Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Vendredi 9 décembre 2011 à 20:15

 Je vais faire comme Margaux Motin (mon idole de gros mots) ces derniers temps : comme je suis très affairée à la révision de mes partiels (et à être malade, aussi) je vais vous poster un article que j'ai écrit pour les cours. On devait faire un article sur une personne qu'on déteste, j'ai pris Alix Girod de l'Ain (bonjour, je débarque et je me fais des ennemis parmi les journalistes).

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Cette magnifique photo de quiche est dédié au magazine Causette
et à sa catégorie "on nous prend pour des quiches".


Alix Girod de l'Ain a 46 ans mais prétend en avoir 28 – malgré ses trois enfants dont deux adolescents. Un petit mensonge peu crédible, probablement humoristique. Révélateur du personnage, décrite partout comme "parisienne", "pétillante", "bien dans son époque". Trop bien, peut-être, puisqu'elle incarne le rétrograde glamour qui caractérise les magazines féminins.

Alix Girod de l'Ain est une journaliste qui officie au magazine ELLE depuis plusieurs années ; elle est l'une de ses plumes les plus connues et l'une de ses éditorialistes. Elle a également publié plusieurs livres dont Sainte Futile (où une journaliste de la presse féminine rencontre Dieu qui lui ordonne de donner un sens à sa vie) ou L'art de se faire épouser des paresseuses. Dans ses écrits, elle revendique de pouvoir être frivole sans passer pour une idiote – un but louable au demeurant.

Le problème de cette auteure, c'est qu'elle a trop bien intériorisé les valeurs de la société. C'est un pur produit de la double contrainte qui touche les femmes : émancipée mais passive (en témoigne sa prétention récurrente à être considérée comme une princesse, ou le simple fait d'écrire un livre sur "l'art de se faire épouser", comme si une femme ne pouvait pas "épouser" à la voix active) ; épanouie mais jamais satisfaite (de son corps, de son âge). Après tout, être paradoxale est parait-il l'une des caractéristiques de la femme ; peu importe les dégâts psychologiques que la double contrainte peut infliger à ses lectrices.

Alix Girod de l'Ain écrit parfois des articles féministes gentils et pas trop sérieux (on lui concèdera que le sérieux n'a jamais été son objectif), elle s'insurge contre l'écart de salaire entre les sexes, mais elle continue à propager des clichés sur la féminité. C'est sans doute une partie de son travail : son éditorial à ELLE arrivant après trois pages de publicité, il serait malvenu de proposer aux lectrices une vision d'elles-mêmes fortes, débarrassées des diktats de la "perfection" physique. Si elles se sentaient vraiment indépendantes (y compris du regard des hommes), les femmes consommeraient beaucoup moins de produits anti-rides. Les annonceurs ne prendraient pas ce risque.

On est en droit d'attendre d'une journaliste et écrivain autre chose que d'amusants clichés. Sous couvert d'humour (le sacro-saint humour, qui interdit toute contradiction), Alix Girod de l'Ain est victime et bourreau de cette violence symbolique qui touche les deux sexes, les assignant à des rôles cloisonnés et à une éternelle incompréhension. Il est dommage que ce genre de lieux communs bêtifiants composent aujourd'hui encore une grande partie de la presse.

Lundi 23 mai 2011 à 0:41

 Je dessine. J'essaie de dessiner. Je voudrais être capable de coucher mes émotions sur le papier au crayon 8B (le plus tendre). Je dessine pour mon jeu de rôle, Cabaret. Je n'ai pas le niveau pour faire de vraies illustrations mais je m'entraîne. Je suis l'auteur, je devrais être bien placée pour faire passer une ambiance.

Je voudrais dessiner par impressions. Ma tête est pleine de danseuses en détresse, elles crèvent d'envie de s'enfuir, elles sont abasourdies par le poids qu'on met sur leurs épaules. Une phrase de Mano Solo qui tourne : "au prochain coup j'suis pas sûr de t'nir debout, j'suis pas sûr d'être encore assez vivant". Et des tailles si fines, enserrées, étouffées par des corsets.

J'adore les corsets. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Quand on est féministe, et pas féminine pour deux sous dans sa tête, à quoi ça rime de mettre des talons et des corsets ? C'est pas comme si j'étais à une contradiction près, de toutes façons. Pour moi, les corsets c'est comme des tatouages ou des piercings. De la modification corporelle. Faire ressembler son corps à son esprit (est-ce que mon esprit est étriqué, du coup ?).

Et je dessine ces corps torturés. J'ai commencé à m'intéresser de près au cabaret à cause du néo-burlesque, et aussi pour essayer d'accepter mon propre corps (plus Betty Boop que Betty Davis). Ce qui est drôle, puisqu'aujourd'hui en écrivant Cabaret nous avons imaginé des corps plus que jamais soumis aux diktats de la perfection, des Barbies refaites de partout. 


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Nous parlons donc du corps, de son enfermement. Pas uniquement du corps des femmes, puisque les hommes sont également soumis à ces diktats dans l'univers que nous créons (qui n'est, j'aime à le penser, qu'une projection de celui dans lequel nous vivons). Et peut-être, en fait, pas uniquement du corps. Dans Cabaret, les artistes sont finalement aussi formatés à l'intérieur qu'à l'extérieur, puisqu'ils ne connaissent aucune autre vie que la leur.

J'aime conceptualiser, comme ça, sans m'en rendre compte, au détour d'un dessin. D'une photo d'illustration que j'imaginais, avec un corset si serré qu'il traduirait l'enfermement. Nous gravitons autour de thèmes et les médailles ont toujours deux faces... 

Cabaret sera présenté à Onyria les 11 et 12 juin (partie de démo le samedi soir, stand d'expo le reste du temps). En parlant de réflexion, il faudrait que l'on rédige la lettre d'intention. En attendant, pour en savoir plus sur le jeu vous pouvez lire notre interview sur le blog de Jorune. (Ceci était un paragraphe promotionnel mais le jeu est très bien, je vous jure !).

Jeudi 10 décembre 2009 à 0:56

Bientôt Noël. Qui sera sûrement aussi gai que le précédent - encore que nous avions improvisé au dernier moment un réveillon avec Mahé qui fêtait son anniversaire - au vu de l'union familiale... Mais j'aime bien Noël. Horriblement commercial, certes. Certes, on nous assomme "d'idées cadeaux", autant de pubs mal déguisées.

J'aime bien Noël, il y a des illuminations dans les rues. Je n'ai pas de cheminée, il ne neigera plus chez moi avant vingt ans, et sûrement pas au mois de décembre, mais c'est beau. Il y a des animaux empaillés dans les vitrines du Printemps.
 
http://lady.dylan.cowblog.fr/images/VitrinesduPrintemps.jpg

Ce qui m'attriste un peu, depuis quelques années, c'est de ne plus savoir ce que je veux à Noël. Je n'ai plus d'envies, j'ai perdu cette hyperactivité du désir de l'enfance. A part pour mon anniversaire, là j'aurai des Doc's dorées.

Parce que, mine de rien, j'ai dix-huit ans dans quatre jours. C'est assez difficile à croire. Il y a bien eu le bac, en tant que "certificat de passage à l'âge adulte" (si peu...) mais je n'y croyais pas vraiment. Et puis tous mes amis ont pris une année dans la tronche, et là c'est mon tour.

J'étouffe un rire. Adulte. Mais bien sûr...

Vendredi 4 décembre 2009 à 18:31

Aujourd'hui, je communique avec mon fils par SMS. Après plusieurs textos envoyés, le dernier a été : "Veuillez cesser d'envoyer des SMS à votre fils, il vient de se faire confisquer son téléphone portable. Signé : le professeur." VDM

VieDeMerde, c'est bien pour s'apercevoir qu'on est pas si malchanceux que ça mais c'est surtout bien drôle... et parfois, les commentaires sont pires que la VDM en elle-même. Parce que les lecteurs ont une fâcheuse manie : celle de juger l'auteur (de préférence sans connaître la situation, sinon ce n'est pas drôle) et de partir en débats infinis.

Pour le coup, le débat est parti de "quelle honte, une mère qui envoie des SMS à son fils au collège" et en est arrivé, après force détours, à discuter de l'intérêt de l'école. L'un dit que si les élèves s'ennuient au point d'envoyer des SMS, le prof doit se poser des questions sur son cours - soit. L'autre lui répond que le prof n'a pas à "draguer ses élèves" et que c'est fou, cette société moderne où on voudrait tout le temps être intéressé. Laïus sur les réunions chiantes à mourir quand ils travailleront, petite morale : c'est ça la vie.

Là je dirais bien "tirons-nous une balle dans la tête", mais je ne tiens pas à ce qu'on me considère définitivement comme une ado rebelle et suicidaire. Tâchons de garder un brin d'objectivité.


http://lady.dylan.cowblog.fr/images/Utopiste.jpg

J'ouvre donc le débat ici, sur quelques questions assez vastes : l'ennui peut-il être une vertu ? Y a-t-il quelque chose d'honorable à endurer la triste banalité de ce monde et à s'y résigner ? Est-ce que les profs ne sont pas assez pédagogues, ou est-ce que les élèves sont les fruits déplorables d'une société de l'amusement incapable de se concentrer ?

Je crains que les mots utilisés ne trahissent mon propre avis - hormis pour le dernier point sur lequel je suis plus partagée. J'ai du mal à concevoir cette vision ancienne (qui a longtemps été la vision, lorsque les gens passaient leur vie à travailler sans congés payés ni 35h c'était sans doute le seul moyen de ne pas trop souffrir psychologiquement) que l'homme doit se contenter de bien faire son travail et ne pas songer au bonheur (oui, je caricature).

Mais je ne vois pas l'intérêt de bien faire son travail et que le monde tourne rond si cela ne rend personne heureux - sans doute parce que je suis un Bisounours outrageusement privé de cynisme. Bien entendu, il y aura toujours des cours, puis des domaines professionnels qui nous plairont moins que d'autres. Mais partir avec l'état d'esprit "cela doit être ennuyeux, c'est ainsi (c'est étymologique), on n'est pas là pour rigoler" me dépasse.

Parce que merde, on est là pour quoi si ce n'est pas pour rigoler ?

Vendredi 16 octobre 2009 à 13:28

Un petit article rapide en attendant que mon sol sèche - parce que oui, Elise fait le ménage !

J'ai remarqué un petit paradoxe dans la "culture jeune", non au sens de la "fausse culture jeune", démagogique, à base de rap et de langage sms, mais dans ce que l'on peut lire sur les blogs des (plus ou moins grands) adolescents, par exemple.

Il existe une fascination pour deux "contes" (ou deux dessins animés de Walt Disney, voyez ça comme vous voulez) : Peter Pan, qui illustre la volonté de ne jamais grandir, et Alice au Pays des Merveilles, qui est également souvent interprétée dans ce sens.

Or, Alice, c'est d'abord l'histoire d'une petite fille qui grandit ! (S'il vous en faut une preuve : elle change littéralement de taille.) Alors, confusion ou plutôt tiraillement (logique à l'adolescence) entre la volonté de rester dans l'enfance et celle de devenir adulte ?


http://lady.dylan.cowblog.fr/images/Vrac/Alice.jpg

(En passant, je signale qu'il y a beaucoup de liens "cachés" dans mes articles... Lorsque je prends une image sur Flickr ou sur un DeviantArt - il arrive malheureusement souvent que mes images viennent de Weheartit et que je ne connaisse pas leur créateur - il suffit de cliquer dessus, et certains mots en gras sont également des liens, notamment quand je cite des blogs ou des sites.)

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