Lady.Dylan

Journal d'une dilettante.

Mardi 24 janvier 2012 à 22:33

 Dans la catégorie petit livre léger qui a (peut-être) un sens profond, j'ai lu récemment Le CV de Dieu de Jean-Louis Fournier. C'est l'histoire de Dieu qui s'ennuie et qui du coup va sur Terre chercher un emploi. Il passe donc un entretien de recrutement.

Dieu explique ses créations, ses choix, chapitre après chapitre. Il est très humain, y compris la petite dose de mauvaise foi. Il s'exprime parfois par des phrases un peu sybillines, mais s'esclaffe lorsqu'on lui demande de traduire en latin "Je suis infiniment bon".

C'est un livre assez drôle et assez poétique, Dieu semble dépassé par les évènements, peut-être un peu mélancolique. Il regrette ce que les hommes ont fait de la planète qu'il a créée (mais peut-on y voir pour autant une critique du monde moderne ? c'est un peu poussé je pense).

Quelques réflexions sur les cons (les non-comprenants), la vie, la mort. C'est bien pensé, mais pas transcendant. Dans l'ensemble, le livre est sympathique sans être passionnant. Il se lit vite et se digère facilement – peut-être un peu trop. Note : B.


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Vendredi 20 janvier 2012 à 16:26

 Connaissez-vous Les Chiens de garde, cet essai de Paul Nizan sur les intellectuels en tant que garants de l'ordre public ? Et Les Nouveaux chiens de garde,  sa version moderne par Serge Halimi, pointant la collusion entre les médias et le pouvoir (économique, politique) ? Ce dernier a été très bien adapté en film par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat.

Ce film est un documentaire, mais rassurons d'abord ceux qui craignent un côté rébarbatif (dans ma classe d'étudiants en journalisme, la plupart des élèves considèrent que c'est un "truc d'intello") : il est très ludique, très bien illustré et même assez marrant (la voix off est délicieuse d'ironie). On voit qu'ils ont essayé de faire quelque chose d'accessible, même si malheureusement ce film n'est distribué que dans des petits cinémas.

Puisque vous êtes rassurés, venons-en au fond : on peut observer que les grands journalistes, les hommes politiques et les grands patrons viennent tous du même milieu social et fréquentent les mêmes lieux. L'accusation a des relents de "lutte des classes", certes. Mais on voit des conflits d'intérêts plus troublants : des journalistes en vue qui sont payés par des entreprises pour animer leurs colloques, des experts économistes qui défendent le libéralisme en étant payés par des banques...

Parlons-en des "experts", et surtout des économistes. C'est le passage du film qui m'a le plus marqué, les problèmes sautent aux yeux : aucun des économistes les plus médiatisés (et les télés, radios, journaux invitent toujours les mêmes) n'avait prévu la crise. Imprévisible ? Non, d'autres l'avaient prévus. Pourquoi n'a-t-on pas congédié ceux qui s'étaient trompés ? "Trop d'erreurs et trop d'indulgence", affirme le film.

Difficile malheureusement de tout retenir en une fois, je pense que je vais lire le livre de Serge Halimi pour compléter car ce sont les reproches faits aux journalistes que j'ai le moins bien compris (et aussi ceux qui sont le plus importants pour mon métier). Gardons cependant à l'esprit que c'est le système qui est accusé, un système qui corrompt ses membres et rejette ceux qui ne se laissent pas corrompre. Changer quelques têtes ne suffira pas.

(Enfin bref, allez le voir, il est vraiment très intéressant. Pas de note, inclassable.)

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Dimanche 15 janvier 2012 à 22:34

Après avoir failli le rater (j'avais le mauvais horaire, heureusement que l'hôtesse d'accueil a reporté les billets), j'ai réussi à voir le Cabaret New Burlesque qui passait à Marseille, au Théâtre du Gymnase ! Le nom ne vous dit peut-être rien, mais vous en avez sans doute entendu parler... c'est la troupe que suit Mathieu Amalric dans son film Tournée ! Pardonnez mon enthousiasme... je suis heureuse et étonnée d'avoir pu assister à ce spectacle, je ne pensais pas qu'il passerait à Marseille (ni à des tarifs aussi abordables).

Cette troupe (et du coup le film) ont beaucoup fait parler d'eux parce que la plupart des performeuses sont grosses. En réalité ce qu'il faudrait surtout retenir c'est l'humour de leurs shows, leurs costumes extraordinaire, leur punch, leur aisance à se balader à poil et à caricaturer la féminité. Mine de rien il faut être sacrément sûr de soi pour faire du strip-tease, surtout burlesque, et c'est un beau modèle d'acceptation de soi et d'éclate. 

Elles (et il – il y a un seul homme) viennent des Etats-Unis. La maîtresse de cérémonie, Kitten on the Keys, baragouine un peu de français mais pas trop (je crois que je comprenais mieux quand elle parlait en anglais). Elle a placé quelques blagues sur Marseille (les cache-tétons pastis sont un exemple du goût douteux de l'humour burlesque) et sur la France qui a perdu son triple A ("donc vous êtes maintenant AA... c'est la taille de mes seins !").

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Kitten on the Keys

Kitten on the Keys chante (toujours des chansons assez salaces) et mine de rien, quand elle s'y met elle a une sacrée belle voix. Elle joue du piano, elle se déshabille un peu et elle demande au public de "faire beaucoup de brouit". La salle a vraiment joué le jeu sur ce coup-là, j'avais peur que l'ambiance sérieuse du théâtre incite au calme et au silence mais tout le monde a crié, sifflé, applaudi en rythme... Mine de rien, les réactions du public sont très importantes dans un spectacle burlesque.

Les numéros sont assez variés, bien que ce soit toujours du strip-tease (on dit "effeuillage"). L'une m'a particulièrement marquée : Julie Atlas Muz.. Elle a un numéro très drôle où une main (un accessoire d'Halloween qui ressemble à La Chose de la famille Addams) la déshabille, et un autre très poétique où elle rentre en entier dans un grand ballon de baudruche. Les autres ont des numéros sexys et punchys, avec pas mal de mise en scène mais un peu plus traditionnels.

Au final : voilà, c'est malin, j'ai à nouveau envie de faire de l'effeuillage burlesque. Sauf que ça ne se trouve pas trop à Marseille, que quand il y a des stages c'est cher et que... je ne me sens pas trop de faire l'hélicoptère avec mes seins. Hum, je pense que cette phrase était parfaite pour conclure un article aussi sobre et délicat, vous ne croyez pas ?

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Mimi Le Meaux
(un nom assez rigolo avec un accent américain)

(La phrase du titre est de Mae West, parait-il que ça représente bien l'esprit burlesque... effectivement, c'est exactement ce type d'humour.)

(Absolument rien à voir mais S., si tu passe par là : j'ai eu ta lettre et je cherche le temps pour y répondre.)

Lundi 2 janvier 2012 à 10:45

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Cédons à la tentation de prendre des résolutions, mais essayons de le faire intelligemment. Non aux exigences impossibles et à l'auto-flagellation... Cette année, ma liste sera saine et réalisable :

- Ne pas trop me mettre la pression. Super important, quand on a tendance à angoisser pour rien et à vouloir que tout soit parfait. Accepter l'erreur et l'imperfection.

- Travailler en cours. Continuer à le faire, vu que j'ai découvert le travail depuis le début de l'année. Essayer d'avoir de très bons résultats vu que je ne suis déjà pas dans une école très réputée. Cette résolution doit rester en harmonie avec la précédente.

- Ne pas faire de régime. Plein de filles pas grosses du tout prennent la résolution de maigrir. Je me suis trop abîmée avec ça. En 2012, je continue la Rééducation Alimentaire (méthode Zermati, je vous en parlerai un jour) et j'accepte d'avoir "trois kilos en trop" (que personne ne voit).

- Lire plus de journaux. Après tout, je suis en école de journalisme. Acheter régulièrement la presse que j'aime bien et dans laquelle je voudrais travailler (Causette, le Monde Diplomatique...). En plus évidemment de "l'information" dont je n'ai un peu rien à foutre mais que je dois connaître pour mes études (genre je dois lire La Provence).

- Etre plus ouverte (et vivable). Ne pas me braquer dès qu'on critique mes opinions politiques (et que je ne sais pas les défendre). Bouder moins, discuter plus. Remettre en question mes idées et comportements plutôt que "me remettre en question", expression culpabilisante et vide de sens.

- Développer mon style vestimentaire. Porter ce qui me plait, y compris si les gens considèrent que c'est trop farfelu ou trop habillé. J'aimerais bien porter des robes de soirée tous les jours, en fait, mais c'est compliqué en pratique.

Ce sera tout,et c'est déjà pas mal ! Tant pis si je me ronge toujours les ongles et que je rate mon permis (je vais essayer de l'avoir, hein !), on a dit de ne pas trop se mettre la pression.

Vendredi 30 décembre 2011 à 19:37

 Bon, un article en bref pour remplacer celui que je viens de perdre (ça marche, chez vous, le truc de brouillons de Cowblog ? parce que chez moi jamais) à propos de Signé Furax.

C'est un film français absurde de Marc Simenon, sorti en 1981, adapté de la deuxième saison de la série radiophonique éponyme. Le feuilleton était signé Pierre Dac et Francis Blanche, autant dire des sommités de l'humour de l'époque (c'est le moment de faire nos petits vieux – ou nos Francis Cabrel – et de dire "c'était mieux avant").

Le pitch (sobre et réaliste) : des monuments disparaissent et sont remplacés par des copies en plâtre sucré / guimauve / ballon de baudruche. Ces méfaits sont signés Furax, un célèbre criminel que tout le monde croyait mort. Serait-il revenu ?

Ingrédients : des personnages plus incapables les uns que les autres, des membres d'une secte qui se déguisent en Père Noël pour  chanter une espèce de reggae (qui vous restera dans la tête, je vous le dis), des guest stars éclair (Coluche et Pierre Desproges).

J'ai trouvé le film assez lent, ou peut-être m'a-t'il lassé par son manque de surprise. Je ne demandais pas de grand suspens mais certains gags m'ont paru vus et revus – peut-être l'effet de l'âge de l'oeuvre et son influence sur la postérité.

Néanmoins Signé Furax reste incontournable car c'est un puits à références et à "répliques cultes", un peu comme La Cité de la Peur (je n'ai pas fait d'article dessus ? vous pouvez me lapider). Note : B.


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Fouvreaux, le seul personnage sensé, et sa secrétaire amoureuse de lui

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