Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mardi 24 janvier 2012 à 22:33

 Dans la catégorie petit livre léger qui a (peut-être) un sens profond, j'ai lu récemment Le CV de Dieu de Jean-Louis Fournier. C'est l'histoire de Dieu qui s'ennuie et qui du coup va sur Terre chercher un emploi. Il passe donc un entretien de recrutement.

Dieu explique ses créations, ses choix, chapitre après chapitre. Il est très humain, y compris la petite dose de mauvaise foi. Il s'exprime parfois par des phrases un peu sybillines, mais s'esclaffe lorsqu'on lui demande de traduire en latin "Je suis infiniment bon".

C'est un livre assez drôle et assez poétique, Dieu semble dépassé par les évènements, peut-être un peu mélancolique. Il regrette ce que les hommes ont fait de la planète qu'il a créée (mais peut-on y voir pour autant une critique du monde moderne ? c'est un peu poussé je pense).

Quelques réflexions sur les cons (les non-comprenants), la vie, la mort. C'est bien pensé, mais pas transcendant. Dans l'ensemble, le livre est sympathique sans être passionnant. Il se lit vite et se digère facilement – peut-être un peu trop. Note : B.


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Lundi 7 novembre 2011 à 21:25

 Je ne sais plus comment j'ai découvert Joyce Carol Oates. J'ai rencontré un jour un de ses livres, glauque, triste et terriblement percutant. Je ne sais plus lequel c'était, mais la plupart sont comme ça. Beaux, d'une manière bizarre. Ainsi son dernier, J'ai réussi à rester en vie.

Le titre anglais est clair : "A Widow's story", une histoire de veuve. Une autobiographie, donc. Comment Joyce Carol Smith (sa "vraie identité", son nom d'épouse) a survécu à la mort de son mari Ray Smith.

Le récit, évidemment, est déchirant. Oates a ce talent pour faire ressentir les sentiments et émotions les plus sombres, par un style dépouillé et original (qui m'avait déjà touché dans Blonde, une de ses oeuvres les plus célèbres).

Que dire ? Bouleversant, assez déprimant (mais magnifique) au début, il s'éclaire au fur et à mesure de souvenirs assez anciens, qui nous plongent dans la vie de J.C Oates / Smith.

Pas de suspens, la mort est au début, on arrivera donc sans surprise à cette conclusion en demi-teintes : "j'ai réussi à rester en vie". L'intérêt c'est le cheminement, si tortueux, si douloureux. Illuminé de petites pépites de vie et d'humour noir.

A titre personnel, je me suis un peu reconnue, tant le deuil ressemble parfois à la dépression. Je me demande ce qui nous attire, dans ce type de livres si tristes. Sans doute une sorte de transcendance de notre propre expérience.

J'ai donc adoré ce livre, et je l'ai dévoré (mais c'est le cas avec tous ceux de Oates, son style est si fluide), mais il ne dépasse pas Blonde dans mon coeur. Il mérite tout de même un A.


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Mardi 25 octobre 2011 à 15:58

 Il y a quelques mois, cherchant un livre à lire, j'ai attrapé dans la bibliothèque de Sylvain le premier tome de La Guerre de la Faille (Raymond E. Feist). On me l'avait conseillé il y a plusieurs années, mais j'étais sortie de ma période fantasy. J'y ai replongé la tête la première. Me voilà avec un article pour parler de quatre tomes (trois à l'origine, mais le premier a été séparé en deux car il était trop long) ; je ferais bien de commencer tout de suite.

La Guerre de la Faille prend place dans les Chroniques de Krondor, qui compte plusieurs sagas - je les lirai probablement à l'occasion, quand j'aurai envie de retrouver cet environnement. L'histoire se déroule dans un univers médiéval-fantastique assez classique, si ce n'est qu'il existe plusieurs mondes et que deux d'entre eux (Midkemia et Kelewan) sont reliés par une faille.

Dans le premier tome, Pug l'apprenti, on rencontre de nombreux personnages possédant chacun leur histoire et leurs intrigues ; c'est un aspect très développé (dans toute la trilogie, mais en particulier au début) et que j'ai beaucoup apprécié. L'évolution des personnages au fil des tomes est énorme, vraiment énorme. Quand on se retourne pour regarder le chemin qu'ils ont parcouru, ça donne presque le vertige.


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La trilogie est très complète : histoires d'amour, intrigues politiques, guerres, exploration d'autres mondes (et descriptions assez psychédéliques, notamment dans le dernier tome Ténèbres sur Séthanon - c'était presque trop "délirant" à mon goût quand Pug voyage entre les univers)... Je me suis même surprise à apprécier les récits de bataille, qui ne me passionnent pas de manière générale.

Feist a un style très agréable, sans trop de fioritures mais juste assez pour retranscrire une ambiance vivante. Certains passages sont drôles, bien que cela ne paraisse que rarement leur intention première ; sans doute est-ce dû à des personnages caustiques (oui, Arutha, je pense à toi). Enfin, il y a un bel équilibre entre les moments joyeux et les scènes de tension ou de drame.

On peut reprocher à cette trilogie d'être un peu cliché (les héros moins que rien qui deviennent des puissants, les batailles gagnées au dernier moment, la magie qui marche "tant que tu crois en toi") mais malgré ce défaut - qui est assez gros mais probablement le seul - je mets bien un A à La Guerre de la Faille, mention "retrouvailles avec la fantasy".

Jeudi 31 mars 2011 à 21:28

Elle est un peu fêlée. Un peu branque. Un peu blessée. Tombée sur la tête, comme le dit le titre du livre, le premier roman de Leslie Bedos. Oui, Lena a un problème.

Une vieille histoire de famille, des fantômes, des non-dits. "Maladie, mal-à-dire", pour citer Amélie Nothomb (qui n'est pas sans familiarités avec le ton de ce livre). Des fêlures qui ressurgissent, quelque chose qui a été brisé. Qu'on ne réparera jamais.
 
Du coup Lena est mauvaise, tendance inutile, tendance dangereuse. Et quand elle plante la voiture dans un mur pour la deuxième fois, alors qu'elle sait très bien conduire, elle décide d'aller voir une psy. Raconter un peu son histoire - sans se livrer pour autant.

Le livre n'est pas à proprement parler bien écrit. Il coule, se lit vite (il faut dire qu'il ne fait qu'une centaine de pages), ressemble vraiment à ce pour quoi il se fait passer : un récit "amateur", une sorte de témoignage. 

Un récit malade, parfois presque incohérent. Un voyage dans les pensées de Lena, dans ses douleurs et dans ses failles. Forcément un peu étrange. Agréable, peut-être. Un peu inquiétant. Malheureusement trop superficiel pour être vraiment touchant.


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Jeudi 24 mars 2011 à 21:40

 Pierre Bottero est mort en novembre 2009. Pourtant, en décembre 2010, on m'a offert son nouveau livre : A comme Association, Les limites obscures de la magie.

Il s'agit en fait d'une saga qu'il avait imaginé avec Erik L'Homme (mais si, le Livre des Etoiles !) et dont il avait écrit deux tomes avant sa mort. Ils ont donc été publiés, en sa mémoire, pour ne pas gâcher cette histoire entre eux (il y a un édito assez émouvant à ce sujet).

Les premières pages m'ont rappelé, amèrement, que beaucoup de temps s'était écoulé depuis que j'étais tombée amoureuse de La quête d'Ewilan. Le style est très simple, vraiment trop enfantin pour moi. Bon, il est fluide, mais il manque gravement de subtilité.

Cela dit, l'histoire (Ombe, "presque incassable", travaille à l'Association, agence qui gère les "Anormaux" - à peu près toutes les créatures qui existent dans notre imagination) est assez agréable, et presque pas prévisible. On se laisse entraîner, une ou deux heures d'évasion.

J'ai bien envie de lire les trois autres tomes (un autre de Pierre Bottero, deux d'Erik L'Homme - qui avait un style un peu plus adulte si je me souviens bien du Livre des Etoiles). Par... attachement, en fait. Un genre de nostalgie.


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Ah, les dédicaces... Il fut une époque où un poster d'Ewilan dédicacé par Pierre Bottero était l'une des choses qui m'étaient les plus chères...

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