Ce film est un documentaire, mais rassurons d'abord ceux qui craignent un côté rébarbatif (dans ma classe d'étudiants en journalisme, la plupart des élèves considèrent que c'est un "truc d'intello") : il est très ludique, très bien illustré et même assez marrant (la voix off est délicieuse d'ironie). On voit qu'ils ont essayé de faire quelque chose d'accessible, même si malheureusement ce film n'est distribué que dans des petits cinémas.
Puisque vous êtes rassurés, venons-en au fond : on peut observer que les grands journalistes, les hommes politiques et les grands patrons viennent tous du même milieu social et fréquentent les mêmes lieux. L'accusation a des relents de "lutte des classes", certes. Mais on voit des conflits d'intérêts plus troublants : des journalistes en vue qui sont payés par des entreprises pour animer leurs colloques, des experts économistes qui défendent le libéralisme en étant payés par des banques...
Parlons-en des "experts", et surtout des économistes. C'est le passage du film qui m'a le plus marqué, les problèmes sautent aux yeux : aucun des économistes les plus médiatisés (et les télés, radios, journaux invitent toujours les mêmes) n'avait prévu la crise. Imprévisible ? Non, d'autres l'avaient prévus. Pourquoi n'a-t-on pas congédié ceux qui s'étaient trompés ? "Trop d'erreurs et trop d'indulgence", affirme le film.
Difficile malheureusement de tout retenir en une fois, je pense que je vais lire le livre de Serge Halimi pour compléter car ce sont les reproches faits aux journalistes que j'ai le moins bien compris (et aussi ceux qui sont le plus importants pour mon métier). Gardons cependant à l'esprit que c'est le système qui est accusé, un système qui corrompt ses membres et rejette ceux qui ne se laissent pas corrompre. Changer quelques têtes ne suffira pas.
(Enfin bref, allez le voir, il est vraiment très intéressant. Pas de note, inclassable.)















