Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Jeudi 24 novembre 2011 à 23:27

 J'ai un problème avec le sacré. Je ne parle pas de religion, mais d'un truc plus global. J'ai réalisé ça l'autre jour en cours quand notre prof nous en a parlé, je n'ai pas noté (quelle idiote !) sa formulation mais il nous a parlé du sacré comme quelque chose qui nous définit. Oui, c'est autre chose que le profane, le banal, le commun. Mais c'est surtout quelque chose d'intouchable. Je le prends ici comme quelque chose d'identitaire.

A première vue, je n'ai pas de sacré. Il parait que c'est une des problématiques (je ne dis pas problème pour ne pas insuffler de connotation négative) de notre société : la perte du sacré. Il y en a, pourtant ! Vous n'avez qu'à dire du mal de l'OM devant un des garçons de ma classe, vous allez voir (je ne suis pas en train de violer sauvagement la notion de sacré, notre prof nous a vraiment cité le foot).

J'en suis arrivée à la réflexion que chez moi, le sacré c'est la politique de gauche. Du coup, j'ai compris d'où venaient mes problèmes à débattre de politique. Critiquer la gauche devant moi, c'est comme dire à un croyant que Dieu n'existe pas (ou que c'est un gros bâtard). Sauf qu'un croyant est protégé par sa foi ; moi, j'ai perdu la mienne (quoique j'ai toujours une "sensibilité de gauche"). C'est très douloureux.

Le problème, c'est que je n'ai pas d'argumentation pour défendre certains aspects de la gauche. Pour certains points, je n'y crois pas moi-même. Donc il y a un conflit entre ma conscience (rationnel) et mon inconscient (irrationnel). Je déteste ça, plus exactement je ne le supporte pas (je pique des crises de nerfs quand je suis confrontée à ces situations).

Au fond, j'ai un problème avec toutes les formes de sacré parce que mon côté rationnel ne supporte pas l'intouchable, le dogmatique. Mais j'ai naturellement tendance à sacraliser pas mal de choses (le combat féministe). Conclusion : je ne suis pas d'accord avec moi-même.


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Cette image n'a pas de réel rapport mais je suis tombée dessus en cherchant "sacré" (qui m'a ramené à "santa", d'accord). N'est-elle pas terrible ?

Vendredi 14 octobre 2011 à 23:54

J'ai beau être en permanence dans l'introspection (c'est souvent trop, je crois), beaucoup de mes émotions m'échappent. Parfois, je ne me rends même pas compte que je ressens quelque chose. Mais il y a des signes.

Au permis, par exemple. J'avais l'impression d'être parfaitement calme, mais le stress m'a quand même fait faire n'importe quoi (je vous jure, je ne coupe pas les virages d'habitude). 

Souvent, tout va bien et pourtant je mange sans pouvoir m'arrêter. La compulsion cache le mal, elle l'anesthésie à tel point que je ne sens même plus son existence.

Et hier soir, j'avais l'impression de ne pas être stressée pour ma pré-rentrée. Aucune raison de l'être. Mais j'étais quand même agitée comme une mouche sous acide, j'ai préparé mes affaires à plus de minuit et ce matin je me suis levée à 7h (après une demi-heure à chercher le sommeil) alors que mon réveil était programmé à 8h.

Tout à l'heure pendant l'appel, mon coeur battait la chamade, c'était bizarre. Je devais avoir peur de ne pas être sur la liste - ce qui était totalement impossible vu que j'avais déjà appelé pour connaître mes horaires - ou d'avoir l'air totalement ridicule en levant la main pour signaler ma présence. Je suis un peu inadaptée sociale, quand même.

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Dimanche 11 septembre 2011 à 2:27

Je vais avoir vingt ans. Cela fait donc à peu près dix ans que je suis entrée en recherche active d'identité, comme on recherche un emploi. C'était très maladroit au début, j'avais même essayé de regarder la Star Academy (pas longtemps). Au fur et à mesure, je m'identifiais à des gens, j'essayais de faire partie d'un groupe. Je n'ai jamais vraiment réussi.

Si je voulais tellement m'identifier, je crois, c'était pour exister. J'ai à peu près renoncé à appartenir à un groupe, maintenant, mais j'ai connu des moments de doutes très futiles.

Il y a deux ans, j'ai eu une nuit de questionnement à me demander si j'allais essayer de conserver mon poids de 49 kilos (suite à une opération), ce qui ferait de moi une fille légère mais instable (aussi bien physiquement que mentalement, pour ces deux qualificatifs) ou si j'allais accepter de revenir à 51kg, ce qui ferait de moi une fille saine et équilibrée. J'ai aussi connu un bouleversement d'identité quand je me suis coupée les cheveux.

J'ai (presque) fini par accepter d'avoir une identité multiple et complexe... comme la plupart des gens. Une identité si riche que je ne peux lui coller aucun stéréotype.


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Je suis une fille aux cheveux courts. Je suis une étudiante en journalisme. Je suis une ex-étudiante en philosophie. Je suis une boulimique-anorexique. Je suis une adepte des TCC. Je suis quelqu'un d'instable (sans doute une "haute estime de soi instable" selon le livre que je lis en ce moment).

Je suis une surdouée. Je suis une fille très fille dans mes fringues. Je suis (un peu) une pin-up. Je suis une encyclopédie sur plein de sujets comme le sexe ou la drogue (sur la théorie, hein). Je suis une totale amatrice éclectique musicalement (j'écoute plein de trucs mais rarement une discographie entière). Je suis une ancienne grande lectrice qui le redevient parfois.

Je suis une rôliste. Je suis même une créatrice de jeu de rôle. Je suis une geek, dans l'ensemble. Je suis une écrivain qui n'écrit pas. Je suis une féministe. Je suis une relativiste-absolutiste (ce qui revient à dire que je suis un peu deux dans ma tête). Je suis une grosse maladroite. Je suis une karatéka (depuis jeudi dernier). 

Je suis nombreuse. J'oublie sans doute des paragraphes entiers de mon identité, ce n'est pas évident comme exercice. Mais ça permet de le poser là... pour mieux évoluer.

Vendredi 25 mars 2011 à 12:40

 C'était un coup de blues. Plus envie de rien, l'ennui en permanence, le vide, les larmes parfois. Les larmes sans raison. L'envie de disparaître sous son oreiller. Plus que l'envie de mourir, celle de ne jamais avoir existé.

Un coup de blues plus long que les autres. Un été, et puis un hiver. Et avant qu'on ait réalisé, quoique ces moments aient paru infinis, trois ans. Bientôt quatre. Et en regardant ces quatre années de ma vie, je vois un champ de ruines. Un champ de ruines sans mémoire.

Les souvenirs sont flous, on dirait de la brume. Tout un printemps broyé par les substances chimiques. Quelques repères, ce blouson que j'avais acheté en janvier, guère plus finalement. Les dates se sont perdues. Les faits, les émotions sont restés comme des fantômes.

Le soleil me caresse le visage mais je suis fatiguée. J'ai cent ans.


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Mercredi 27 octobre 2010 à 18:33

Topiques personnelles. Il y a au fond de moi un petit animal blessé, tremblant, pleurant, recroquevillé. Les psychanalystes anglais parlent en terme de "noyaux" dans la construction du moi (un noyau autistique, un noyau psychotique et enfin un noyau névrotique) ; parfois, l'autisme ou la psychose font des percées dans les couches supérieures (sans aller jusqu'à la pathologie). D'ailleurs, en faisant une recherche rapide je suis tombée sur un article expliquant le lien entre la boulimie et l'autisme. 

I are. Il y a ce petit animal blessé, élément déséquilibrant, source du trou noir dans ma poitrine (et je ne parle pas d'une absence de seins). Il y a aussi, le plus proche de lui, un petit garçon sauvage. C'est souvent lui que vous rencontrerez quand l'animal blessé hurlera tout en se cachant. Et ensuite plusieurs autres personnes, dont des femmes sans doute, une femme fatale, une jeune fille en fleurs et un adolescent blasé. Cette infinité de personnalités que je ne connais pas bien. Je n'ai accès qu'aux zones les plus profondes, les plus uniques.

Ecole. J'ai supporté la solitude, le rejet et l'ennui. J'ai supporté les moqueries, les insultes et même les coups parfois. J'ai supporté les règlements absurdes, enlève ton chapeau, ne dessine pas en cours. Mais je n'ai pas supporté la chute de mes illusions. (Je pense à quelqu'un en particulier et si elle pouvait mourir dans un attentat - il parait qu'il va y en avoir en France bientôt - je serais presque gaie.) (Il faut que je vous avoue quelque chose : j'ai aimé l'école, autrefois. Cela me semble si loin que ce pourrait être dans une autre vie.)


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