation des noms de métiers, suppression du « mademoiselle » dans les formulaires administratifs...). Pourtant, tentons de voir comment le langage influence notre perception des genres. Nous nous intéresserons d'abord aux genres et aux mots, avec le masculin en tant que neutre, et le féminin dévalorisant, puis au pouvoir de ce langage, intériorisé et donc formateur de la pensée.

Le masculin est réputé pour être le genre « non marqué », le neutre ; c'est l'argument de l'Académie Française lorsqu'elle refuse la féminisation des noms de métiers, et c'est aussi celui de ceux qui s'opposent à la règle de proximité. Or, on voit ici un des fondements du sexisme gravé dans le langage ; dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir explique que le masculin est toujours « premier », « un », tandis que le féminin est le « deuxième », « l'autre ». L'école apprend aux enfants à « former le féminin » des noms, comme s'il était toujours dérivé du masculin – un prolongement linguistique du mythe monothéiste de la création. Le problème, c'est que le masculin n'est pas si générique, malgré son utilisation en tant que tel. Ainsi McKay a réalisé en 1979 une expérience en langue anglaise, qui montre que l'utilisation du « he » est perçue comme plus excluante pour les femmes qu'une formulation neutre (« a botanist »). Le masculin en tant que neutre est donc non seulement sexiste, mais aussi inefficace.

Le féminin est donc moins utilisé que le masculin, et est souvent perçu comme dévalorisant. Cela explique en partie le problème de la féminisation des noms de métiers : les professions banales, qui ne représentent pas de pouvoir particulier, obtiennent facilement leur nom féminin ; c'est plus difficile pour les fonctions importantes, car les concernée ont l'impression de perdre en respectabilité en étant appelée d'un nom féminin. On trouve donc beaucoup de femmes qui préfèrent être appelées « Madame le ministre » que « Madame la ministre », « Madame le Préfet » que « Madame la Préfète »... Souvent, le féminin d'un nom ne signifie pas exactement la même chose ; pour les fonctions importantes il a souvent désigné l'épouse, et pour des noms plus communs il a parfois une signification obscène (un entraîneur / une entraîneuse). Enfin, appeler un homme par un nom féminin est une moquerie, parfois à but humiliant, alors qu'on ne retrouve pas ce phénomène inversé chez les femmes.

Nous voyons donc que, dès qu'on l'analyse un peu, le langage est sexiste ; nous allons voir qu'à cause de lui, nous devenons sexistes sans nous en rendre compte.

La puissance du langage vient en bonne partie de ce que nous l'ignorons (en témoignent les réactions dédaigneuses envers les initiatives visant à rendre le langage plus égalitaire). Nous avons appris à parler si jeune que cela nous semble presque inné ; nous nous interrogeons donc peu sur le véritable sens des mots, nous y sommes habitués. Le langage a un pouvoir sur nous car nous l'avons intériorisé et que nous ne le remettons pas en question. Le fait que le masculin soit le neutre ne choque pas tant qu'il n'est pas remarqué par Simone de Beauvoir ; les femmes qui réclament d'être appelées par des titres masculins considèrent comme normal qu'ils leur confèrent plus d'autorité. C'est une forme de violence symbolique (selon le concept de Bourdieu), puisque c'est une soumission qui n'est pas perçue comme telle : les femmes acceptent un langage qui les discrimine (on parle parfois des femmes comme une minorité visible, étrange minorité !) mais qui apparaît normal et légitime.

Il est impossible d'échapper totalement au conditionnement du langage (bien que le fait d'en prendre conscience soit une aide) car le vocabulaire qui est à notre disposition nous permet d'envisager certains concepts (et pas certains autres). On remarque par exemple que le mot « individualité » n'a pas d'équivalent en chinois ; il est donc très difficile à comprendre pour quelqu'un dont c'est la langue maternelle. Hegel écrivait « c'est dans les mots que nous pensons », c'est-à-dire que nous ne pouvons avoir une pensée claire que si nous avons le vocabulaire approprié. On remarque aussi que les mots produisent des représentations : ainsi, le fait qu'on parle souvent du métier « d'infirmière » suggère que c'est un métier de femme, tandis que la rareté du mot « chirurgienne » (même pour désigner une femme chirurgien) donne l'idée d'un milieu composé uniquement d'hommes (on se souviendra d'une devinette utilisant le mot « chirurgien », et où l'auditeur a beaucoup de difficulté à comprendre qu'il s'agit d'une femme).

On voit donc que le langage (du moins dans les langues occidentales) est sexiste, car il tient le masculin pour neutre et le féminin pour différent et souvent inférieur ; et que ce langage nous influence et nous construit une vision du monde sexiste, car nous l'intériorisons et que nous ne pouvons penser sans lui. Pour remédier à cela, certains féministes (et même les administrations d'autres pays francophones, comme au Québec) s'essaient à de nouvelles techniques de rédaction : doubler les noms (étudiants et étudiantes), utiliser des parenthèses ou des barres de fractions ou encore des mots épicènes, c'est-à-dire identiques au féminin et au masculin. Des initiatives assez suivies dans certains pays, mais dont l'effet ne pourra être visible avant plusieurs années.

Jeudi 12 mai 2011 à 0:02

 Je voulais vous faire part d'une réflexion qui m'est venue à la lecture d'un débat sur le forum madmoiZelle. Il concernait le changement (réclamé par une pétition) de la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte toujours sur le féminin" pour l'accord des adjectifs au pluriel.

La pétition propose de rétablir une vieille règle qui accordait l'adjectif au nom le plus proche (cette chaise et ce bureau sont beaux - ce bureau et cette chaise sont belles) : la règle de proximité. Pourquoi pas.

Les réactions négatives portent surtout sur l'inutilité d'un tel changement. Pourtant, le langage nous influence inconsciemment, et même si la modification de cette règle de grammaire engendrerait du désordre pendant un certain temps, je pense qu'à terme elle serait utile pour une modification des mentalités.

Mais surtout, ce qui m'a interpellé c'est qu'une des filles (oui, c'est un forum de filles) disait que c'était assez normal qu'on accorde par défaut au masculin puisque c'était le genre le plus neutre. Et c'est révélateur de beaucoup de choses...

Pourquoi le livre de Simone de Beauvoir s'appelle-t'il Le deuxième sexe ? Parce que la femme est toujours "l'autre" (à ce propos, lisez au moins l'introduction du premier tome, elle y donne des exemples frappants type "vous pensez ça parce que vous êtes une femme"), le deuxième*, le différent. Et le masculin est donc le neutre.

J'en déduis que tant que nous n'aurons pas de genre neutre dans le langage, nous ne pourrons pas concevoir une société totalement égalitaire.

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* En écrivant cela, je réalise qu'en français correct nous devrions dire "second". Sinon, cela implique qu'il y a (ou peut avoir) un troisième. Le titre du livre suggérerait-t'il donc l'existence d'un troisième sexe ?

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